Chas, André, Cyprien
Biographie
Né le 17 janvier 1810 à Mende (Lozère), fils de Chas, Louis, Gaspard, Cyprien et de Gallice, Claudine, Sophie, son épouse. Engagé au 5e régiment de ligne le 21 septembre 1828, « […] Chas (Cyprien) caporal fourrier au 5e régiment de ligne, le 28 juillet 1830, dans la caserne de la Nouvelle-France, fit jurer ses camarades de ne pas tirer sur le peuple et jura lui-même de diriger ses armes contre l’officier qui commanderait de tirer sur le peuple. […] Arrivé dans la rue des Fossés-Montmartre, le détachement dont Chas faisait partie fut salué par les acclamations du peuple ; […] peu de temps après, un coup de feu isolé, parti d’une maison, atteignit l’officier de ce détachement ; […] Chas au moment où les soldats étaient engagés à repousser l’agression, quitta ses rangs, passa du côté du peuple où il fut presque aussitôt atteint d’une balle dans la poitrine, qui le fit mourir sur-le-champ […] ». Le dossier d’examen des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIe arrondissement. Le 25 octobre 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIIe arrondissement, comparut Jacob, médecin à l’hôpital Necker, demeurant 271, rue de Sèvres. Il certifia « que Chas, Cyprien, caporal fourrier au 5e régiment de ligne, le 28 juillet dans la caserne de la Nouvelle-France, fit jurer ses camarades de ne pas tirer sur le peuple et jura lui-même de diriger ses armes contre l’officier qui commanderait de tirer sur le peuple ; qu’arrivé dans la rue des Fossés-Montmartre, le détachement dont Chas faisait partie fut salué par les acclamations du peuple ; que, peu de temps après, un coup de feu isolé, parti d’une maison, atteignit l’officier de ce détachement ; que Chas au moment où les soldats étaient engagés à repousser l’agression, quitta ses rangs, passa du côté du peuple où il fut presque aussitôt atteint d’une balle dans la poitrine, qui le fit mourir sur-le-champ ». La demande de pension présentée par le père, Chas, Louis, Gaspard, Cyprien, né le 6 décembre 1779 à Altier (Lozère), qui se présentait comme « destitué, sans qu’il ait pu jamais en connaître le motif, par le ministère Villèle, d’une perception qu’il avait gérée avec probité pendant treize ans », fut rejetée, Chas « faisant partie d’un corps soldé et en hostilité avec la population » et tué le « 29 juillet ». Il avait présenté un certificat médical, signé du docteur Barbot de Mende, attestant qu’il se trouvait « atteint depuis plusieurs années d’une affection chronique du foie et des organes de la digestion, maladie qui l’expose et le rend sujet à des vomissements fréquents, à des coliques violentes et le jette dans une prostration extrême. Par suite de souffrances si vives et si longues et surtout depuis la perte de madame Chas sa femme et celle de son fils, mort à Paris dans les glorieuses journées de Juillet, M. Chas est tombé dans un tremblement nerveux et a contracté une telle faiblesse de la vue qu’il est aujourd’hui dans l’impossibilité absolue de pourvoir aux besoins de sa nombreuse famille ». Chas, Louis, Gaspard, Cyprien avait épousé, le 1er juillet 1807 au Puy (Haute-Loire), Gallice, Claudine, Sophie ; sur l’acte de mariage il est indiqué comme négociant, né le 6 décembre 1779 à La Rochette dans la commune d’Altier (Lozère), fils de Chas, François, Joseph, avocat et notaire impérial, et de Chabalier, Marianne (dans l’acte de mariage) ou Chabalier, Marie-Anne (dans l’acte de naissance) ; Gallice, Claudine, Sophie est indiquée comme née le 31 mai 1786 au Puy, fille de Gallice, Jean-Baptiste, négociant, et de Parat, Marguerite, Dorothée. Gallice, Claudine, Sophie devait décéder le 12 juin 1830 à Mende, laissant six enfants. Le nom de Chas, en novembre 1831, était dans un état, établi par la mairie du (ancien) XIe arrondissement, de citoyens morts dans les journées de Juillet, dont le nom devait être inscrit au Panthéon et qui ne dépendait d’aucun arrondissement ; la mairie demanda l’ajout de son nom, comme mort les armes à la main. Le père demeurait à Mende en 1831. Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Citoyens sans arrondissement ; Archives de Paris VD6 281 n° 1, Citoyens sans arrondissement et dont les noms ne sont point inscrits au Panthéon ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, citoyens sans arrondissement (quant à son inscription sur les listes du Panthéon, N.D.A) ; Archives de Paris VK3 11 ; Archives de Paris VK3 25, une liste de personnes tuées et qui ne semblaient dépendre d’aucun arrondissement parisien (liste établie au moment de recenser les noms qui devaient inscrits sur les tables du Panthéon, N.D.A.) ; Archives de Paris VK3 32, (ancien) XIe arrondissement, citoyens tués, sans arrondissement auquel les rattacher ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Badès ; Archives nationales F/1dIII/49.