Chapuis, Michel, Marie
Biographie
Né le 14 août 1783 (le 15 août 1783 in Archives de Paris Vbis1H3 1) à Tournon (Ardèche). Capitaine de grenadiers en retraite, il avait accompagné Napoléon à l’île d’Elbe, établi négociant, chef de la maison Canson d’Annonay. Les journaux de l’époque relatèrent ainsi sa participation aux combats : « Dans la maison rue de Grenelle-Saint-Honoré, n° 29, une ambulance a été établie pour les blessés de la journée du 29 juillet, nous devons citer les noms de MM. Jeanne, Joyau, Degas, Varée, D. Sauvage, Jullion, Daler, Philibert et Sétier, qui ont rendu les plus grands services. […] Nous mentionnerons aussi M. Chapuis, capitaine en retraite, et chef de la maison Canson d’Annonay. Cet ancien militaire s’est rendu dans la rue Saint-Honoré, à la place du Palais-Royal, partout où le feu était le plus meurtrier, pour y faire enlever les blessés et les faire conduire à l’ambulance. » Le manuscrit de Victor Crochon rapporte ainsi son activité pendant les journées de Juillet : « Le jeudi 29, vers les 8 heures du matin, M. Jullian, qui s’était aperçu, la veille, que plusieurs blessés, même parmi les habitants, restaient assez longtemps sans recevoir aucun secours, eut l’heureuse idée de former une ambulance. Cet ancien militaire, maintenant marchand de nouveautés passage Véro-Dodat n° 8, commença à faire une quête à cinq sous par personne parmi les locataires du passage. Pendant qu’accompagnés de quelques voisins il allait acheter de la paille pour la déposer dans les cours de la maison n° 29, rue Grenelle-Saint-Honoré, Mme Jullian et ses demoiselles, auxquelles se joignirent plusieurs dames du passage, s’empressèrent de couper des bandes et de faire de la charpie. Monsieur Setier offrit d’imprimer gratuitement les affiches pour prévenir le public que des secours seraient donnés aux blessés dans cette maison. Elles furent posées dans les endroits où le danger était le plus imminent. MM. Chapuis (voir Chapuis, Michel, Marie ) (en note : capitaine de la vieille armée, il avait accompagné Napoléon à l’île d’Elbe, il est maintenant chef de la maison Canson d’Annonay. C’est un des anciens officiers qui ont montré le plus de courage et de dévouement à la cause nationale ; il a été décoré de la Croix de Juillet) et Jullian en placardèrent plusieurs sur la place même du Palais-Royal et dans les rues adjacentes, où une vive fusillade était engagée entre les citoyens et les troupes royalistes. 130 blessés furent transportés en peu de temps dans cette ambulance si promptement improvisée. Parmi eux se trouvaient plusieurs soldats de la garde, Français et Suisses. Dans la crainte que leur présence ne produisît une impression trop pénible sur les patriotes que leurs camarades avaient mutilés, on ne les laissait entrer qu’après leur avoir coupé les moustaches et retiré leur uniforme. Du reste on prodiguait à ses victimes de l’obéissance passive les mêmes soins, les mêmes attentions qu’aux défenseurs des lois. M. Degas (en note : M. Degas, dont le patriotisme était depuis longtemps éprouvé, fut quelques jours après nommé capitaine dans la garde nationale) ancien militaire et garde national depuis la première organisation de cette milice citoyenne, établit un contrôle pour donner tous les renseignements utiles aux familles des blessés. M. Jeanne père fut dépositaire du restant de la première souscription, ainsi que de toutes les sommes reçues depuis, et qui, dans l’espace de trois jours, s’élevaient à environ six mille francs. » Sétier, secrétaire de l’ambulance, devait rapporter à son sujet, dans son rapport sur le fonctionnement de l’ambulance : « Le brave Chapuis, sans cesser de combattre à la tête de ses concitoyens, avec lesquels il entra dans le Palais Royal, organisa le transport des blessés qu’il relevait au milieu du carnage ». Il fit partie avec BrameJules, Crampel Louis André, Daniel, Ernest, Duclos-Blerzy Pierre Louis Joseph Etienne, Dufour Louis, Gillard Louis, Jacob Jean-François, Lepage Nicolas Séverin, Perlé André Théodore, Tassin Jacques Nicolas, Aronsshon Nestor, Verdot Jean Maurice, Massot Théodore, Leymarie Jean Léonard Repaire, des quinze membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) IVe arrondissement. Il fit partie, pour le (ancien) IVe arrondissement, des vingt-quatre jurés (deux par arrondissement) spécialement nommés pour apprécier les droits des membres mêmes de la Commission des récompenses nationales à une récompense. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. On trouve une mention de Chapuis dans un certificat délivré en faveur de Julian, Camille et ainsi rédigé, en date du 8 avril 1831 : « Nous, soussignés, membres fondateurs de l’ambulance formée rue de Grenelle-Saint-Honoré n° 29, le 29 juillet 1830, certifions et attestons à qui il appartiendra que ledit jour 29 juillet dernier, M. Armand, Camille Jullian (sic), demeurant à Paris, rue des Vinaigriers n° 19, a été amené à ladite ambulance, par suite de la blessure qu’il venait de recevoir au poignet gauche, en combattant à la prise du Palais-Royal, à côté de M. Chapuis ; que les médecins présents ont donné les premiers soins à sa blessure et en ont opéré le pansement. » Il prêta son serment de décoré de la Croix de Juillet, le 19 mai 1831 à la mairie du IVe arrondissement et reçut sa croix le 22 juin 1831. Son état de service, comme officier de la IVe légion de la garde nationale, est ainsi rapporté : chasseur le 1er août 1830, élu capitaine en premier le 9 août 1830 et le 17 mai 1831, élu chef de bataillon en premier le 2 juin 1831, élu lieutenant-colonel le 27 juin 1831, officier de la Légion d’honneur en 1831, élu colonel le 13 septembre 1833, commandant de la Légion d’honneur en 1834, élu colonel les 23 avril 1834, 10 avril 1837, 13 avril 1840, 6 avril 1843, 12 avril 1846. Il fut, le 1er décembre 1833, avec vingt-six autres officiers de la garde nationale parisienne, curieusement nommé officier de l’ordre de Léopold, par le nouveau roi des Belges, qui voulait, expliquait-il de manière quand même un peu compliquée « donner à la garde nationale de Paris un témoignage public de notre estime pour l’appui constant qu’elle a prêté au bon ordre dans un pays dont les destinées sont étroitement liées à celle de la Belgique ». Il demeurait 29, rue de Grenelle-Saint-Honoré en 1830-1831. Le Courrier français, 3 août 1830 ; Le Courrier français, 4 août 1830 ; La Liberté reconquise ou histoire complète et détaillée de la révolution de Paris en juillet 1830, J.-B. Ambs, troisième édition revue et corrigée, Paris, Terry jeune, libraire, Palais-Royal, galerie de Valois, n° 185, 1830, p. 255 ; Les Barricades immortelles du peuple de Paris, relation historique, militaire, anecdotique des journées des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830 et du voyage de Charles X jusqu’à son embarquement, par P. C., Paris, Leroi, 1830, p. 334 ; Ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré, n° 29, et souscription pour les blessés de la journée du 29 juillet. Rapport du secrétaire, présenté à la commission de l’ambulance et soumis à l’autorité municipale, imprimerie de Sétier, s.d. p. 5 ; Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits, 8-ms-1025, ouvrage de Victor Crochon, f° 853-855 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris Vbis1H3 1, liste des officiers de la garde nationale ; Archives de Paris Vbis1K4 1 Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VK3 29, séance du 11 avril 1831, dans laquelle il demande l’ajournement de Mandrou de Villeneuve, Augustin, Guillaume afin d’obtenir des renseignements complémentaires sur sa participation aux événements ; Archives nationales F/1dIII/33 droit des membres de la Commission à la décoration de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/59 in dossier Julian, Camille ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Pasinomie ou collection complète des lois, décrets, arrêtés et règlements généraux qui peuvent être invoqués en Belgique, troisième série, Bruxelles chez Tarlier, 1834, p. 306.