Châtelain, Edouard jeune

Biographie


Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ve arrondissement), adressant, le 5 juillet 1831, la lettre suivante : « Monsieur le président, le nommé Châtelain, après avoir pris connaissance de toutes vos brillantes séances, présidées avec l’énergie d’un cœur français, qui réclame contre les industries qui ont été faites à des frères d’armes des brillantes journées de Juillet. D’après la demande que vous faites des pièces à conviction, il me serait difficile de vous les donner, vu qu’elles sont la Commission, à laquelle j’ai remis mes originaux. Ne pouvant les ravoir, je m’adresse à votre bienveillance pour me donner les moyens d’obtenir cette restitution. Je ne puis donc, en attendant, que détailler à votre commission mes actions et mon dévouement au patriotisme, qui n’est qu’un devoir envers son pays, dans toutes les circonstances où il réclame l’appui de ses enfants. Je dois donc vous établir ces faits pour que vous n’ayez aucun doute sur la vérité de ce que j’ai avancé […]. » Il joignait à sa demande le détaillé suivant de sa conduite : « Faits des journées de juillet 1830 de Denis, Edme Chatelain (sic) jeune, demeurant alors boulevard Saint-Martin n° 57, maison Mabille. Dans la matinée du 28 juillet, ne possédant aucune arme, je fis demander le fourniment de M. Désaché, épicier du carré Saint-Martin. Muni de cet habit national et d’un nombre de cartouches qui m’ont été données par nombre de personnes, je me suis rendu à la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Nous avons formé un peloton et nous nous sommes portés sur le 53e, qui était au château d’eau. Ils nous ont salués par quelques feux de peloton. Nous répondîmes en tirailleur, en nous embusquant à divers postions. Un ouvrier a été tué dans ce moment. Il fut transporté dans la maison de M. Bricon, boulevard Saint-Martin n° 55. Le feu cessa et nous nous rendîmes à la mairie. La garde royale vint charger sur le boulevard Saint-Martin. Nous nous portâmes en tirailleurs et, là, nous avons soutenu le feu pendant quelque temps, dispersés de part et d’autre. Plusieurs personnes vinrent nous dire que la Ville (lire l’Hôtel de ville, N.D.A.) était en danger. Le canon grondait. Plusieurs personnes me suivirent pour se rendre à la Ville. Au moment où la garde royale rechargeait sur nous, nous fûmes forcés d’abandonner le poste. Je me portais rue Saint-Antoine, où je me rendis à la neuvième mairie. Là, je trouvais beaucoup de monde, qui comme moi sortait de la Ville. Le poste était tenu par M. Chevalier, ancien colonel de la garde nationale. Je me suis présenté près de lui, lui ai donné mon nom et des renseignements sur ce qui venait de se passer. Nous formâmes divers détachements. Nous chargeâmes sur les cuirassiers et la ligne qui allait rejoindre la porte Saint-Antoine. Nous nous sommes mis en tirailleurs au port au blé pendant plus d’une heure. Les voitures qui étaient sur la pente nous donnaient la facilité de tirer sur la place de Grève et sur le pont d’Arcole et de nous garantir des deux de peloton qui se succédaient. On vint nous avertir qu’un bataillon de la garde s’avançait. Nous nous réunîmes tous dans la rue Saint-Antoine. Je posais divers postes. Je ne manquais pas de munitions. On avait porté à la mairie des partie du manuscrit brûlée un homme d’un certain âge vint partie du manuscrit brûlée n° 43, jetais dans l’appartement de M. Letenefer illisible, qui peut donner tous les renseignements et les personnes qui composent la maison de ma conduite dans cette affaire. Là, de toute part, des feux nourris et une grêle de tuiles forcèrent les gardes à se réfugier de toute part dans les allées. Plusieurs se réfugièrent dans l’allée du marchand de couleurs et reçurent une décharge du poste où j’étais. Le calme se rétablit et plusieurs individus, qui avaient vu entrer ces gardes dans l’allée, voulaient les tuer. Ils avaient mis bas les armes. Je me suis précipité devant et les ai sauvés. J’ai l’avantage d’en pouvoir nommer un qui peut attester ce fait, qui est sergent-major dans la garde municipale et nouvellement décoré de la légion d’honneur (M. Marquet). Après cette affaire, tout devint calme. Je demandais la permission à M. Chevalier, qui avait toujours resté à donner des soins aux blessés. Je citerais M. Cardon et deux dames, ils ne cessèrent de donner des preuves d’humanité (j’ai tiré un certificat de M. Chevalier, attesté de diverses personnes). Je me retirais pour rejoindre la (ancienne) sixième mairie, où je croyais trouver un poste de gardes nationaux et des autorités. Mon attente fut trompée. Je ne trouvais que six pompiers. Le caporal me fit l’offre de rester avec eux, ce que je fis avec plaisir. Sur les 11 heures, nous entendîmes un bruit confus. J’offre à la sentinelle de prendre son poste. Il me l’a refusé. Soixante à quatre-vingts personnes descendant de la barrière Saint-Martin, étant dans un état d’ivresse, nous assaillirent dans le corps de garde. La sentinelle a été désarmée, les armes sont sur nos poitrines et la mort seule nous paraît inévitable. Une idée me porte, j’écarte la foule et monte sur le lit de camp, où sept cadavres sont foulés sous mes yeux ; j’harangue ces malheureux, que l’ivresse fait méconnaître leurs frères d’armes. Je leur montre cet habit qui a toujours fait l’honneur de la nation. Je leur dis que les pompiers s’étaient toujours fait remarquer par leur conduite pour les reconnaître dans le nombre des défenseurs de la liberté. Cette harangue fit son effet. Quelques mutins s’écrient de prendre les armes. Les pompiers ne forment aucune résistance. Moi, je me précipite sur mon fusil. Je leur crie La mort ou mon arme ! Je me débats pour cette cause. J’ai la gloire de presser mon fusil sur mon cœur. Tout, après, se calme et cette troupe s’est dispersée. J’ai tiré un certificat, attesté des six pompiers, du capitaine de service et du colonel. Journée du 29 juillet 1830. Au matin, je me consultais avec les voisins de la rue partie du manuscrit brûlée la tête et trois barricades en moins de quatre heures furent terminées. On fit un appel pour se rendre à la mairie. On forma divers postes et je fus de celui du château d’eau. Nous restâmes trois heures de garde, ce qui m’a empêché de prendre part à l’affaire du Louvre. Je me suis rendu à l’invitation de la réunion aux Champs-Elysées, où nous partîmes pour Rambouillet, avec tout le désir de faire voir que les cœurs français s’agrandissaient chaque jour. Sur l’invitation de diverses personnes, je fis une demande accompagnée de mes deux certificats. Je la portais le 9 septembre à l’Hôtel de ville. Depuis ce temps, je n’en n’ai eu aucune nouvelle. J’étais alors bien loin de croire que les récompenses nationales seraient à la portée de l’intrigue ou à des moyens de soumission qui ne plaisent aucunement au cœur français. Sur les faits que j’annonce, je croirais me déshonorer que d’avancer de la fourberie ou de l’imposture. Je puis donner les noms des personnes qui ont été spectateurs de l’un ou l’autre fait. Nom des personnes : MM. Désaché, épicier, carré Saint-Martin ; Boulet, marchand de vin, carré Saint-Martin ; Girardin, limonadier, carré Saint-Martin ; Ravault, traiteur, carré Saint-Martin ; Lanty, limonadier, carré Saint-Martin ; toutes les personnes qui entourent le numéro 60 de la rue Meslay ; Campagne (voir Campagne, Pierre, François ?), limonadier au boulevard Saint-Denis près la porte Saint-Martin ; Marie, fruitier-oranger au théâtre Saint-Martin ; toutes les personnes du boulevard Saint-Martin, depuis le numéro 41 jusqu’au numéro 61 ; Défieux illisible, restaurateur, boulevard du Temple ; Delange, boucher, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Bornet, demeurant 156, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Barbaut, demeurant 3, rue des Postes ; Marquet, sergent-major à la caserne de la garde municipale, faubourg Saint-Martin ; pompier Chidelle illisible partie du manuscrit brûlée ; Larrivé, 27, rue Neuve-Saint-Eustache ; toute la maison du numéro 43, rue Saint-Antoine ; le notaire Chevalier, qui m’a délivré le certificat rue Saint-Paul ; Brassine, 12, petite rue Saint-Pierre, derrière le château d’eau ; Poulin, 46, rue Vieille-du-Temple ; Thévenon, 20, rue Saint-Sauveur ; Désiré, 18, rue de la Grande-Truanderie ; d’Assonville, 20, rue Pavé-Saint-Sauveur ; Picque, limonadier, rue Saint-Honoré au coin de la rue du Rempart ; Maurice, 5, rue Bailleul ; et d’autres dont je ne me souviens pas. » Il demeurait 57, bd Saint-Martin en juillet 1830 ; 283, rue Saint-Martin en 1831. Archives de la préfecture de police AA 378.

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