Chaize, Pierre, François, Xavier
Biographie
Né le 29 avril 1785 (dans son acte de baptême, mais souvent par erreur le 30 avril 1785) à La Rochelle (Charente-Maritime), fils de Chaize, Joseph (qui devait décéder le 14 novembre 1812 à La Rochelle), marchand distillateur, et de Aubé, Catherine son épouse. Entré au service comme aspirant de 2e classe, le 4 vendémiaire an IX, embarqué à bord de la frégate l’Uranie, faisant partie de l’expédition de Saint-Domingue le 15 frimaire an IX, engagé volontaire au 62e régiment d’infanterie de ligne en l’an XIII, fourrier le 12 juillet 1806, paassé dans son grade avec une compagnie de grenadiers du corps, dans la garde du roi de Naples le 1er août 1806, sergent le 5 mars 1807, sergent-major le 28 novembre 1807, sous-lieutenant aux voltigeurs de la garde royale d’Espagne le 1er novembre 1808, lieutenant le 13 mars 1809, capitaine le 1er juillet 1812, passé dans son grade au 14e régiment de voltigeurs de la garde impériale le 1er février 1814, fait chevalier de la Légion d’honneur le 17 mars 1814, incorporé au 65e de ligne puis mis en non-activité ; rentré en activité au 105e régiment d’infanterie de ligne le 5 juin 1815, mis en non-activité au licenciement de l’armée le 25 septembre 1815 ; il fit les campagnes de l’an IX à l’an XII à Saint-Domingue, fait prisonnier le 6 germinal an XII, il fut envoyé en Angleterre puis échangé le 22 vendémiaire an XIII ; il participa à la campagne d’Italie de 1806 à 1808, au siège de Gaète, puis de 1808 à 1813 à celle d’Espagne, enfin à celle de France en 1814. Il fut trois fois blessé : d’un coup de feu au ventre en l’an XIV, au passage de l’Adige, d’un coup de feu à la jambe droite en 1813, sur le pont d’Irun pendant le passage de la Bidassoa, d’un coup de feu au côté droit de la figure à Craone en 1814. A la chute de l’Empire, capitaine au 14e régiment de voltigeurs de l’ex-garde impériale, il fut placé en demi-solde et jouissait d’une pension de neuf cents francs par an. Il participa aux combats de Juillet et mourut des suites des fatigues occasionnées par cette participation. Le 2 août vers 19 heures, alité, il avait écrit à son ami et compatriote le général Minot, député de la Charente-Maritime, la lettre suivante : « Mon cher général, Si vos glorieuses occupations vous permettaient de donner quelques minutes à un pauvre diable atteint d’une fluxion de poitrine par suite des fatigues qu’il a éprouvées dans les mémorables journées où nous avons reconquis nos libertés, il vous en aurait une reconnaissance sans borne. » Quand le général Minot arriva, le 3 août à 8 heures du matin, Chaize était mort depuis 3 heures du matin. Le général Minot parlait de lui comme d’un « excellent ami » et un ordre écrit du colonel Dumoulin, en date du 30 juillet 1830, est ainsi libellé : « Le capitaine Chaize se rendra dans une légion de la garde nationale de son choix pour y être employé dans son grade dans l’état-major jusqu’à nouvel ordre. » Le certificat suivant est présent dans son dossier : « Nous, soussignés, certifions que M. Chaize, François, Xavier (sic), capitaine au 14e régiment de l’ex-garde impériale, membre de la Légion d’honneur, n’a pas cessé pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet de déployer le plus grand zèle et le plus grand dévouement pour la cause de la liberté, qu’il s’est transporté successivement sur plusieurs des points les plus menacés, qu’il y a partout excité par son exemple et par ses discours les citoyens à courir aux armes, à organiser des moyens de défense et que la mort qui l’a si subitement frappé le 2 de ce mois ne peut avoir été occasionnée que par les nombreuses fatigues qu’il a essuyées pendant ces glorieuses journées. En foi de quoi, nous avons délivré le présent, afin qu’en signalant au gouvernement la conduite aussi courageuse qu’honorable du brave capitaine Chaize, il puisse acquitter dans la personne de sa veuve et de ses enfants qu’il laisse absolument sans appui et sans fortune la dette de la patrie. » Signé, le 20 août 1830 : Bonnet, confiseur, demeurant place de la Bourse ; Delavergne, officier de la Légion d’honneur, demeurant 3, rue Ménars ; Lalouette, membre de la Légion d’honneur, demeurant 14, rue Martel ; Sibille, médecin du bureau de charité du (ancien) Ier arrondissement, demeurant dans la quartier de la place Vendôme ; Merve ; Koppen, Ch., demeurant 9, rue Neuve-Saint-Augustin ; Fleuriau de Bellevue ; Singla, négociant ; Supiot, de la Caisse d’épargne de la Banque de France, demeurant dans le quartier Montmartre ; Joly (voir ce nom), élève de l’Ecole polytechnique ; Gelabert, Dominique, négociant ; comte Duchâtel ; Méneau, demeurant 13, rue Cadet ; Dertin, demeurant dans le quartier Feydeaux. Suivait l’apostille suivante : « Les députés de la Charente inférieure soussignés déclarent que la France a perdu un de ses meilleurs défenseurs dans la personne du brave capitaine Chaize, qui fut victime de son dévouement dans les journées des 27, 28 et 29. Le 2 août à 7 heures du soir, il écrivit à l’un de nous, le général Minot, pour lui faire part que, par suite des fatigues de ces mémorables journées, il se trouvait atteint d’une très violente fluxion de poitrine. Il engageait le général, comme son ami et son compatriote, à venir le voir. Le général ne reçut sa lettre que le 3 août à 8 heures du matin. Il se rendit immédiatement à l’hôtel où il logeait ; le malheureux Chaize avait cessé d’exister à 3 heures. Il laisse sans aucune fortune une veuve et deux enfants en bas âge. Les députés prient instamment MM. les membres de la Commission de rendre toute la justice à cette intéressante famille en lui accordant un secours provisoire dont elle éprouve le plus pressant besoin et en sollicitant en sa faveur des bontés de Sa Majesté une pension alimentaire. » Signé, le 2 septembre 1830 : Minot, Jean-Louis, Toussaint ; Béraud, Jean-Baptiste ; Audry de Puyraveau, Pierre, François ; Gallot, André ; Eschassériaux, René. Le 15 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIe arrondissement, comparurent : Chapparre, Louis, Pierre, commis marchand, demeurant 2, rue des Postes, représentant Mme veuve Chaize, demeurant à Saintes ; Lurat, Joseph, élève en pharmacie, demeurant 2, rue des Postes ; Sibille, Jean, Daniel, médecin, demeurant 1, rue Bondreau ; Koppen, Charles, Louis, horloger-mécanicien, demeurant 9, rue Neuve-Saint-Augustin. Ils déclarèrent avoir parfaitement connu Chaize et savoir « qu’il a été combattre pendant les 27, 28 et 29 juillet 1830 dans différents quartiers de Paris et qu’il est décédé par suite de fatigues qu’il a éprouvées pendant ces trois journées ». La chronique de l’époque donna une version fantaisiste des conditions dans lesquelles il avait été tué et ainsi rédigée : « M. Chaise, capitaine retraité, membre de la Légion d’honneur, est tombé au cri de vive la Charte ! “J’ai le cœur déchiré, disait-il, en pensant que c’est un Français qui m’a donné le coup mortel.” » Le dossier de ses droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il laissait deux enfants, Mathieu, Xavier, Victor, né à Saint-Jean-d’Angely (Charente-Maritime), le 13 juin 1825, et Marie, Victorine, Elise, née le 6 avril 1829 dans la même ville. Il laissait une veuve Arsonneau, Geneviève, Victorine, née le 13 nivôse an IX (3 janvier 1801) à Courant (Charente-Maritime) (elle-même fille de Arsonneau, Mathieu, propriétaire, et de Caffin, Marie, son épouse, et qui devait décéder le 9 décembre 1813), qu’il avait épousée le 17 juin 1824 à Saint-Jean-d’Angely. La commission des récompenses nationales rejeta la demande présentée par la veuve, estimant que Chaize était mort par suite de fatigues. Chaize demeurait à La Rochelle en 1830 et au moins depuis 1824 ; il était alité au 9, rue Neuve-Saint-Augustin quand il mourut ; sa veuve demeurait à Saint-Jean-d’Angely (Charente-Maritime) en 1831. Histoire de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, Fayot, tome premier, Paris, Hocquart jeune éditeur, 1830, p. 142-143 ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 24 novembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées (sous le nom de Chaise, Pierre, François, Xavier) ; Archives nationales F/1dIII/49 ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/469/43