Charbo, Thomas
Biographie
Né vers 1793 à Paris. Ancien militaire, devenu bottier, travaillant chez Aubenet, 107, rue de la Harpe. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé. Il sollicita la Croix de Juillet et un emploi de maître bottier d’un régiment. Comme il voulait être porté sur les rôles de la garde nationale, pour remplir son devoir « avec zèle et exactitude », mais ne pouvait s’habiller à ses frais, il sollicita aussi d’obtenir un uniforme à titre de récompense pour sa conduite pendant les journées de Juillet. Sa demande d’uniforme était apostillée par un sergent-major de la 4e compagnie du 2e bataillon (manque le numéro de la légion) de la garde nationale mais dont le nom est illisible (Boyer de Lacroy ?) et par un autre garde national mais dont le nom était inscrit sur une partie du manuscrit qui est brûlée. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions parfaitement connaître le nommé Charbo, Thomas, ouvrier bottier, demeurant à Paris, rue des Maçons-Saint-André-des-Arts n° 13, qu’il est ancien militaire, ex-sergent de voltigeurs au 86e régiment de ligne, a fait la campagne de France et fut licencié en 1815 pendant les Cent-Jours ; qu’il est entré dans la IIe légion de la garde nationale de Paris, qu’au moment des événements qui viennent d’avoir lieu dans Paris il a pris les armes pour la cause de la patrie et ne les a posées qu’après le triomphe de la liberté ; qu’il a été absent de chez lui les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier ; qu’il s’est rendu utile à ses camarades au palais de justice, au découvrement (sic) de la grille pour y placer le drapeau tricolore, ensuite auprès du Louvre où il a aidé à porter les blessés et à leur donner des secours ; qu’il était présent lorsque l’estafette qui portait les dépêches de Dijon, venant de la duchesse d’Angoulême, a été arrêtée et conduite au gouvernement provisoire par le nommé Batiste, marchand de vin ; qu’étant aussi auprès de la Monnaie et des Quatre-Nations, il a tiré plusieurs coups de fusil contre les troupes qui tiraient par les croisées du Louvre. De là, il a rassemblé plusieurs de ses camarades pour faire des barricades. Après que les ennemis de la patrie ont été vaincus, il s’est présenté à la mairie du (ancien) XIe arrondissement pour se faire inscrire sur les contrôles de la garde nationale et en fait partie comme caporal à la 4e compagnie du 2e bataillon (chasseur). Qu’au moment où il descendait une garde, il est tombé malade par suite de fatigue et grand échauffement et est resté quinze jours sans pouvoir travailler. » Signé, le 27 août 1830 : Lainé, bottier, demeurant 13, rue des Maçons ; Renaud (voir Renaud, Arnaud), demeurant 44, rue de la Harpe ; Léger, scieur de pierres, demeurant 13, rue des Maçons. Son patron, Aubenet, lui délivra, le 28 août 1830, un certificat attestant qu’il travaillait chez lui depuis six mois, qu’il s’était montré dans les journées des 27, 28 et 29 juillet et que depuis il avait été malade durant quinze jours. Son propriétaire, Godot, demeurant 1, rue Saint-Hyacinthe, lui délivra un certificat comme quoi il s’était depuis six mois qu’il habitait sa maison, conduit « avec honneur et probité ». Charbo demeurait 13, rue des Maçons-Saint-André-des-Arts au 2e étage, en 1830-1831. Archives de la préfecture de police AA 377.