Chapeau, Joseph
Biographie
Né Chappeau, Joseph, le 30 juillet 1776 à Lahaye-Descartes (Indre-et-Loire), fils de Chappeau, René, tourneur, et de Délgnac, Agnès son épouse. Peigneur de cachemire. Il fut blessé d’un coup de feu reçu dans l’épaule droite à l’arc du Carrousel. La chronique de l’époque rapportait les faits suivants sur sa participation aux combats : « Chapeau, ouvrier peigneur, ayant servi vingt-trois ans dans la vieille garde, combattait à l’arc de triomphe, quand il a été frappé d’une balle à l’épaule [droite, N.D.A.]. Malgré cette blessure grave, Chapeau a encore tiré dix coups de fusil, et n’a cessé le feu qu’après être tombé de faiblesse. Et ce sont là les vieux guerriers que Charles X laissait sans pain. » Il fut soigné à l’hôpital Saint-Louis. La mairie indiquait ainsi la nature de ses blessures : « Coup de feu reçu le 29 juillet ; une balle a traversé l’épaule et déchiré profondément les muscles. Ancienne blessure au pli du bras droit, produite par un coup de lance. Il résulte de ces deux blessures, sur le même membre, un état de gêne et de douleur dans les mouvements, qui ne permet plus au blessé de continuer sa profession ; il peut être considéré comme infirme. » Marié et père de cinq enfants, il reçut (sous le nom de Chapeau) un secours de cent francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Sa femme reçut un secours de cinquante francs, le 16 août 1830, un secours de cinquante francs, le 25 août, un secours de cinquante francs, le 18 septembre, un secours de cinquante francs, le 7 octobre, un secours de cinquante francs, le 3 novembre, un secours de cinquante francs, le 22 novembre 1830, un secours de cinquante francs, le 6 décembre 1830, un secours de cinquante francs, le 20 décembre 1830, un secours de cinquante francs, le 10 janvier 1831, un secours de cinquante francs, le 31 janvier 1831, un secours de quarante francs, le 14 février 1831, un secours de quarante francs, le 28 février 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 16 mai 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 2 juin 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 1er juillet 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 1er août 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 1er septembre 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 1er octobre 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le chirurgien en chef de l’hôpital de Saint-Louis, en date du 8 mai 1831, lui délivra le certificat suivant : « […] Certifie que le nommé Chapeau, Joseph, est resté audit établissement pendant deux mois et demi pour y être traité des suites d’une blessure par arme à feu, reçue pendant les journées de Juillet. J’atteste en outre que la balle qui a frappé la partie supérieure de l’épaule droite a labouré le muscle trapèze, que la cicatrice qui en est résulté est adhérente et gêne les mouvements du bras et qu’enfin cette blessure a occasionné un érysipèle presque général et qui a gravement compromis la vie du malade. » Le jury médical, chargé de juger la nature et les conséquences des blessures pour chacun des blessés, donna à son sujet les conclusions suivantes : « A été atteint d’une blessure par arme à feu à l’épaule droite en arrière et au-dessus de la clavicule, sur le bord supérieur du muscle trapèze, guérie mais avec adhérence de la cicatrice aux muscles, difficultés et douleurs dans les mouvements, qui doivent durer encore quelque temps. En conséquence, nous estimons qu’il a été atteint d’une blessure qui n’a entraîné qu’une incapacité temporaire et qu’il doit être rangé dans la troisième classe des blessés. » Admis dans la 3e classe des blessés, il reçut une pension de trois cents francs. Il lui fut accordé (sous le nom de Chapeau, Joseph) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rente perpétuelle de soixante-quinze francs. Il reçut, en tant que décoré et blessé, un secours de cinquante francs et un habillement soit bourgeois soit de garde national (pour une valeur de soixante francs), sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, une gratification, en tant que décoré non blessé, de vingt-cinq francs le 28 juillet 1833 (contre la remise de son brevet, mesure curieuse mais ordonnée par le préfet de police), à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. Il s’était marié avec Boule le 24 octobre 1825 à la mairie du (ancien) VIe arrondissement de Paris, était veuf en 1830, remarié et sa femme était mère de cinq enfants âgés de vingt-cinq à trente ans et d’un autre âgé de moins de quinze ans en 1830. Il reçut un secours de quarante francs en 1849, un secours de quarante francs en 1850, à titre de décoré de la Croix de Juillet, mais qu’il ne semble pas avoir touché, étant déjà décédé. Il demeurait 12, rue Boucherat (une fois 13, rue Boucherat dans le relevé des adresses in Archives de Paris AP VD6 356 n° 5, ne pas en tenir compte donc et surtout in Archives nationales F/1dIII/39 12, rue Boucherat ; 12, rue Boucherie in Archives nationales F/1dIII/35 B ; 41, rue Transnonain in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension mais sûrement par confusion avec le suivant sur la liste, Citerne ; 43, rue Boucherat et 12, rue Boucherat in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II ; bien 12, rue Boucherat quatre fois in Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, III, Enregistrement des bons délivrés etc., in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc. et VI Extrait du registre contenant les décisions du jury médical à la Commission des récompenses nationales) en 1830-1833 ; hôtel des Invalides, 4e division en 1849-1850. Il mourut en 1850 Le Constitutionnel, 3 août 1830 ; Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 122-123 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 272 ; Révolution française ou journées sanglantes des 27, 28 et 29 juillet 1830, César Gardeton, Paris, Chassaignon 1830, p. 25 ; Histoire de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, Fayot, tome premier, Paris, Hocquart jeune éditeur, 1830, p. 139 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 102 ; Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 14 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 15 (sous le nom de Chappeau) ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ve arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 102 (sous le nom de Chapeau, Joseph) ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 28 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 91 couverture du dossier Turge, Juste, Nicolas (sous le nom de Chappeau, Joseph), idem Répartition des fonds de la souscription nationale, Etat nominatif des blessés qui, étant décorés de la croix ou de la médaille, ont reçu, à l’occasion de l’anniversaire de Juillet un secours de cinquante francs et un habillement bourgeois ou un uniforme de garde national, et de ceux qui, n’étant point décorés, n’ont participé qu’au secours de cinquante francs (sous le nom de Chapeau) ; Archives de Paris AP VD6 356 n° 5 ; Archives de Paris AP VD6 356 n °5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD 6 356 n° 6, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont pris part aux gratifications accordées à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet en 1831, 1833, 1834, 1835, 1836, Etat nominatif des décorés de la Croix de Juillet qui touchent une pension, Etat (1833) des décorés de Juillet du VIe arrondissement qui ont reçu sur leur demande la somme de vingt-cinq francs, que M. le préfet de police, par sa lettre du 26 juillet 1833, a autorisé M. le maire à leur compter, Etat nominatif des décorés de Juillet du VIe arrondissement dont les brevets déposés par eux à la mairie en recevant le 28 juillet 1833 la somme de vingt-cinq francs ont été envoyés à la préfecture de police au désir de la lettre de M. le préfet en date du 27 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, II, Etat de blessés, registre des différents hôpitaux où ont été soignés les blessés, idem Liste d’incapacité de travail, idem même référence VI Extrait du registre contenant les décisions du jury médical à la Commission des récompenses nationales, idem même référence III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier (sous le nom de Chapeau, Joseph), idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (blessés pensionnaires), idem même référence VII Répartition des fonds de la souscription nationale, inscription des blessés ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août (sous le nom de Chappeau, Joseph) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/49 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIe arrondissement, blessés de 3e classe (sous le nom de Chapeau, Joseph) ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes (sous le nom de Chapaux, Joseph), idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116 (sous le nom de Chapaux, Joseph), idem 19 juin 1850, lettre en date du 22 octobre 1850, minute 119 (sous le nom de Chapeaux), idem rapport du 18 juin 1850 et suivants, minutes 120-126 (sous le nom de Chapeaux), idem Courrier en date du 2 janvier 1851, Emploi d’une somme de 260 francs provenant d’allocations non retirées par des décorés ou combattants de juillet 1830, minutes 150-152.