Champalbert, Frédéric (François sur les listes du Moniteur et surtout in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives de Paris, VD6 672 n° 1 et aussi in Archives de Paris VD6 639 n° 5 et deux fois in Archives de Paris VK3 33), Désiré
Biographie
Né le 25 avril 1795 à Avesnes-lèz-Bapeaume (Pas-de-Calais). Caporal des sapeurs-pompiers, il avait treize années de service. Un rapport de la mairie et le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 8 février 1831, relataient ainsi sa participation aux combats : « Le 27, allant pour être de service au Théâtre-Français, a traversé une barricade à la rue Saint-Honoré. Le 28, il a quitté l’état-major des sapeurs-pompiers pour se joindre au peuple. Il a coopéré au désarmement du poste de la place du Châtelet. Près du théâtre des Nouveautés, il a arrêté un officier d’ordonnance et a fini cette journée en allant lire Le Temps près du Palais-Royal. Le 29, il engagea trente sapeurs-pompiers à se joindre à lui et fut combattre avec eux à Babylone. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 8 février 1831, à quatre voix pour la croix, deux voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Champalbert, François, Désiré), auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En septembre 1831, il sollicita des secours auprès de la mairie pour faire sa route et obtint cinq francs ; « Si vous n’étiez pas décoré, je vous donnerais comme aux autres que trente ou quarante centimes », lui dit le maire. Il sollicita alors un passeport gratuit « pour avoir la permission d’aller mourir de faim où je ne serai pas connu. […] Je n’ai plus rien, absolument rien ! Je croyais pouvoir me rengager, j’ai dix ans de service et je ne suis dehors que depuis le 1er mars de cette année. J’ai demandé aujourd’hui à me rengager dans le 67e de ligne qui est à Alger, où j’ai plusieurs de mes camarades, on m’a dit à la place Vendôme qu’il y en avait assez, c’est-à-dire qu’on engage plus. Me verrai-je donc forcé de prendre une patente de voleur ? et je suis “décoré de Juillet” !!! ». En juillet 1836, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de cinq francs, à titre de décoré non pensionné (sur les listes de la mairie il était inscrit comme lithographe). Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il était indiqué sur son dossier comme écrivain et fit parvenir à la Commission, le 24 mai 1848, la lettre suivante : « Dans les Cent-Jours, je m’enrôlai volontairement pour le 3e bataillon, 6e compagnie de la garde nationale mobile du Pas-de-Calais et j’y fus nommé sergent-major. Je fus licencié à la chute de l’Empire. En 1830, j’étais caporal dans les sapeurs-pompiers à Paris lorsque la révolution éclata. J’en sortis pour aller combattre, le 28 juillet, avec le peuple, en présence de tout l’état-major. Je fus décoré de la Croix de Juillet puis licencié le 25 mars 1831, par ordre ministériel, signé Soult. Dans la même année, j’entrai dans les douanes, direction de Lorient, et je fus révoqué, avec une retenue de soixante-dix francs, le lendemain même où j’étais promu au grade de brigadier. Il paraît que j’avais tenu, à l’occasion de la barricade Saint-Mery, des propos qu’on appelait révolutionnaires. Je revins à Paris et entrai aussitôt dans la Société d’action des Droits de l’Homme, sous les ordres de Voyer-d’Argenson et de Kersausie. J’étais à Bayonne, vivant de privations et de misère, quand vous avez proclamé la république. Cette nouvelle inespérée me remplit le cœur de joie et d’espérance. J’avais sacrifié mon avenir à la sainte cause qui triomphait enfin, je croyais voir mon sort s’adoucir ; il n’y a rien de changé pour moi. Je comprends et j’aime la république, comme l’aiment et la comprennent les honnêtes gens, qui ont du cœur et du jugement, comme vous l’aimez et la comprenez vous-même. D’après cet exposé, si j’ai droit à quelque récompense, je vous prie de m’accorder un secours, d’abord pour parer aux premiers besoins et ensuite un emploi d’expéditionnaire ou tout autre à la Ville ou ailleurs. Quoi qu’il arrive, la république aura toujours en moi un serviteur fervent et fidèle. » Sa lettre était ainsi apostillée par Bosc, « condamné politique de la Restauration et combattant de Février » : « Je certifie que j’ai vu et entendu Kersausie reconnaître Champalbert comme ayant fait partie de la Société des Droits de l’Homme et l’avoir distingué comme un chaud et franc républicain. » Il fut proposé par la Commission pour un emploi d’expéditionnaire ou de garçon de bureau dans une des administrations de la république. Il était marié en 1848. Il demeurait rue du Vieux-Colombier en 1831 ; 2, rue Furstemberg en 1836 ; 17, rue Montorgueil, chez le citoyen Bosc, en 1848. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1836, état de répartition de la somme de trois cent dix-huit francs entre MM. les décorés de Juillet domiciliés sur le (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 8 février 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 8 février 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 42 ; Archives de Paris VK3 46 in dossier Herfort, François, Joseph; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 377.