Chapelle, Louis, François
Biographie
Né en 1801 à Paris. Graveur en caractères. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. On trouve cette note le concernant dans les délibérations du comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas : « S’est battu, le 28, au pont d’Austerlitz, en compagnie de Dubert, ouvrier filateur, rue de la Fontaine n° 7 (les ouvriers de M. Dutau [voir Dutau, Paul, Victorin]). » Dans sa séance du 10 décembre 1830, le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se déclara à la majorité de cinq voix contre deux pour la médaille. Ayant reçu la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, il réclama la croix, en remplacement, dans une lettre adressée au roi le 10 août 1831 : « […] Il s’honore d’avoir coopéré à la prise de la poudrière le 28 juillet d’heureuse mémoire et combattu à la prise du pont d’Austerlitz le même jour où il ose dire avec l’orgueil d’un Français qu’il s’y est distingué d’une manière toute particulière et que pour toute récompense il est décoré de la médaille décernée aux braves ; que pendant le mois qui a suivi la glorieuse révolution de 1830 il a constamment été sous les armes de jour comme de nuit pour le maintien de l’ordre public. Chef de famille de quatre enfants en bas âge, il a oublié qu’il est père et époux et n’a écouté que la voix de son cœur pour remplir ses devoirs de Français et délivrer sa patrie du joug honteux sous lequel elle gémissait et il a rempli sa tâche avec honneur. N’ayant ni demandé ni reçu de la Commission ni même de sa mairie aucune indemnité pour le temps qu’il a consacré à la défense de la cause commune, […] » Il signa, le 22 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Groulon, Louis, Charles (voir ce nom) : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Groulon, Louis, Charles, voltigeur au 2e bataillon de la XIIe légion de la garde nationale, s’est conduit en loyal et brave citoyen dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet 1830. Qu’il a été un des premiers à prendre les armes pour la défense de la liberté et maintenir le bon ordre dans son quartier. Que le 28 il s’est transporté à la poudrière des Deux-Moulins pour distribuer des munitions aux gens armés. Qu’il s’est réuni le 29 à la place de l’Odéon et l’Estrapade pour s’emparer des postes et des casernes de la ville de Paris. De plus, qu’il fut au nombre de ces nombreux citoyens qui sont partis pour l’affaire de Rambouillet. » Puis pour le même, le 5 août 1831, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des réclamants : « Nous, René Déprez (voir Desprez, René, François), chevalier de la Légion d’honneur et décoré de Juillet, rue des Sept-Voies n° 33 ; Hérisson (voir Hérisson, Jean-Baptiste), décoré de Juillet, rue Saint-Jacques n° 211 ; Chapelle, décoré de Juillet, rue des Ursulines n° 6 ; Diosne (voir Diosne, Jean, Baptiste, Auguste), rue Saint-Jacques n° 201, certifions que le sieur Groulon, Louis, Charles s’est conduit en loyal et brave citoyen dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, qu’il a été un des premiers à prendre les armes pour la défense de la liberté et maintenir le bon ordre dans son quartier. Que le 27, il ne fit rien de remarquable ; que le 28 il s’est transporté à la poudrière des Deux-Moulins, pour distribuer des munitions aux gens armés, et qu’après cela il fut présent à l’attaque du pont d’Austerlitz et ensuite à la Grève, étant sur le port au blé ; que le 29 il s’est réuni avec ses concitoyens pour s’emparer des postes et des casernes de la ville de Paris, qu’il s’empressa avec ses camarades du quartier à rétablir l’ordre parmi les prisonniers du Val-de-Grâce, ensuite prit les armes pour secourir la maison des Enfants-Trouvés, rue d’Enfer, sans oublier ses soins après cela pour la tranquillité publique, passant plusieurs nuits de suite à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. De plus, qu’il fut du nombre de ces nombreux citoyens qui sont partis pour l’affaire de Rambouillet. » Il épousa 13 février 1851 la veuve de Cougoul, Jean, Louis, Luc, autre médaillé, mort en 1849. En 1851, les renseignements de police précisaient à son sujet : « Ouvrier graveur mais par suite de son âge, sa vue s’est affaiblie et il ne gagne plus que deux francs par jour environ lorsqu’il a de l’ouvrage. On recueille de bons renseignements sur ce ménage qui semble fort malheureux. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il était sergent des voltigeurs au 2e bataillon de la XIIe légion de la garde nationale en 1831. Il reçut un secours de quarante francs en 1849, un secours de soixante francs en 1851, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 8, rue des Ursulines en 1830 in Archives de Paris VK3 29 ; 4 bis, rue des Ursulines (mais deux fois 6, rue des Ursulines dans deux certificats qu’il signe in Archives de la préfecture de police AA 391) en 1831 ; 20, petite rue du Bac à une date indéterminée vers 1850 ; 3, rue des Prêtres-Saint-Séverin en 1851 ; sans doute 68, rue du Montparnasse en 1853. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la seconde sous le numéro 273) ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 ; Archives de Paris VK3 29 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques adressées à la Commission, pour la décoration spéciale, séance du 10 décembre 1830, M. Maës président ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/49 ; Archives nationales F/1dIII/51 in dossier Cougoul, Jean, Louis, Luc ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, idem Etat nominatif de décorés, médaillés, blessés ou combattants de juillet 1830 et veuves de décorés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, courrier en date du 6 décembre 1850, minute 142-147, idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163 ; Archives de la préfecture de police AA 391 in dossier Groulon, Louis, Charles.