Chalin, Marin, Auguste, Yves

Biographie


Né le 14 juillet 1802 (parfois vers 1797, ou vers 1800, ou vers 1812 les trois dates selon trois sources de police différents ; lui-même parle de 1801), à Louvain (Belgique), fils d’un officier invalide. Il fut blessé par un coup de feu reçu à la jambe droite, le 29 juillet à la prise de la caserne de Babylone. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Xe arrondissement. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1837, suite à une demande de secours que Chalin avait présentée, le préfet de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Marié et il a quatre enfants à sa charge. Sa position est des plus malheureuses. Il ne gagne que cinquante sous par jour comme ouvrier cloutier. Il doit trois termes sur un loyer annuel de cent dix francs. Sa conduite est régulière. » Il reçut un secours de soixante francs en 1837. En 1838, père d’une famille de cinq enfants en bas âge, dont le plus jeune avait six semaines, simple ouvrier journalier, ayant été cinq mois sans travailler, ayant été forcé de tout engager pour faire face à l’hiver rigoureux, il sollicita un secours. Le préfet de police donna sur son compte les mêmes renseignements qu’en 1837, ajoutant qu’on faisait « l’éloge de sa conduite et de sa moralité ». Il reçut un secours de quarante francs et les vingt francs de gratification distribués à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution en 1838. Il reçut un secours de vingt francs en 1839, un secours de vingt-cinq francs en 1840, un secours de vingt-cinq francs en 1841. En 1842, les mêmes sources administratives renseignaient : « […] Marié et père de quatre enfants ; sa femme est enceinte du cinquième. Le sieur Chalin, ouvrier serrurier, gagne environ quatre francs par jour, mais cela ne peut suffire pour une si nombreuse famille. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1842, un secours de quarante francs en 1844. En 1852, les renseignements suivants étaient rapportés sur son compte : « […] Il exerce la profession de cloutier. Il se trouve dans une situation voisine de la misère. Il est en outre estropié par suite de blessures. Sa femme est couturière et le modique produit de son travail peut à peine suffire aux plus pressants besoins de cette famille. Du reste, Chalin jouit d’une bonne réputation dans son voisinage et sa conduite morale et politique n’a jamais donné lieu à aucune remarque défavorable. » Il reçut un secours de quarante francs en 1852, un secours de quarante francs en 1854, un secours de quarante francs en 1855, à titre de blessé de Juillet. En 1856, la police rapportait sur son compte : « Chalin est cloutier ; il gagne trois francs cinquante par jour. […] Il a trois enfants dont deux sont à sa charge, deux filles, une en apprentissage, l’autre est âgée de neuf ans. Un fils de dix-sept ans, qui est tripier et ne demeure pas avec lui. Chalin se dit blessé de juillet 1830, d’un coup de feu à la jambe droite à la caserne de Babylone. Cette blessure l’a rendu boiteux. Il n’a pu fournir de pièce pour justifier son titre de blessé de Juillet. Il prétend qu’elles sont à son dossier au ministère de l’Intérieur. Chalain doit trois termes à son propriétaire. Son intérieur annonce qu’il n’est pas heureux. Il est bien considéré dans son quartier et jouit d’une bonne considération sous tous les rapports. Il dit qu’il touche tous les ans une somme de quarante à cinquante francs. » En 1857, sans travail, sans ressources et avancé en âge, il sollicita des secours et reçut quarante francs. En 1858, « dans un état de détresse absolue », il sollicita un secours et reçut quarante francs. En 1859, son épouse aveugle depuis deux ans, il sollicita des secours et reçut trente francs. En 1860, « dénué de toutes ressources », il sollicita un secours et reçut un trente francs. Il reçut un secours de trente francs en 1861. En 1862, il sollicita un secours (il signe sa demande Chalin, Auguste) et reçut trente francs en 1862. En 1863, le préfet de police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Marié et père de famille ; une paralysie de la jambe droite le condamne souvent à l’inaction ; sa femme, ouvrière blanchisseuse, ne gagne qu’un franc par jour et leurs enfants ne leur viennent que rarement en aide. La position de ce ménage est par suite très nécessiteuse. On rend un témoignage favorable de la conduite et de la moralité du sieur Chalin, qui ne paraît pas d’ailleurs s’occuper de politique. » Il reçut un secours de trente francs en 1863, un secours de trente francs en 1864. Il mourut le 17 février 1864 ; son acte de décès est bien au nom de Chalin, Marin, Auguste, Yves. Il laissait une veuve : Porcher, Marie, Madeleine, née le 14 décembre 1800 à Crécy (Oise). En 1864, infirme, ne pouvant plus se tenir debout, et n’y voyant pas assez pour travailler, elle sollicita des secours. En 1865, la police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] A eu vingt-deux enfants, dont trois seulement sont survivants. Son mari, longtemps malade de la poitrine, a épuisé les dernières ressources que lui procurait un petit commerce de cloutier ; aussi est-elle obligée de vivre chez une de ses filles, qui exerce la profession de blanchisseuse, rue de Vaugirard n° 129. Ses autres enfants ne peuvent l’aider que dans une faible mesure. La conduite et les mœurs de cette veuve n’ont donné lieu à aucune remarque défavorable. » Elle reçut un secours de trente francs en 1865. En 1866, les renseignements de police pris sur son compte précisaient que les enfants qui lui restaient étaient un garçon né vers 1830, et deux filles nées vers 1833 et 1844 et que la dernière était ouvrière blanchisseuse en chambre. Elle reçut un secours de trente francs en 1866. En 1867, infirme d’une jambe et des deux mains, la vue affectée, à la charge de sa fille, qui travaillait à la journée, elle sollicitait des secours et reçut trente francs en 1867. Elle reçut un secours de trente francs en 1868, un secours de trente francs en 1869, un secours de trente francs en 1870. Il demeurait 100, rue de Sèvres en 1831-1842 ; 129, rue de Vaugirard, un logement au prix annuel de cent cinquante ou deux cents francs, en 1849-1864 ; sa veuve, toujours 129, rue de Vaugirard en 1864-1868 ; 103, rue de Vaugirard en 1869. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du Xe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 83 (sous le nom de Chaslin, Augustin, Martin, Ibe) ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Xe arrondissement, blessés de la 1re classe ; Archives nationales F/15/4240 (sous les noms de Chaslin, Auguste, Martin, Yves et de Chalin, Auguste, Martin, Yves) ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852 .

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