Chatraire, Pierre, Léonard

Biographie


Né le 6 messidor an VII (24 juin 1799) à Paris (ancien) Xe arrondissement. Carreleur. Il fut blessé d’un coup de feu reçu dans la jambe droite, le 29 juillet à la prise de la caserne de Babylone. Il fut amputé et sa sœur reçut pour lui (sous les noms de Chatraire et Chartraire) un secours de cent trente francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Le 2 mai 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Courtois, Jacques, Laurent, carrossier, demeurant 63, rue de Grenelle-Saint-Germain ; Pradan, Louis, Antoine, menuisier en voitures, demeurant 7, rue du Petit-Vaugirard ; Delafaye, Marie, Pascal, sellier, demeurant 44, rue des Vieilles-Tuileries. Ils attestèrent qu’il était à leur connaissance que Chatraire « a été blessé le 29 juillet 1830 en combattant à la prise de Babylone ». Il reçut un secours de trente francs, le 11 février 1831, un secours de trente francs, le 25 février 1831, un secours de cinquante francs (sous le nom de Chartraire), le 11 mars 1831, un secours de trente-quatre francs, le 13 avril 1831, à la mairie du pourtant (ancien) XIIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement (sous le nom de Chatraire, Pierre, Léonard sur les listes de cette mairie, sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Il fut admis, par décision du jury médical de la Commission des récompenses nationales, en date du 10 mars 1831 (sous le nom de Chartraire), dans la 6e classe des blessés et pensionné de sept cents francs (sur la comptabilité de la Commission du [ancien] Xe arrondissement, est indiqué comme ayant reçu six cent vingt-deux francs et cinquante centimes de la Commission de la mairie du [ancien] XIIe arrondissement ; il est effectivement compris sur les listes du (ancien) XIIe arrondissement). Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Sa médaille lui fut délivrée le 23 juin 1831 et son brevet le 16 août de la même année (ne sachant signer, deux témoins signèrent à sa place, sous son nom de Chatraire). Son uniforme de garde national lui fut fourni gratuitement. Il comparut, le 3 mai 1831, devant le maire du (ancien) Xe arrondissement, et sur son attestation, le maire délivra un certificat comme quoi Noizeux, Charles, Alphonse était « par suite des blessures qu’il a reçues en juillet hors d’état de travailler et est par conséquent réduit à une position nécessiteuse ». Détenu à la maison d’arrêt de La Force, en septembre 1831, il donna procuration à Rosalie Godet, pour toucher en son nom toute somme lui revenant comme blessé de Juillet ; ne sachant pas écrire, il fit une simple croix. En juillet 1833, il reçut, à titre de décoré de Juillet, une gratification de vingt-cinq francs à l’occasion des fêtes nationales pour l’anniversaire de la révolution de Juillet. Son nom est sur une liste de décorés (trois devaient être choisis, en plus de trois orphelins, pour chacun des quatorze arrondissements) qui désiraient participer à la cérémonie funèbre à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois le 28 juillet 1840, à l’occasion de la translation des corps des victimes dans le caveau de la colonne de Juillet, place de la Bastille. En 1840, la préfecture de police, suite à une demande de secours qu’il formula, donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Marié, a perdu une jambe à l’attaque du Louvre (sic). Ne peut travailler. Sa femme est blanchisseuse. Il jouit d’une pension de cinq cents francs, dont le brevet est engagé pour trois cents francs. On croit que néanmoins il touche cette pension au moyen d’un duplicata de ce brevet. Sa situation est malheureuse. Il a une assez bonne conduite et ne s’occupe pas de politique. » Il épousa, le 17 janvier 1842 à Paris, Vasseur, Marie, Anne, dont il avait eu ou aura trois enfants : Fortuné, Marie, né le 12 juin 1840 à Paris ; Pierre, Marie, né le 14 mars 1843 à Paris ; Arsène, Louise, née le 16 septembre 1846 à Paris. En 1843, il sollicita un secours à cause de la « malheureuse position » dans laquelle il se trouvait. En 1848, père de famille de trois enfants en bas âge, il sollicita un secours auprès de la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de février. Sa demande fut rejetée. Il mourut le 2 avril 1859. Sa veuve, ayant encore deux enfants en apprentissage, sollicita un secours. A cette occasion, la préfecture de police donna sur son compte les renseignements suivants : « Mme veuve Charterre (sic) habite depuis vingt-trois ans une chambre garnie, au prix de quarante centimes par jour, rue Traversine n° 41. Elle est veuve depuis le 2 avril dernier. Elle a deux enfants qui habitent avec elle, un jeune garçon de seize ans, qui est employé chez un marchand de pommes de terre frites, gagnant dix francs par mois, et une jeune fille, âgée de douze ans, qui est dévideuse de soie, elle gagne quatre-vingts centimes par jour. La veuve Charterre (resic) a été pendant un mois à l’hôpital de La Pitié, des suites d’une chute qu’elle a faite en descendant son escalier. Elle a eu une fracture à la hanche droite. Elle est sortie de La Pitié depuis quinze jours. La veuve Charterre (resic) ne fait rien. Elle n’a aucun moyen d’existence. Elle passe dans son quartier pour être dans une position malheureuse. On attribue cela au peu d’ordre que cette femme avait pendant que son mari vivait, qui exerçait la position de carreleur. La veuve Charterre (resic) a une bonne réputation sous tous les rapports. Elle est âgée de quarante-cinq ans. » Elle obtint un secours de cinquante francs. Elle obtint un secours de cinquante francs. En 1860, infirme à cause de la faiblesse de sa vue, ses enfants souffrant de la faim et d’un hiver rigoureux, elle sollicita un secours et obtint deux secours de cinquante francs, puis les mêmes sommes en 1861. En 1862, son fils, était atteint de la poitrine depuis plusieurs années, elle-même ne pouvant suffire aux besoins de sa famille, elle sollicitait un secours et obtint un secours de cinquante francs, puis deux secours de cinquante francs en 1863. En 1864, son fils était mort de sa maladie de la poitrine (sans qu’on sache lequel était-ce, les âges étant trop imprécis pour permettre l’identification) et elle était dans une misère affreuse, ne sachant plus quoi devenir. En 1864, la préfecture de police donnait comme renseignements sur son compte qu’elle était chiffonnière, gagnait un franc vingt-cinq par jour et relevait de maladie. Elle reçut deux secours semestriels de cinquante francs en 1864. En 1865, « dans une grande misère, sans ouvrage, dénuée de tout, arriérée de loyer », elle sollicitait un secours et reçut deux secours semestriels de cinquante francs. En 1866, « dans une situation bien pénible » et ne pouvant gagner sa vie, elle sollicitait un secours et reçut un secours de cinquante francs. En 1867, elle avait à sa charge les deux enfants de sa fille, qui, « bien malade », se trouvait à l’hospice, était arriérée de loyer et « dans la peine ». Elle reçut, cette année-là, deux secours semestriels de cinquante francs. Sa fille mourut en 1868, la laissant avec deux enfants en bas âge et dans une « situation affreuse ». Elle reçut deux secours semestriels de cinquante francs en 1868, deux secours semestriels de cinquante francs en 1869 et deux secours semestriels de cinquante francs en 1870. Chatraire demeurait 44, rue des Vieilles-Tuileries en 1830-1831 ; 22, rue de l’Arbalète (mais 22, rue de l’Arbalète et 23, rue de l’Arbalète in Archives de Paris VK3 35 ; 22, rue de l’Arbalète in Archives de Paris VK3 22) en mars 1831 ; 44, rue des Vieilles-Tuileries en 1833 ; 86, rue du Cherche-Midi en 1837 ; 8, rue Saint-Placide en 1840 ; 12, rue Traversine à la Montagne-Sainte-Geneviève, chez Mme Chabanne, en 1840-1848 ; 41, rue Traversine en 1859 (et pourtant le rapport de police cité plus haut dit « depuis vingt-trois ans ») ; sa veuve, 41, rue Traversine, chez Mme Fresquais, à la place Maubert en 1860-1864 ; 8, rue des Lyonnais en 1865-1868 ; 8, rue Neuve-Saint-Médard en 1868-1870. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Xe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 109 (sous le nom de Chatrerre, Pierre, Léonard) ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 28 ; Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, 1833, (ancien) Xe arrondissement municipal, état d’émargement de la somme de vingt-cinq francs accordée à des décorés du (ancien) Xe arrondissement de Paris à l’occasion des fêtes nationales de juillet 1833, 1840, 10e anniversaire, exhumation des victimes de Juillet et service funèbre ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des médaillés du [ancien] Xe arrondissement) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, dossiers individuels (sous le nom de Chartere, Pierre, Eléonard) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des blessés (6e classe) dont les bulletins individuels ont été remis le 10 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem Etat des sommes payées aux blessés, veuves, ascendants et orphelins de juillet 1830, du 1er juin au 30 août 1831 ; Archives de Paris VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 35, liste des décorés des 27, 28 et 29 juillet, qui ont été habillés en exécution de l’arrêté de M. le préfet de la Seine (où il s’agit pourtant d’une liste de décorés du [ancien] XIIe arrondissement), idem une liste Blessés de Juillet hommes habillés (où il s’agit toujours d’une liste de décorés du [ancien] XIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension (sous le nom de Chatrerre, Pierre, Léonard) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/49 ; Archives nationales F/1dIII/69 in dossier Noizeux, Charles, Alphonse ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, blessés de 6e classe (sous le nom de Chatrerre, Pierre, Léonard) ; Archives nationales F/15/3782 secours à divers titres ; Archives de la préfecture de police AA 378.

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