Charmont, Jean, Marie, Raphaël
Biographie
Né vers 1784 (ou en 1795 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 in Archives de Paris VK3 33 et in Archives de Paris VK3 34) à Paris. Ancien hussard, maréchal des logis au 1er régiment, congédié le 29 juillet 1814, devenu graveur en caractères. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 22 février 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28, armé d’une épée, a empêché de briser à l’Hôtel-Dieu. Fut avec un peloton, ayant un drapeau, à la Ville (lire à l’Hôtel de ville) ; à la Grève, a désarmé un bourgeois qui se sauvait, s’est emparé du fusil et des cartouches ; en tirailleur à la rue de la Tixéranderie ; à celle du Mouton, a tué quatre Suisses. Au tourniquet Saint-Jean, fut pris entre deux feux, fut à travers les balles chercher un blessé, qui est mort dans ses bras. Le 29, de poste aux Gobelins. Le 30, à Bicêtre. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 17 décembre 1830, à cinq voix pour la croix, trois voix pour la médaille et aucune voix pour une mention, puis, par révision en date du 22 février 1831, il se prononça à deux voix pour la croix, huit voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Carmont, Jean, Marie, Raphaël), auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1836, manquant « en ce moment de travaux », il sollicita des secours ; La police donna sur son compte les renseignements suivants : « Son travail est son unique ressource, mais il manque quelquefois d’ouvrage. Il a deux enfants et sa mère âgée de quatre-vingt-deux ans à sa charge. Sa position est extrêmement gênée. Il jouit d’une bonne réputation. » Il reçut, cette année-là, un secours de cinquante francs. Il sollicita de nouveau en 1837 parce que « depuis six mois sans ouvrage ». En 1838, les mêmes sources administratives précisaient : « Marié, sans enfant, mais il a sa vieille mère et une nièce de quatorze ans à sa charge. […] Depuis un an, il n’a que rarement de l’ouvrage et le peu que gagne sa femme, qui tient une école de jeunes filles, est la principale ressource de cette famille, qui se trouve dans une position très gênée. Le sieur Charmont jouit d’une bonne réputation. » Il reçut quarante francs de secours en 1838 et vingt-cinq francs en 1841. En 1842, il était dessinateur en étoffe et la police renseignait à son sujet : « Manque d’ouvrage depuis le 8 mai dernier. Sa femme tient une classe de jeunes filles et fait aller le ménage. Ils sont arriérés de tous les termes de l’année courante. Ce ménage mérite l’intérêt du gouvernement. » Charmont reçut quarante francs de secours en 1843. En 1844, « pensant n’avoir pas démérité envers le gouvernement », il sollicita un nouveau secours et obtint quarante francs. En 1847 « sans travaux depuis un an », il toucha de nouveau quarante francs. En 1848, dans une « triste position, […] sans travaux depuis longtemps », il sollicita de nouveau et reçut quarante francs en 1849. En 1850, la police renseignait à son sujet : « Graveur, il gagne cinq francs par jour. Il n’a pas d’enfant ; mais deux de ses nièces, âgées de vingt et vingt-quatre ans, sont à sa charge. Sa femme donne des leçons comme institutrice. Cet individu qui paye trois cents francs de loyer annuel, rue Mouffetard, n° 267, ne mène pas une vie régulière. » En 1852, dans une « position malheureuse […], privé de travaux depuis plus de six mois », il reçut un secours de quarante francs, après que la police eut rapporté à son sujet : « Sa femme tient un petit externat de demoiselles. La moralité du sieur Charmont est bonne et on le dit dévoué au gouvernement du prince. » Il reçut un secours de quarante francs en 1852, à titre de médaillé de Juillet. Il reçut quarante francs en 1854. En 1855, il se plaignait de la « position malheureuse dans laquelle il se trouve, par son âge et par la faiblesse de sa vue ; il ne peut continuer la partie qu’il professait, végétant depuis plus de deux ans, ne trouvant aucun emploi pour subsister. » Il reçut quarante francs de secours en 1855. En 1836, il était chasseur à la 2e compagnie du 4e bataillon de la XIIe légion de la garde nationale. Il demeura 283, rue Mouffetard (devenu 267 en 1848 mais 266, rue Mouffetard in Archives de Paris VK3 33, in Archives de Paris VD6 682 n° 3 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives de Paris VK3 34, bien 267, rue Mouffetard in Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853 et idem minute 79 et minutes 238-242) de 1814 à 1855. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la seconde sous le numéro 782) ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 ; Archives de Paris VK3 33, états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 22 février 1831, idem Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 17 décembre 1830 et le 22 février 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/49 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 79, idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852.