Chappe, Joseph, Nicolas

Biographie


Né le 11 frimaire an IX à Maizières (Meurthe). Forgeron aux Grandes Messageries, rue Notre-Dame-des-Victoires, « un des premiers à prendre les armes », selon un certificat délivré par le médecin de l’ambulance du passage du Saumon, il fut blessé le 28 juillet, place des Victoires, d’un coup de feu reçu dans la poitrine. Il mourut de sa blessure le 4 août suivant. La France nouvelle, nouveau journal de Paris du 6 août 1830, relata ainsi ses funérailles : « Hier, trois cents ouvriers ont conduit au cimetière Montmartre un brave forgeron des Messageries, mort glorieusement en combattant pour la liberté. Une quarantaine d’hommes armés escortaient le char funèbre, qui était surmonté de quatre drapeaux tricolores. Tous les passants se découvraient avec respect sur le passage de ce beau convoi. » Leger, Théodore (voir ce nom), délivra, en date du 4 août 1830, à en-tête de l’ambulance du passage du Saumon, le certificat suivant : « Je, soussigné, docteur en médecine, médecin de l’ambulance du passage du Saumon, certifie que le nommé Joseph, Nicolas Chappe, forgeron aux Grandes Messageries, demeurant rue Montmartre n° 59, est mort, ce matin à 4 heures, à la suite d’un coup de feu traversant la partie supérieure de la poitrine et reçu le 28 juillet dernier en défendant la cause de la patrie. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Le 14 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIIe arrondissement, comparurent : Pagnest, Louis, Bertrand, charron, demeurant 7, rue Notre-Dame-des-Victoires ; Cabeu, Jean, sellier, demeurant 15, rue du Cadran ; Pellissier, Eloi, Jean, serrurier, demeurant 35, rue Rochechouart. Ils attestèrent que Chappe « a été tué des suites de ses blessures reçues place des Victoires dans la journée du 28 juillet dernier ». Il laissait des parents, les époux Chappe, Nicolas, né le 29 mars 1765 à Azondange (Meurthe), maréchal-ferrant, et Germain, Anne, née le 22 février 1765 à Berneville (mais à Vergeville dans la Meurthe in Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831), dont il était le fils unique et principal soutien, qui furent pensionnés de trois cents francs et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes ; ils avaient choisi comme fondé de pouvoirs Barbier, demeurant 40, rue des Vieilles-Tuileries. Les parents s’étaient mariés le 6 ventôse an II à Maizières (Meurthe) ; dans l’acte de mariage, Chappe, Nicolas est inscrit comme étant le fils de Chappe, Antoine et de Begrand, Rose (ou Baigrand, Rose dans l’acte de naissance de Chappe, Nicolas) ; Germain, Anne, comme la veuve de Marchand, François et la fille de Germain, Germain, laboureur, et de Gerard, Anne son épouse. Il laissait aussi une veuve Servais, Marie, Jeanne, née le 20 germinal an VII (par exemple dans son acte de mariage ; mais le 30 germinal an VII in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Revin (Ardennes) (elle-même fille de Servais, Pierre, manouvrier, et de Cochaux, Marie, Françoise, son épouse), qu’il avait épousée le 29 mai 1824 à la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris Le même Leger, Théodore (voir ce nom), délivra, en date du 14 août 1830, à en-tête de l’ambulance du passage du Saumon, le certificat suivant, en faveur de la veuve : « J’ai l’honneur de recommander spécialement à MM. les commissaires des secours aux blessés du (ancien) IIIe arrondissement la veuve Chappe, dont le mari, frappé d’une balle qui lui a traversé la poitrine le 28 juillet dernier, est mort au bout de huit jours de souffrances cruelles. Il a été des premiers à prendre les armes et la veuve mérite sous tous les rapports une juste part dans les secours que la patrie reconnaissante adresse à la mémoire des braves. » Elle reçut un secours de cent trente francs et un autre de soixante-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, un secours de cent francs, le 6 août 1830 à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement (inscrite comme second secours ; où est le premier ?), un secours de cent vingt-cinq francs le 13 octobre 1830, un secours de quatre-vingt-cinq francs le 15 janvier 1831, un secours de vingt francs et quatre-vingt-cinq centimes le 1er avril 1831, un secours de vingt francs et quatre-vingt-cinq centimes le 15 avril, un secours de vingt francs et quatre-vingt-cinq centimes le 2 mai 1831 puis fut pensionnée (sous le nom de Savais, Marie, Jeanne sur les listes du Moniteur universel) et reçut (sous le nom de Cervais, Marie, Jeanne) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes ; et un enfant selon les listes du Constitutionnel. Il demeurait 59, rue Montmartre ; sa veuve, 44, rue des Grandes-Aiguilleries et 40, rue Croix-des-Petits-Champs en 1831 ; ses parents, à Maizières en 1831. Le nom de Chappe (J.-N. Chappe) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. La France nouvelle, nouveau journal de Paris, 6 août 1830 ; Le Constitutionnel, 7 août 1830 ; Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 187 ; Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 96 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 27 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, état des veuves ayant droit à une pension, avec enfant ou sans enfant, idem état des ascendants ayant droit à une pension, idem état des sommes payées par MM. les commissaires ci-après désignés aux combattants et blessés de juillet 1830 du (ancien) IIIe arrondissement, idem Etat des paiements faits par M. Ternaux, commissaire délégué des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement, aux veuves, ascendants et blessés dudit arrondissement, années 1830-1831 (M. Ternaux n’a pris les paiements que le 13 octobre 1830) ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) et Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/49 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIIe arrondissement, veuves (sous le nom de Cervais, Marie, Jeanne), ascendants (sous les noms de Chappe, Nicolas et de Gervais, Anne) ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 80, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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