Chanu, Louis, Philibert
Biographie
Né le 18 octobre 1805 à Charolle (Saône-et-Loire). Mécanicien. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui laisse aussi quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Le 20 mars 1848, il adressa en effet, conjointement avec Devigne, demeurant 5, rue d’Arcole, la lettre suivante à la Commission : « Les citoyens Chanu, Louis, Philibert et Devigne, Pierre, Savinien sollicitent une récompense nationale. Ils fondent leur demande sur les faits suivants. Premièrement, Chanu, en 1830, tout jeune encore, a été un des plus hardis instigateurs des journées de Juillet. Dès le premier jour, place du Châtelet, il a renversé d’un coup de pierre un gendarme et a ainsi donné l’exemple d’une agression qui les eût bientôt fait mettre en déroute. Il a contribué à la délivrance des prisonniers de l’Abbaye et avec d’autres, commandés par un sergent qu’ils venaient de mettre en liberté, après avoir désarmé cinquante hommes du 15e de ligne sur la place Saint-André-des-Arts, il est allé établir une barricade rue du Mouton ; il l’a défendue jusqu’à la huitième attaque des Suisses, dans laquelle un de ses camarades fut blessé, alors il abandonna pour le porter à l’Hôtel-Dieu. Le lendemain, il était un des assaillants du Louvre. Après l’avoir pris, il est allé combattre aux Tuileries, qu’il ne quitta qu’après la victoire. Depuis 1833, il n’a cessé de faire partie des sociétés secrètes républicaines. En 1834, habitant Roanne, où il avait son établissement, il fut poursuivi comme républicain et contraint de tout abandonner. Alors, il est venu à Paris, où il a toujours fait partie des sociétés secrètes. En 1839, lors des affaires de mai, il était un des compagnons du citoyen Barbès, mais, plus heureux que lui, il réussit à s’échapper et en fut quitte pour quatre années d’exil. Depuis cette époque, quoique surveillé de près par la police, il n’a pas cessé, une minute, de travailler pour la liberté. Dans notre glorieuse révolution qui vient de s’accomplir, il a abandonné ses affaires qui l’avaient appelé à quelques lieues de Paris. Il a passé une partie de la nuit à parcourir divers quartiers, en faisant faire partout des barricades et excitant au renversement de la royauté. Dans la matinée du 24, sur le pont d’Arcole, il faisait un appel au peuple pour aller désarmer les municipaux qui sortaient de l’Hôtel de ville. Le citoyen Devigne, seul, l’a suivi et grâce à leur exemple tout le monde les imita bientôt. Alors ils purent aller combattre sur la place du Palais-Royal. Depuis, ils ont fait ce que tout bon citoyen doit faire, c’est-à-dire veiller au repos public. Deuxièmement. Devigne. Elevé dans des principes libéraux, a toujours cherché les moyens de servir la cause démocratique. Le 21 février, au commencement de la nuit, passant par hasard près de la préfecture de police, il vit afficher l’arrêté qui interdisait le banquet. Il s’empressa aussitôt de se rendre dans les bureaux de la Patrie, pour avertir les rédacteurs de ce nouveau coup d’Etat. Le 22, il encourageait ceux qui faisaient les premières barricades aux Champs-Elysées. Le 23, il se tint comme spectateur, parcourant divers quartiers, ainsi que cela avait été convenu, la veille à la réunion dans les bureaux de la Réforme où il assistait. Après le massacre du boulevard des Capucines, il a fait son devoir, comme le citoyen Chanu, avec lequel il était pour désarmer les gardes municipaux. Ces deux citoyens prient la Commission des récompenses nationales de prendre leur demande en considération. En attendant, ils ont l’honneur, etc. » Il joignait à sa lettre le certificat suivant : « Les citoyens soussignés ont l’honneur de certifier qu’il est à leur connaissance que le citoyen Chanu, Claude, Philibert, mécanicien, demeurant rue des Marmousets n° 3, a, dans la matinée du 24 février dernier, donné l’exemple du désarmement des gardes municipaux qui sortaient de l’Hôtel de ville. Par sa fermeté, il a entraîné avec lui le peuple, qui jusque-là était resté éloigné des abords de l’Hôtel de ville. » Signé, le 10 août 1848 : Devigne (voir plus haut) ; Danerton illisible, demeurant 9, rue d’Arcole ; illisible, sans adresse. Il fut proposé par la Commission pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. On trouve dans le Bulletin des lois, XIe série, 1858, tome 12e nos 618 à 657, p. 414 l’annonce suivante, sans doute le concernant : « Le brevet d’invention de quinze ans, dont la demande a été déposé le 7 janvier 1857, au secrétariat de la préfecture du département du Rhône, par le sieur Chanu, Louis, Philibert, rue Clermont n° 24, à Lyon, pour une machine dite compteur hydraulique. » Un autre brevet d’invention, le 8 septembre 1857, pour une charrue à vapeur dite à hélice, et enfin un autre pour l’accélération du mouvement des arbres de la transmission. Il était marié en 1848. Il demeurait 3, rue des Marmousets en 1848 ; 24, rue Clermont à Lyon en 1857-1859. Archives de la préfecture de police AA 377 ; Bulletin des lois n° 716, 1859, p. 243. Voir le Chanu dans Boisseau, Jacques, Clément ? il faudrait qu’il habite 33, rue Bleue en 1848, ce qui n’est pas le cas a priori…