Chatelain, Barthélemy, Pierre
Biographie
Né le 20 février 1795 à Mitry (Seine-et-Marne). Ancien soldat, devenu tisserand. Il nous reste trois relations, qui reprennent les mêmes faits, de sa participation aux combats de Juillet. La première est signée de lui (l’orthographe originale, défaillante, n’est pas respectée) et ainsi rédigée : « 27 juillet. A 10 heures du matin l’on disait que l’on se portait en foule dans la rue Saint-Honoré et au Palais-Royal. Au même moment, je partis pour aller voir. Passant à la place Maubert, il y avait des rassemblements. J’ai continué jusqu’au Palais-Royal et je vis beaucoup de rassemblements. L’on attendait que le faubourg Saint-Antoine et le faubourg Saint-Marceau descendent. En m’en retournant chez nous, je passai par la rue du Vieux Louvre ou je vis quelques rassemblements. Je continuais mon chemin jusqu’à la place Maubert où je vis beaucoup de rassemblements et, de là, je partis à la barrière Fontainebleau avec un de mes camarades et en revenant tout du long de la rue Mouffetard il y avait beaucoup de rassemblements et l’on fermait les boutiques, et des patrouilles de gendarmes. Je retournais de la place Maubert pour revoir comment ça se passait. Il y avait des rassemblements. Voyant qu’il n’y avait rien, je rentrais chez nous. Le 28, voyant fermer les boutiques et que l’on criait Aux armes ! je parti nu-bras. Nous avons été à l’Ecole polytechnique. Ils nous ont dit de nous rassembler et de chercher des armes et qu’ils attendaient l’ordre du général Lafayette. Ils nous ont dit qu’il l’avait vu à 4 heures du matin. Et, de là, nous nous sommes transportés au poste des pompiers au collège Henri-IV. Ils nous ont donné des armes de bonne volonté et nous sommes descendus tout droit à la Montagne-Sainte-Geneviève. Nous avons été désarmer un petit poste de ligne derrière le marché de la place Maubert. Ils nous ont donné leurs armes de bonne volonté et, de là, nous sommes revenus au poste de la place Maubert. Nous sommes approchés petit à petit auprès du brigadier. Nous lui avons demandé s’il voulait rendre les armes. Au même moment, il voulut armer son fusil. De suite nous sommes tombés sur lui et nous l’avons désarmé. Dans le même moment ; tout le monde est tombé sur les autres gendarmes. Nous les avons désarmés tous et de là nous avons passé la rue Galande pour rejoindre la rue Saint-Jacques. Au coin de la rue Fontaine-Saint-Séverin, nous nous sommes arrêtés là et l’on nous a donné de quoi faire un drapeau [chez le marchand de drap qui faisait face à la rue Saint-Séverin, N.D.A.]. De là nous sommes partis au pont de l’Hôtel-Dieu pour désarmer le poste. Il était désarmé. De là, nous avons traversé la rue de la Juiverie et le pont Notre-Dame et nous avons été à la ville (lire à l’Hôtel de ville, N.D.A). Le drapeau tricolore flottait. Les jeunes gens du faubourg Saint-Antoine sont arrivés. Aussitôt nous nous sommes ralliés tous ensemble. Nous avons traversé la rue de la Tannerie et nous avons été à la halle. Nous avons fait le tour du marché. Nous sommes venus rue Saint-Martin et nous sommes retournés à l’Hôtel de ville. Quelque temps après la garde royale est venue par le quai des Orfèvres. Ensuite au pont d’Arcole ils ont tiré sur nous. Au même instant, les cuirassiers ont descendu le long du port au blé. Je dis à tous mes camarades que seuls ceux qui avaient des fusils ne quittent pas le poste de la ville et plutôt perdre la vie. Comme n’étant pas de force, nous sommes rentrés dans le poste. Nous avons tiré tant que nous avons eu des cartouches. Aussitôt que nous avons manqué de cartouches, nous avons été obligés de rentrer dans le cachot. Au même moment les Suisses sont rentrés dans le poste. Ils ont poussé la porte du cachot et ont fermé la porte. Ils sont restés un peu de temps dans le poste et sont montés dans la ville. Au même instant la ligne est rentrée dans le poste et ils sont venus pour se cacher dans le cachot. Ils nous ont vus. Ils nous ont demandé ce que nous faisions là. Nous leur avons répondu que c’était pour nous cacher. Comme nous nous étions trouvés sur la place de ville au moment où la garde royale a fait feu. Trois soldats de la ligne dont deux tambours et une femme et un enfant de sept ans étaient avec nous dans le cachot. Le soldat avait reçu des pierres sur la tête. Nous y sommes rentrées à 2 heures moins le quart. Un des camarades de ceux qui étaient avec nous est descendu pour faire monter ses camarades dans les chambres et nous l’avons prié s’il voulait avoir la bonté de demander au général de nous laisser monter en haut, que nous n’en pouvions plus de soif et un tambour de la ligne est venu nous chercher pour monter en haut et l’on nous a interrogé. Il a commencé par moi. Il m’a demandé. par quelle occasion je me trouvais ici. Je lui ai répondu que travaillant à la place Royale de mon état de tisserand que l’on nous avait renvoyés à midi ; comme c’était mon chemin de passer par la place de ville, voyant beaucoup de rassemblements, je me suis arrêté. Peu de temps après, la garde royale a fait feu sur le peuple. Au même instant nous sommes entrés dans le poste. Nous avons été obligés d’entrer dans le cachot lorsque les balles tombaient dans le poste. Il m’a répondu : Montez, l’on ne vous fera rien. Mais pourquoi avez-vous votre chemise trouée et votre gilet troué et votre pantalon plein de sang ? Au moment de ramasser un blessé qui était tombé sur moi une balle a traversé ma chemise et une m’a traversé mon gilet dans le même moment. A 10 heures du soir, il est arrivé un aide de camp qui a apporté une ordonnance au général Raguse. Il a fait sortir par les portes du derrière de la ville. Au même instant ils ont tiré. Le général a répondu Les voilà qui tirent sur l’aide de camp. L’aide de camp, l’ordonnance qu’il avait apportée c’était pour faire cesser la canonnade. A 11 heures 15, les canonniers sont retirés. A minuit, les voitures sont arrivées et ils ont chargé les blessés qu’il y avait dans la ville. A minuit et demie toutes les troupes se sont retirées illisible. Plusieurs capitaines nous ont dit : Vous direz à vos camarades comment nous avons agi envers vous. Il y a un capitaine qui illisible une carabine, et je lui ai répondu mon capitaine c’est au cuirassier qui est resté blessé. Il m’a demandé si j’avais été militaire. Je lui ai répondu que j’ai été militaire en 1814 dans le 2e régiment de flanqueurs grenadiers, 2e compagnie, rentré en 1815 dans le corps de sapeurs-pompiers est sorti en 1818. Aussitôt qu’ils ont été partis, le concierge a fermé toutes les portes de la ville. Aussitôt qu’ils ont été partis, on a tiré plusieurs coups de fusils à la porte de la ville. Peu de temps après, on est venu frapper à la porte. Nous n’avons pas osé ouvrir la porte de crainte qu’ils nous prennent pour la garde royale. A 3 heures du matin, nous avons entendu beaucoup de bruit à la porte. Nous nous sommes approchés pour regarder. Comme la porte du poste de la ville était cassée, nous avons regardé. Nous avons aperçu que l’on ramassait les fusils et les besaces et ils se sauvaient. C’était des maçons. Nous sommes sortis tous les sept et nous nous sommes retirés chez nous. Il était 4 heures du matin. Tout le monde m’arrêtait depuis la place Maubert jusqu’à chez nous. L’on m’arrêtait partout. J’ai été obligé d’envoyer quelqu’un avertir ma femme qu’elle ne se désespère pas. Tout le monde croyait que j’étais mort. Comme étant connu et dans l’état où j’étais, je déjeunais avec plusieurs de mes camarades et de là nous sommes partis à l’attaque du Louvre. Nous avons commencé à tirer au Pont-Neuf, derrière le parapet. Nous sommes descendus tout le long du quai de l’Ecole. Nous sommes venus auprès du Louvre, vis-à-vis de l’église de Saint-Germain-l’Auxerrois. Un détachement a de suite entré par la porte qui fait face à la rue Saint-Honoré. Aussitôt nous sommes entrés par la petite porte qui fait face à l’église. Nous avons traversé le vieux Louvre pour aller rejoindre la chambre des tableaux. Aussitôt les Suisses se sont retirés dans les Tuileries. Nous avons attaqué les Tuileries vis-à-vis l’Arc de Triomphe. Nous sommes rentrés par la grille qui fait face à l’Arc de Triomphe. Aussitôt entrés dans les Tuileries, nous sommes montés dans la première chambre le long de la terrasse à gauche. De là, nous sommes revenus de suite dans la chapelle. Aussitôt les messieurs de l’Ecole polytechnique ont posé des factionnaires auprès de l’autel ainsi qu’à la porte pour que l’on ne touche à rien. Le monde entrait en foule. Il y au trône du roi trois fleurs de lys. On a crié A bas les fleurs de lys ! et le factionnaire les ont arrachées avec la pointe de son sabre. De là nous avons traversé la salle du théâtre. Ne trouvant personne, nous avons passé par la porte du jardin qui est dessous le cadran. Nous avons continué à pousser l’ennemi jusqu’à la barrière de l’Etoile. Me trouvant fatigué, je suis rentré chez nous. Le lendemain je me suis transporté à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement pour faire mon service comme étant de la garde mobile inscrit sous le numéro 657 et je fis nombre de détachements. Parti pour Rambouillet, c’était M. Post, lieutenant, et M. Charrier, capitaine, qui nous commentaient. Passé chef de bataillon dans un régiment de ligne, dont vous trouverez le certificat à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En partant et en arrivant aux Champs-Élysées on nous a donné l’ordre de prendre des voitures et en passant à Sèvres tout le monde nous donnait du pain et du vin en criant Vive les Parisiens ! En arrivant, nous avons formé le bivouac. Le lendemain au matin nous devions attaquer à 4 heures du matin mais il est venu le contrordre. L’on nous a dit qu’il fallait que nous nous en retournions pour Paris et nous avons été cherché les voitures de la couronne. En arrivant à Versailles illisible un homme est tombé de la voiture. En voulant le retenir le chien de son fusil m’a enlevé le dessus du pouce. Arrivant à Paris, j’avais la main entortillée. J’ai parlé à M. le général Lafayette, qui m’a demandé ce que j’avais à la main. Je lui expliquais ce que j’avais. Il m’a dit que je lui envoie mon nom par écrit. Je lui ai envoyé une pétition où je lui ai marqué ma position, trois enfants en bas âge et ma femme infirme pour la vie d’un ulcère à la jambe droite et qui marche avec des béquilles et est toujours malade. Je lui ai envoyé le certificat dans la pétition, le 6 août. Le certificat a été fait par M. Poste à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Je continuais jusqu’à la fin de la garde mobile. » La deuxième relation était sans doute un rapport écrit à la Commission et sous son inspiration (le style et l’orthographe ne sont pas de Chatelain) ; elle était ainsi rédigée : « Le mardi à 10 heures du matin nous nous réunîmes au bas de la place Maubert près du marché et nous nous dirigeâmes vers le Palais-Royal. On commençait à fermer les boutiques mais cependant l’on ne se battait encore. De là, nous allâmes au vieux Louvre. Il y avait des rassemblements qui s’augmentaient à chaque instant. Nous continuâmes notre route sur le Pont-Neuf et je rentrais chez moi à 7 heures du soir après avoir employé la journée à parcourir les rues de Paris. 28. Le lendemain je partis avec une trentaine d’individus. Nous allâmes à l’Ecole polytechnique. Sur notre trajet on cassait les lanternes. Les élèves ouvrirent la grande porte vis-à-vis de la fontaine et nous engagèrent à nous armer. Ils avaient vu le général Lafayette à 4 heures du matin et ils n’attendaient que ses ordres pour marcher avec nous. De là nous fûmes au corps de garde des pompiers de la (manque un mot) qui nous remirent sans difficulté leurs armes. Nous revînmes alors sur nos pas nous parcourûmes les rues adjacentes et nous arrivâmes au poste de la place Maubert. Dans la crainte qu’ils ne tirassent sur nous désarmés, ceux qui étaient armés se tinrent à quelques pas de là pour ne pas les inquiéter. Nous nous glissâmes près de la porte et lorsque le brigadier occupé à répondre à l’un de nous fit le mouvement d’armer son fusil, on se précipita sur lui et le mouvement décida la prise du poste. Nos prîmes tout leur fourniment et nous nous dirigeâmes vers la ville. Arrivés à la rue Saint-Séverin le marchand de drap qui fait face à la rue Saint-Séverin ne remit trois morceaux d’étoffe pour en faire un drapeau tricolore. Nous longeâmes la rue Saint-Jacques, les deux ponts, le quai Pelletier et nous prîmes le poste de l’hôtel de ville, où flottait déjà le drapeau tricolore. Il était à peu près midi. On montait la garde. Nous y laissâmes quelques hommes pour le garder et nous allâmes à la halle. Nous fîmes le tour du marché dans le but de recruter du monde et nous revînmes à l’hôtel par la rue Saint-Martin à 1 heure. Nous mîmes en bataille sur la place, ceux qui avaient des armes en avant. Les Suisses arrivèrent alors du quai aux Fleurs et traversèrent le pont d’Arcole. Avant d’y arriver ils firent feu quarre fois sur nous. Lorsqu’ils furent au milieu du pont, ils firent encore quelques décharges. Ils étaient environ 250. Au bout du pont, ils recommencèrent.. Au même instant, les cuirassiers arrivèrent par le quai de Gesvres situé derrière l’hôtel de ville. J’étais au poste de la ville lorsque les Suisses, les cuirassiers et les lanciers se présentèrent. Nous nous réfugiâmes dans le poste du fond. Le cachot illisible une porte communique dans les deux et ils s’emparèrent de celui que nous venions de quitter pour leur échapper. Nous restâmes dans ce cachot jusqu’à 5 heures, plus un mort. Nous nous tenions cois de peur d’être surpris. Mais le hasard voulut que vers les 3 heures, deux tambours de la ligne qui avait été blessés par des pavés jetés sur leur tête ouvrirent la porte de communication et entrèrent où nous étions, pensant s’y trouvait seuls. Nous ayant aperçus, ils nous demandèrent ce que nous faisions là (le document n’a pas de suite et ne semble pas incomplet, N.D.A.). » La troisième était un rapport de la mairie, et ainsi établi : « Coopéra le 28 au désarmement du poste de la place Maubert et du poste du pont de l’Hôtel-Dieu. Ce même jour, après avoir courageusement combattu sur la place de Grève, il fut refoulé jusque dans la seconde pièce du corps de garde par les Suisses, qui vinrent s’établir dans la première. Prisonnier des Suisses sans que ceux-là s’en fussent aperçu, il resta dans cet état jusqu’à ce que le hasard le fit découvrir. On le conduisit alors auprès de l’officier commandant, qui le retint auprès de lui jusqu’au moment de l’évacuation. Il sortit de là le lendemain 29 à 4 heures du matin. Ce même jour, il prit une part très active aux combats du Louvre et des Tuileries. Il est allé à Rambouillet. » Un autre rapport dressé pour la Commission reprenait les mêmes informations. Chatelain reçut un total de cent cinquante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 5 janvier 1831, ne contient pas de faits nouveaux autres que ceux déjà rapportés. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 5 janvier 1831, à sept voix pour la croix, une voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il apostilla la demande de Langlumé, Charles, Quentin, Joseph, présentée en 1832, afin d’obtenir la décoration de Juillet. Il signa, le 3 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Cartron, André, Marie, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants de la rue Bourg-Labbé : « Nous, soussignés, certifions à qui appartiendra que le sieur André, Marie Carteron (sic), imprimeur, demeurant à Paris, impasse Clopin n° 10, près l’Ecole polytechnique, a combattu avec nous dans les journées de Juillet, rue Saint-Honoré, où il a été fait prisonnier par le 3e régiment de la garde royale. Parvenu à s’échapper, il a combattu au Louvre et rue de Rohan. Ce que nous affirmons sur l’honneur. » Il signa (il signe bien Chatelin), le 9 décembre 1831, le certificat suivant en faveur de Lacour, Jean-Pierre, Paul, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, décorés de Juillet, certifions avoir vu le nommé Lacour combattre à la Grève et au Louvre et aux Tuileries et s’est montré bon citoyen et qu’il a quitté sa maison, sa femme et ses enfants pour voler au secours de ses frères qui combattaient pour la liberté et leur pays. En outre, depuis le sieur Lacour s’est toujours montré un bon citoyen, ayant toujours fait le service militaire [lire le service de la garde nationale, N.D.A.] jusqu’à ce jour. » Il signa (il signe bien Chatelain), le 21 août 1831, le certificat suivant en faveur de Lucas, Jean, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je, soussigné, certifie le nommé Lucas s’est distingué dans les journées de Juillet 27, 28, 29 et 30, a paru dans plusieurs affaires qui ont eu lieu dans ces journées mémorables et qu’il a fait partie du détachement du (ancien) XIIe arrondissement qui partait pour Rambouillet, commandé par le capitaine Chertier et le lieutenant Porte. » Sachant bien lire et écrire, il fut proposé pour un emploi de sergent de ville ou de caporal dans la garde municipale. Il signa (il signe bien Chatelin), le 23 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Pralon, François, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je, soussigné, certifie que le nommé François Pralon s’est montré dans les mémorables journées des 27, 28, 29, 30 et 31 et qu’il s’est battu pour la bonne cause à l’Hôtel de ville, le Louvre, les Tuileries et le Palais-Royal. » Il signa (il signe bien Chatelin), le 12 décembre 1831, le certificat suivant en faveur de Repiquet, Claude, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que M. Claude Repiquet, tisserand, demeurant à Paris, rue d’Arras n° 27 et ancien sergent-major, s’est comporté durant les journées des 28, 29 et 30 juillet 1830 comme un brave et loyal citoyen, qu’il a aidé à désarmer les postes de gendarmerie de la rue des Fossés-Saint-Bernard, du pont aux Tripes (sic) et des Gobelins ; qu’il est venu à la Grève prêter main-forte aux patriotes qui se battaient contre les Suisses ; que de là, il s’est rendu à la caserne de Babylone, sous les ordres d’un jeune élève de l’Ecole polytechnique monté sur un cheval gris pommelé ; qu’il a donné l’idée d’allumer de la paille pour faire déguerpir les Suisses qui soutenaient l’assaut et a exécuté ce de même ; enfin qu’il a fait partie des patriotes qui sont allés à Rambouillet, d’où il a ramené les voitures de la cour. » Il déposa (sous le nom de Chatelin, Barthélemy), sans qu’on sache la raison ou la nature de sa demande un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] XIIe arrondissement). Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions à qui appartiendra que le sieur Chatelin, Barthélemy, né à Mitry (Seine-et-Marne), le 20 février 1795, a été blessé à la poitrine à la défense de l’Hôtel de ville et au pouce de la main gauche, en désarmant un capitaine suisse à Rambouillet [ce qui n’est a priori pas exact, N.D.A.], ce qui est à notre connaissance et que nous affirmons sur l’honneur. » Signé : Pandellé (voir Pandellé, Joseph), demeurant 31, rue Saint-Jacques ; Carteron aîné, demeurant 21, rue Traversine ; Périer (voir Périer, Jean, André, Napoléon), demeurant rue du Faubourg-Saint-Jacques ; Carteron (voir plus haut), demeurant 20, impasse Clopin ; André, demeurant 79 ; Ra... illisible (voir (voir Rabaud, Charles, Lazard)), décoré, demeurant 21, rue d’Arras ; Ansere, décoré, demeurant 21, rue d’Arras (nom à retrouver) ; Tautin, décoré, (voir Tautin, Charles, Jean), demeurant 40, rue Traversine ; Laporte (voir Laporte, Pierre, Marie), demeurant 98, rue de Lourcine ; Pelletier, décoré (nom à retrouver), demeurant 37, rue de Lourcine ; Chertier (voir Chertier, Vivant, ou Vivan-Chertier ?), commandant, demeurant rue des Deux-... Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le nommé Chatelin (sic) du 27, 28, 29 et 30 juillet a paru dans toutes les affaires qui ont eu lieu à Paris ainsi qu’à Rambouillet. » Signé, le 27 août 1830 : Corne, propriétaire ; Rollepot, propriétaire ; Halare, demeurant 18, rue de Versailles ; Martin, propriétaire, demeurant 34, rue Traversine ; Nicolas, François, demeurant 26, rue Traversine. Il signa (bien sous le nom de Chatelin), le 28 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Martin, François, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous certifions que le nommé François Martin s’est montré dans les mémorables journées de juillet, les 27, 28, 29, 30 et 31 et qu’il s’est battu pour la bonne cause à l’Hôtel de ville, le Louvre, les Tuileries et Palais-Royal. » Il signa (bien sous le nom de Chatelin), le 3 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Perrier, Julien, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions à qui il appartiendra que le sieur Julien Perrier, imprimeur, demeurant à Paris, rue du Faubourg-Saint-Jacques n° 10, a combattu avec nous à l’Hôtel de ville et au Louvre et qu’il a fortement contribué à faire rentrer dans l’ordre les prisonniers de l’hôpital du Val-de-Grâce, qui étaient déjà parvenus à désarmer un homme du poste. » Il signa, le 8 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Tholen, Antoine et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Tholen, Antoine, natif de Paris, a combattu avec nous pendant les journées du 28 et 29 juillet 1830 et qu’il s’est comporté en vrai patriote, tant au pont d’Arcole où il a reçu un coup de sabre qu’au Louvre où il a eu le bras fracassé. » Il signa le certificat suivant en faveur de Tholen, Jean et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous certifions que le nommé Tholen était le 28 à l’attaque de l’Hôtel de ville et le 29 au Louvre. » Il signa (bien sous le nom de Chatelin), le 22 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Vandershelden, Léonard, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous certifions que le nommé Léon Vanderschelden, ouvrier tisserand, s’est montré dans les journées des 27, 28, 29 et 30 juillet, dans toutes les affaires qui ont eu lieu à Paris, ainsi qu’à Rambouillet et qu’il a combattu pendant ces journées pour la bonne cause. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Son dossier est aux secours à divers titres. A la fin de l’année 1835, à l’occasion du jour de l’an, il fit partie, avec Tavernier, d’une délégation de décorés et blessés du (ancien) XIIe arrondissement, qui adressèrent le discours suivant au roi : « Sire, Après l’horrible attentat qui a épouvanté la France et qui a failli enlever à la patrie un bon père et le meilleur des rois, Votre Majesté concevra quelle joie, quelle satisfaction et surtout quelle vive émotion nous éprouvons lorsque, à l’occasion de cette nouvelle année, nous nous présentons devant le monarque qu’a visiblement protégé une main divine. Quelles actions de grâce n’avons-nous pas rendues au Dieu qui protège la France et qui n’a pas permis que le crime d’une horde d’assassins eût son entière exécution. Combien alors ne nous sommes-nous pas heureux (sic), Sire, nous, fidèles soutiens d’un trône dont l’élévation fut notre ouvrage, d’offrir, en ce jour, à Votre Majesté, l’hommage de notre sincère dévouement à ce trône où vous a placé la volonté nationale. Daignez aussi agréer, Sire, l’hommage des vœux que nous formons pour le bonheur et la prospérité de Votre Majesté, de notre auguste Reine et de son intéressante famille. Si vous daignez accueillir ce respectueux hommage, alors il ne nous manquera plus rien pour être parfaitement heureux nous-mêmes. » Il reçut un secours de quarante francs en 1850, un secours de cinquante francs et un autre de soixante-quinze francs en 1851, en 1852 et en 1853, à titre de décoré de la Croix de Juillet. Il demeurait 21, rue Traversière en 1830-1831 (mais 21, rue Traversine deux fois in Archives de Paris VK3 33, in Archives de Paris VK3 34, in Archives de Paris VK3 33, in Archives de Paris, VD6 672 n° 1, in Archives de Paris VK3 42 dans l’exposé qu’il signe, in Archives de la préfecture de police AA 376 in dossier Cartron, André, Marie dans le certificat qu’il signe, et aussi dans son dossier Archives de la préfecture de police AA 378, aussi dans le certificat qu’il signe in Archives de la préfecture de police AA 407 in dossier Perrier, Julien) ; 40, rue d’Orléans en 1833 ; 31, rue d’Orléans-Saint-Marcel en 1835-1836 ; 6, rue Neuve-Saint-Médard en 1849-1850 ; 56, rue Mouffetard en 1851-1853. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 5 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), idem Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, propositions honorifiques du 20 janvier 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 42 ; Archives de Paris VK3 54 in dossier Vandershelden, Léonard ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/49 ; Archives nationales F/1dIII/61 in dossier Langlumé, Charles, Quentin, Joseph ; Archives nationales AB XIX 15 papiers des Tuileries, décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 79 (sous le nom de Chatelain, Pierre, Barthélemy), idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99, idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163 (sous le nom de Chatelain, Barthélemy), idem, Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204 (sous le nom de Chatelain, Barthélemy), idem Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852 (sous le nom de Chatelain, Barthélemy), idem Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852, idem Proposition d’accorder à trente-six décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 1.620 francs, minutes 278-279, en date du 7 mars 1853 (sous le nom de Chatelain, Barthélemy, Pierre) ; Archives de la préfecture de police AA 376 in dossier Cartron, André, Marie ; Archives de la préfecture de police AA 378 (sous le nom de Chatelin, Barthélemy) ; Archives de la préfecture de police AA 396 in dossier Lacour, Jean-Pierre, Paul ; Archives de la préfecture de police AA 399 in dossier Lucas, Jean ; Archives de la préfecture de police AA 401 in dossier Martin, François ; Archives de la préfecture de police AA 407 in dossier Perrier, Julien ; Archives de la préfecture de police AA 409 in dossier Pralon, François ; Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier Repiquet, Claude ; Archives de la préfecture de police AA 415 in dossier Tholen, Antoine et dossier Tholen, Jean ; Archives de la préfecture de police AA 416 in dossier Vandershelden, Léonard. Voir sans doute Châtelain, Barthélemy, même arrondissement ?