Chartier, Narcisse, Nicolas, Jean
Biographie
Né le 16 septembre 1809 à Paris. Fileur de coton. Il fut blessé d’un coup d’arme à feu reçu au bras droit (au bras gauche in Archives nationales F/9/1155 dans une lettre qu’il fait parvenir au ministre de l’Intérieur) pendant l’attaque du Louvre le 29 juillet. Il reçut (sous le nom de Charretier, Narcisse) un secours de quatre-vingts francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le 15 avril 1831, devant le juge de paix (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Kibourg, Paul (voir Kibourg, Jean-Jacques, Paul), né vers 1783, marchand mercier, demeurant 2, rue des Poulies ; Arsène-Vivien, Rémy, né vers 1805, avocat, demeurant 2, rue des Poulies ; Cagnard, Ange, Félix, né vers 1788, propriétaire, demeurant 2, rue des Poulies. Ils déclarèrent « savoir que le sieur Nicolas, Jean Chartier […] a combattu dans la journée du 29 juillet 1830 et qu’il y a été blessé au Louvre d’une balle au côté droit ». On trouve cette note le concernant dans les délibérations du comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas : « Le seul soutien de sa mère est un honnête et brave ouvrier. Après s’être armé aux dépens de la garde royale et s’être battu le 28 à la Grève, le lendemain à la prise du Louvre, il a reçu trois balles, dont l’une lui a traversé le bras d’une manière tellement fâcheuse qu’il lui est de toute impossibilité de travailler (sa mère et les habitants du quartier). » Il produisit un certificat d’indigence. Il reçut un secours de seize francs, le 4 mars 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 11 mars 1831, un secours de dix-sept francs, le 13 avril 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 30 avril 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 31 mai 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 29 décembre 1830, à une voix pour la croix, huit voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessé, par décision du jury médical de la Commission des récompenses nationales, en date du 10 mars 1831, il reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans. Il reçut (sous le nom de Chartier, Jean, Nicolas), à ce même titre, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Son uniforme de garde national lui fut fourni gratuitement. Il comparut, le 13 avril 1831 et sous le nom de Chartier, Jean, Nicolas, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, pour attester connaître parfaitement Coquet, Pierre, François, Félix et « savoir qu’il a combattu pendant les 27, 28 et 29 juillet et que le 29 juillet il a été blessé à l’épaule droite par une balle, en combattant place du Palais-Royal ». En 1834, ne pouvant, à cause de sa blessure, que travailler avec « beaucoup de difficulté, surtout dans les changements de temps », sa mère, veuve, à charge, il demanda à pouvoir passer une seconde visite, afin de faire constater la gravité de sa blessure. Le préfet de police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Célibataire. A la prise du Louvre, en 1830, il a eu le bras droit traversé d’une balle. Cette blessure ne lui permet, en effet, d’exercer qu’avec beaucoup de difficulté sa profession d’ouvrier en coton. Il n’a point d’autres ressources que son travail pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa mère, qui est à sa charge. On fait le plus grand éloge de sa conduite et de sa moralité. » Le préfet de la Seine rapportait, quant à lui : « […] Occupé dans un établissement de filature boulevard Montparnasse mais il manque souvent d’ouvrage. Il demeure chez sa mère (veuve) et partage avec elle le faible produit de son industrie. [Sa] blessure le gêne pour travailler. La position du sieur Chartier est malheureuse. Cet homme jouit d’une bonne réputation. » Il reçut un secours de cent francs. Sa veuve reçut un secours de quarante francs en 1849, en 1850, en 1851 et en 1852, à titre de veuve d’un médaillé de Juillet. Il demeurait 8, rue de la Bourbe en 1830-1831 ; 4, rue de la Bourbe en 1834-1835 ; sa veuve, 19, rue Pascal en 1849-1852. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 89 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la seconde sous le nom de Charretier et le numéro 208) ; Archives de Paris VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des médaillés et pièces produites par les blessés ; Archives de Paris VK3 12, un feuillet intitulé Liste des blessés adressés à M. le préfet de la Seine, sur son invitation en date du 21 décembre ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 29 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 29 décembre 1830, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem un feuillet intitulé Individus qui se sont présentés sans dossier ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 35, liste des décorés des 27, 28 et 29 juillet, qui ont été habillés en exécution de l’arrêté de M. le préfet de la Seine, idem une liste Blessés de Juillet hommes habillés ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/49 ; Archives nationales F/1dIII/50 in dossier Coquet, Pierre, François, Félix ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe (sous le nom de Chartier, Jean, Nicolas) ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet, 1831-1835 ; Archives nationales F/9/1155 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 40 et suivantes, idem minute 45, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 27 février 1850, minutes 100-104, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134 (sous le nom de Chartier, Jean, Nicolas), idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199 (sous le nom de Chartier, Jean, Nicolas), idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852 (sous le nom de veuve Chartier).