Charlemagne, Guillaume
Biographie
Né le 23 mai 1789 à Dieppe (Seine-Maritime). Avocat. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il signa le certificat suivant en faveur de Willaumez, Louis : « Nous, soussignés, pour rendre hommage à la vérité, attestons que M. Willaumez, Louis, demeurant à Paris, rue Saint-Georges n° 6, s’est conduit d’une manière digne d’éloges dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet, qu’il est à notre connaissance qu’il a eu le bras droit traversé d’une balle, rue des Bons-Enfants, et enfin qu’il a mérité de la patrie d’une manière à justement prétendre aux récompenses nationales. » Il signa le certificat suivant en faveur de Fassenoz, Pierre, Joseph (voir ce nom) : « Les soussignés certifient qu’il est à leur connaissance que le sieur Pierre, Joseph Fassenoz, commissionnaire, demeurant rue Saint-Joseph, n° 22, s’est montré un zélé patriote dans les journées des 27, 28 et 29 juillet. Le 27, qu’il s’est mis à la tête des citoyens qui ont fait évacuer le poste des gendarmes, place de la Bourse, en portant le drapeau noir. Le 28 au matin, qu’il se trouvait rue du Temple et marchait avec un drapeau tricolore en tête de la troupe de ligne, qu’il a parcouru ainsi les boulevards jusqu’à la place Vendôme et l’après-midi qu’il s’est battu rue Montmartre, où il a été blessé à la tête. Le 29, malgré sa blessure, qu’il s’est mis à construire des barricades rue Notre-Dame-des-Victoires et rue Joquelet et à monter des pavés aux croisées et que partout où nous l’avons vu il n’a cessé de donner l’exemple du courage et du bon ordre. Les soussignés certifient en outre que depuis vingt ans qu’il demeure dans le quartier il s’est toujours conduit avec probité et qu’il ne s’est jamais écarté de ses devoirs d’honnête homme. » Dans une lettre par laquelle ce dernier se plaignait de n’avoir pas été récompensé de sa participation aux combats, il laissait des indications sur la conduite de Charlemagne : « Le 29 juillet, un officier de l’état-major de la Bourse s’adressa à moi, ainsi qu’à mes camarades, en nous prévenant qu’il devait y avoir une forte affaire sur ladite place et que ce serait sans doute la décision de tout. Mais les barricades n’étant pas de résistance qu’il nous invitait d’en construire de nouvelles. D’après cette allocution, je me transportais de suite chez M. Mignon, serrurier, pour lui demander des pinces pour arracher les pavés et il me répondit les avoir données le 28 et qu’on ne les lui avait pas rendues. Un instant après, ayant appris qu’elles étaient déposées chez M. Auguste Mie, imprimeur rue Joquelet, n° 9, j’allais les chercher et je trouvai M. Mie se promenant seul dans sa cour, qui me remit une pince et trois barreaux de fer. De là, je retournai chez le serrurier, qui alluma sa forge et moi tirant le soufflet et frappant sur lesdits barreaux pour les transformer en forme de pinces. Ensuite, je les transportais vers mes camarades et nous nous mîmes de suite à l’œuvre, qui nous fut commandée pour former de nouvelles barricades désirées par le quartier général. On nous ordonna en outre de monter des pavés dans les maisons ; nous prîmes des merlins, faute de masses pour les briser. Nous en montâmes une quantité suffisante pour écraser un bataillon chez Mme Guidon, propriétaire, rue Notre-Dame-des-Victoires, n° 15, qui était à Versailles dans ce moment. Nous avions dix croisées à cette époque, cinq sur la rue des Victoires et cinq sur la rue des Filles-Saint-Thomas, plus une voie de bois à notre disposition dans la cuisine. Nous fûmes requis à garder ce poste, où nous restâmes jusqu’à minuit. Ensuite, vu qu’il n’y avait rien à craindre de ce côté, nous nous retirâmes chacun chez nous. Il est surprenant, Messieurs, que le sieur Mie soit décoré, attendu qu’il n’a pas quitté sa porte de plus de trente pas ce jour-là. Ayant adressé un certificat constatant mes faits des trois mémorables journées à Monsieur le préfet de police pour entrer dans la garde municipale que l’on formait à cette époque, M. Charlemagne me demanda ce que j’avais de ce certificat. Je lui dis l’emploi que j’en avais fait. Sur quoi, il me prescrivit d’aller le chercher, qu’il se chargeait de le remettre lui-même à la Commission et qu’il me ferait recevoir ce que de droit appartient à ceux qui se distinguèrent dans la grande semaine. Il me dit plusieurs fois que j’étais porté pour la médaille et une récompense. Je le rencontrai avec la décoration, il me demanda si j’avais reçu une lettre, alléguant que je devais incessamment la recevoir du jour au lendemain. Depuis cette époque, n’ayant rien entendu en ma faveur, je lui demandai mon certificat, qu’il dit être dans son dossier, lequel j’ai retiré pour vous le présenter. J’ignore si l’ancienne Commission l’a vu. J’ai l’honneur, etc. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 46, rue Notre-Dame-des-Victoires en 1830-1831. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Willaumez, Louis ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIIe arrondissement ; idem F/1dIII/88 in dossier Fassenoz, Pierre, Joseph.