Charles, Pierre, Sébastien
Biographie
Né vers 1784 à Andelot (Haute-Marne). Ancien militaire, devenu gantier. Légèrement blessé, il reçut un secours de dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut un secours de vingt francs, le 20 août 1830, un secours de cinquante francs, le 15 octobre 1830, un autre de la même somme le 20 octobre 1830, un secours, définitif, de cinquante francs, le 15 décembre 1830, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il reçut, en tant que décoré et blessé, un secours de cinquante francs et un habillement soit bourgeois soit de garde national (pour une valeur de soixante francs), sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. En 1831, il était à la 3e compagnie des vétérans de Saint-Denis. Il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, une gratification, en tant que décoré, de cinq francs en 1834, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. Il est rayé sur la Liste nominative de MM. les décorés de Juillet non pensionnés entre lesquels ont été répartis les quatre cents francs attribués au sixième arrondissement par un mandat de M. le préfet de la Seine du 27 juillet 1835, in Archives de Paris VD 6 356 n° 6, mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il fut arrêté, le 21 juillet 1835, pour cris séditieux, et conduit le lendemain au dépôt de la préfecture de police. Son arrestation fit l’objet du procès-verbal suivant : « Un rapport de l’inspecteur Clausolle nous fait connaître que le nommé Charles a été arrêté avant-hier à minuit et demi au coin de la rue Poissonnière, où il tenait hautement ces propos Depuis que le père et Louis-Philippe ont commis des crimes, les princes ne sont que de la canaille. Conduit le lendemain matin devant le commissaire de police du quartier Montmartre et interpellé par ce fonctionnaire, l’inculpé a allégué qu’il était ivre lors de son arrestation et qu’il ne se souvenait de rien. » Il fut une nouvelle fois arrêté, et toujours pour cris séditieux, le 2 août 1835, et conduit le lendemain au dépôt de la préfecture de police. Son arrestation fit l’objet du procès-verbal suivant : « M. Baudry, lieutenant titulaire aux Invalides, y demeurant, sortant avant-hier de l’hôtel, vit l’inculpé qui, regardant les préparatifs qui se font pour la cérémonie funèbre des victimes de l’attentat du 28 juillet, disait à haute voix : Qu’est-ce que c’est que tout cela ? Il n’y en a pas assez de tués. Puis s’adressant au sieur Baudry : Vas, nous en tuerons bien d’autres ! Arrêté à l’instant même, Charles, qui paraissait ivre et qui déjà le 14 avril 1834 avait été arrêté pour propos séditieux mais considéré comme aliéné et traité comme tel, prétend que la police lui laisse faire ce qu’il veut, qu’il est bien connu et qu’il ne craint rien. Mais quand les fumées du vin furent dissipées, l’inculpé déclara qu’étant en état complet d’ivresse il a pu tenir des propos qui sont loin de sa pensée, qu’il en a un regret sincère et que personne plus que lui ne déplore le funeste événement qui couvre la France de deuil. Une perquisition minutieuse faite dans son garni n’a produit la saisie d’aucun objet suspect. » Il était indiqué sur ce procès-verbal comme « ex-lieutenant de cavalerie ». Le 22 août 1835, vers 19 heures 30 à Thiviers (Dordogne), alors qu’il avait souscrit un enrôlement volontaire pour l’Espagne et qu’il se dirigeait vers ce pays avec son corps, il fut arrêté par une patrouille de gendarmerie, alors que, pris de boisson, il se prenait de querelle, au milieu de la rue, avec un autre enrôlé volontaire. Mis en cellule de sûreté, il devait être remis le lendemain à son supérieur hiérarchique, mais celui-ci devait décider de le placer entre les mains du maire de la ville Le 23 août 1835, le maire de Thiviers ordonnait au commandant de la brigade de gendarmerie de cette ville de « faire conduire le plus tôt possible, de brigade en brigade à Paris, pour être mis à la disposition de M. le préfet de police le nommé Charles, Pierre, François, laissé à ma disposition ici par M. Poissault, lieutenant commandant un détachement d’enrôlés volontaires pour l’Espagne, se rendant à Urdos, pour causes d’inconduite, incompatibilité avec ses camarades et atteint d’aliénation ». Cette mesure, prise irrégulièrement puisque Charles eût dû être mis à la disposition des seules autorités locales, le conduisit devant le préfet de police de Paris. Dans son interrogatoire, en date du 5 octobre 1835, Charles disait avoir pris un engagement dans un corps d’enrôlés volontaires et affirmait : « […] Je me nomme Charles, Pierre, Sébastien. C’est par erreur qu’on m’a donné le prénom de François […] Lorsque notre détachement est arrivé à Thiviers (Dordogne), je me suis pris de querelle avec un autre enrôlé, faisant les fonctions de fourrier. Quelques coups s’en sont suivis et comme je n’étais pas dans les bonnes grâces du sieur Poissault, lieutenant commandant le détachement, et qu’il n’attendait qu’une occasion de se défaire de moi attendu que je le gênais dans sa volonté de trafiquer sur notre paye, il saisit celle qui se présentait et me fit conduire chez le maire de l’endroit, où il me fit passer comme atteint d’aliénation mentale. Voilà six semaines que je suis conduit de prison en prison par la seule volonté du sieur Poissault. J’espère que vous reconnaîtrez que le motif de mon arrestation est illusoire et que je serai mis en liberté. Je suis un ancien militaire, couvert de blessures. J’ai obtenu une pension de retraite en 1810, étant alors au 10e régiment de hussards. » Le 5 octobre 1835, il fut reconnu (sous le nom de Charles, Pierre, François) comme non atteint de maladie mentale par le Bureau central d’admission dans les hôpitaux civils de Paris. Non inscrit au sommier judiciaire, il n’y avait plus aucune raison de le retenir en détention et il fut libéré. Le 7 octobre 1835, il lui fut délivré un passeport gratuit pour se rendre à Andelot. Il fut de nouveau arrêté, le 24 juillet 1836, pour propos outrageants et menaces sur la personne du roi. Son arrestation fit l’objet du procès-verbal suivant : « Arrêté avant hier, 24, par des gardes nationaux de service au poste du Drapeau au château des Tuileries ; cet individu, en état d’ivresse, criait en parlant au roi : Tu peux vendre tes meubles, on t’a manqué mais je ne te manquerai pas. Rendu à la raison le lendemain matin, l’inculpé a été interrogé par M. le commissaire du quartier des Tuileries et a répondu qu’il ne pouvait comprendre comment il s’était rendu coupable de propos menaçants contre la personne du roi, dont il a reçu des secours ; qu’il est un militaire pensionné par suite de dix-sept blessures reçues sur divers champs de bataille, que plusieurs d’elles, marquées sur la tête par des cicatrices, le mettent dans une espèce de folie quand il a bu avec excès ; enfin, il a repoussé l’accusation de menace, en disant qu’il était encore en ce moment en instance pour un nouveau secours, qu’il a sollicité le 17 du mois courant. » Le 10 septembre 1836, il lui fut délivré un passeport gratuit pour se rendre à Andelot. Il était veuf et père de trois enfants, qui vivaient en Haute-Marne en 1835. Il demeurait 16, rue de la Heaumerie en 1830-1834 (mais à Chaumont dans la Haute-Marne, en 1831 sur les listes de la mairie in Archives de Paris VD6 360 n° 5 mais bien 16, rue de la Heaumerie in Archives de Paris VD6 360 n° 5, III, Enregistrement des bons délivrés etc., in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc.) ; 146, rue de l’Hôtel-de-Ville en 1834 ; en garni, 12, rue Salle-au-Comte (parfois mais sans doute par erreur au 2, rue Salle-au-Comte) en 1835 ; 16, rue de la Heaumerie et 4, impasse Faron et aussi 14, rue de la Savonnerie en 1836. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du VIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 75 ; Archives de Paris AP VD6 356 n° 5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD 6 356 n° 6, mairie du (ancien) VIe arrondissement, Liste des décorés de Juillet non pensionnés qui se sont présentés pour participer à la répartition des quatre cents francs attribués au (ancien) VIe arrondissement suivant mandat de pareille somme reçu le 28 juillet 1835 (sous le seul nom de Charles) ; Archives de Paris VD 6 356 n° 6, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont pris part aux gratifications accordées à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet en 1831, 1833, 1834, 1835, 1836, Noms des décorés de Juillet non pensionnés entre lesquels ont été répartis les trois cent soixante-quatorze francs et quatre-vingt-dix centimes attribués au (ancien) VIe arrondissement par la lettre de M. le préfet de la Seine du 30 juillet 1834 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (secours accordés par la Commission des récompenses nationales aux blessés qui n’ont été classés dans aucune catégorie, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831), idem même référence VII Répartition des fonds de la souscription nationale, inscription des indemnités définitives, états nominatifs des blessés admis à la répartition des fonds de la souscription nationale, 2e classe et 1re classe et aussi même référence mairie du (ancien) VIe arrondissement, I correspondance du préfet, enquêtes, liste nominative de MM. les décorés de Juillet non pensionnés entre lesquels ont été répartis les trois cent soixante-quatorze francs et quatre-vingt-dix centimes attribués au (ancien) VIe arrondissement par la lettre de M. le préfet de la Seine du 30 juillet 1834, idem Répartition des fonds de la souscription nationale, Etat nominatif des blessés qui, étant décorés de la croix ou de la médaille, ont reçu, à l’occasion de l’anniversaire de Juillet un secours de cinquante francs et un habillement bourgeois ou un uniforme de garde national, et de ceux qui, n’étant point décorés, n’ont participé qu’au secours de cinquante francs ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 423 Affaires diverses 1836.