Chappellier, Jean-François, Vincent
Biographie
Né le 1er janvier 1806 à Neufchâteau (Vosges). Etudiant en médecine. La chronique de l’époque rapportait les faits suivants sur sa participation aux combats : « Un étudiant en médecine, nommé Chapellier (sic), tout en combattant vaillamment pour la liberté, se précipitait au milieu des balles pour arracher les blessés à la mort. Un garde royal tombé au pouvoir des patriotes, dans la rue des Lombards, aurait été victime de l’exaspération populaire sans sa présence ; c’est lui qui a donné les premiers soins à un capitaine du 6e régiment de la garde ; aussi humain que brave, un soldat blessé cessait, pour lui d’être un ennemi. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement (sous le nom de Chappelier, Jean-François, sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il fut nommé sous-lieutenant. Il délivra le certificat suivant en faveur de Thourel, Albin: « Je certifie que M. Thourel, avocat, demeurant rue de Chartres, n° 8, a, le premier, établi une ambulance provisoire dans sa maison et a prodigué tous les secours et les soins les plus empressés aux blessés, qu’il allait lui-même chercher au milieu du feu. J’atteste en outre qu’il a sauvé une vingtaine de soldats de l’ex-garde royale, parmi lesquels se trouvait le capitaine Deconchy, qui fut recueilli et pansé plusieurs fois dans les appartements mêmes dudit sieur Thourel. A diverses reprises, la maison fut assaillie par le peuple, sur le soupçon qu’il s’y trouvait des gardes royaux. M. Thourel sut résister avec un courage exemplaire à l’exaspération des assaillants ; plusieurs fois même, il risqua sa vie. Je fus témoin qu’une baïonnette qui lui fut mise sur la poitrine ne le fit point reculer ni avouer qu’il avait dans sa remise et sa cour des soldats de la garde. MM. Dupin aîné et Persil, députés, qui se sont trouvés là au moment du plus grand trouble, pourraient affirmer avec moi les faits que je me plais à retracer. » Il prêta, le 18 mai 1831, son serment de décoré de la Croix de Juillet, nécessaire pour pouvoir retirer cette dernière ainsi que le brevet qui l’accompagnait, à la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut (sous le nom de Chapellier), comme décoré de la Croix de Juillet, non blessé, la somme de vingt-cinq francs auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution ; il en disposa en faveur de la dame Bauché, jeune mère de famille. Il demeurait 4, rue des Mathurins-Saint-Jacques en 1830-1831. Le Constitutionnel, 7 août 1830 ; La Gazette des écoles, n° 68 dimanche 8 août 1830 ; Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 197 ; La Liberté reconquise ou histoire complète et détaillée de la révolution de Paris en juillet 1830, J.-B. Ambs, troisième édition revue et corrigée, Paris, Terry jeune, libraire, Palais-Royal, galerie de Valois, n° 185, 1830, p. 238-239 ; Les Enfans de Paris ou les Petits Patriotes, scènes de courage, de présence d’esprit, de magnanimité, de grandeur d’âme et de désintéressement de la jeunesse parisienne pendant les journées des 27, 28, 29 juillet 1830, A. de Saintes, chez Nepveu libraire, et Eymery, Fruger et Cie, libraires, Paris, 1831, p. 73 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 91 in dossier Thourel, Albin ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, état nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet non blessés, auxquels il a été payé une gratification de vingt-cinq francs ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, prestations de serment et autorisations de retirer des brevets, reçus de brevets (il signe de son nom de Chappellier), convocations des décorés à la mairie, idem cahier vert des prestations de serment (il signe de son nom de Chappellier) ; Archives de Paris VK3 19, Mairie du (ancien) XIe arrondissement de Paris, état des citoyens décorés de la Croix de Juillet non blessés auxquels il a été payé une gratification de vingt-cinq francs ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement (sous le nom de Chapellier) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIe arrondissement.