Chaudesaigues, Jean

Biographie


Né le 17 février 1797 (mais le 17 février 1796 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives de Paris VK3 34 ; en 1794 in Archives de la préfecture de police AA 378) à Paris. Ancien militaire ayant participé aux campagnes de 1812, 1813, 1814, à la bataille de Waterloo, devenu mécanicien ou ouvrier serrurier en voitures. Il est répertorié (sous le numéro 912 et le nom de Chaudessaigne) dans la liste des demandes de récompenses honorifiques posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 6 avril 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28, a soigné des blessés. A eu une carabine et fut place de la Bourse, sous le commandement du général Dubourg ; a combattu rue Saint-Honoré, rue de Rohan, Saint-Nicaise ; a enfoncé une grille du Palais-Royal, a sauvé la vie à deux Suisses puis à trois autres rue Saint-Nicaise n° 8, au troisième étage et en a tué un. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 14 avril 1831, à une voix pour la croix, huit voix pour la médaille et deux voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Chaudesaix, Jean sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et sur celles de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Il signa (il semble signer Chaudesaygues), le 8 août 1831, le certificat suivant en faveur de Levatois, Charles, Joseph, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, décorés de la Croix de Juillet, certifions qu’il est à notre connaissance que le sieur Levatois, Charles, Joseph, imprimeur, est parti de l’imprimerie de M. de Courchant, où il était occupé le 27 juillet, pour se rendre au Palais-Royal ; que le lendemain il a combattu à l’Hôtel de ville ; que le 29 il est parti de la place de l’Odéon pour aller à la caserne de Babylone, où il est resté jusqu’à la reddition de cet endroit. Nous attestons en outre qu’il n’a point participé aux secours qui ont été délivrés aux combattants et qu’il est dans une situation à recevoir les bienfaits accordés par la Commission des récompenses nationales. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Chaudesais, Jean), auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1835, père de quatre enfants et réduit à une position critique, il sollicita des secours et reçut soixante-quinze francs en 1836. La police notait sur son compte en 1837 : « Je n’ai que des renseignements favorables. […] N’a d’autres ressources que le produit de ses journées de travail comme ouvrier mécanicien chez le sieur Roger, place du Panthéon. Il a été longtemps sans ouvrage et est dans une positon réellement malheureuse. Il est notoire qu’il a combattu en juillet 1830, au Louvre, à la place de l’Hôtel de Ville et à la caserne de la rue de Babylone. Sa conduite est fort régulière. C’est un homme dévoué au gouvernement. Il fait avec le plus grand zèle le service de la garde nationale. […] Il est habillé aux frais de cette légion […]. » Il reçut un secours de cent francs en 1837. En 1839, sa femme sur le point d’accoucher, il fit une nouvelle demande : « […] La position critique dans laquelle il est plongé, par suite de longues maladies dont il est sujet chaque année et la charge d’une aussi nombreuse famille, le força à donner sa démission comme garde national [il était caporal à la 3e compagnie du 2e bataillon de la XIIe légion, N.D.A.] et ayant fait le service avec la plus grande exactitude depuis la formation, malgré qu’il était porteur d’un simple livret d’ouvrier, travaillant chez son capitaine M. Noyer depuis plus de neuf années […]. » Il reçut cinquante francs en 1839. Il signa, le 15 mars 1839, le certificat suivant en faveur de Maugé, Henri, Stéphane : « Je certifie que le sieur Maugé, Henri, Stéphane a combattu en 1830, depuis le 27 juillet jusqu’au 3 août, et qu’il s’est comporté en brave citoyen à l’Hôtel de ville, au Louvre, aux Tuileries, à Saint-Cloud et à Rambouillet et que partout il a déployé la plus grande intrépidité et le plus grand courage, ce que je puis assurer sur l’honneur comme décoré de Juillet. » En 1841, la police renseignait de nouveau à son sujet : […] Très bons renseignements. On le dit au-dessus du besoin. » Il reçut vingt-cinq francs de secours en 1841 et soixante-cinq francs en 1842. En 1843, il sollicita de nouveau des secours : « […] Atteint malheureusement de maladie mentale depuis plusieurs années, qui ne lui permet pas de gagner sa vie, […], à sa charge deux enfants dont l’un est affligé d’imbécillité […], son épouse d’une faible santé ; toujours en arriéré pour son loyer et envers son boulanger […] ». Il toucha vingt-cinq francs en 1843 et en 1844, quarante francs en 1845. En 1846, la police notait : « […] A été signalé il y a quelque temps comme un républicain très dangereux. Le résultat de la surveillance dont cet individu a été l’objet a démontré que, bien que professant des opinions démocratiques prononcées, il ne s’occupait pas activement d’intrigues politiques. En juin 1841, on l’a représenté comme au-dessus du besoin. On assure qu’il est actuellement sans ouvrage et que sa position est précaire. Sa conduite privée n’est pas répréhensible dit-on. » Il toucha vingt-cinq francs de secours en 1846, en 1847. Il déposa une demande devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, adressant la lettre suivante à la Commission : « […] A combattu en 1830 et décoré comme tel, le 31 juillet 1831, 1832 sectionnaire aux Droits de l’homme, 1833 inscrit comme suspect sur les registres de la police, 1838 Société des travailleurs égalitaires chef de métier 1re division 2e fabrique sous le nom de l’homme à la grande barbe, 12 mai 1839 affaire Barbès contusion au genou gauche en faisant des barricades, blessé rue Beaubourg d’un coup de sabre dans la poitrine qui m’a mis hors de combat, resté sept semaines caché et traité à mes frais, 1840 et 1841, visite domiciliaire, 1848 23 février réunion pour marcher sur La Force avec mes deux fils Pierre Chaudesaygues (sic) et Louis Chaudesaygues (resic) et plusieurs concitoyens qui n’ont pas quitté les armes tant qu’il y a eu danger, 24 février fait des barricades, arrêté le 7e léger à la barricade de la place Cambrai et désarmé deux soldats, fait le service de sûreté du quartier et des barricades sans désemparer pendant trente-six heures. Voilà citoyens ce que j’ai fait pendant dix-huit ans pour la liberté de mon pays. Si vous me croyez digne de quelque récompense, vous obligerez un travailleur qui n’a vécu que de privations de misère sous le régime de la tyrannie. » Il faisait sa demande, conjointement avec ses deux fils : Louis, né vers 1829, et Jean-Pierre son fils aîné, né vers 1826. Sa lettre était apostillée par : Lombardot, demeurant 8, rue du Four-Saint-Jacques ; Dogemonot, demeurant 12, rue Saint-Hilaire ; Collet, capitaine à la 1re compagnie du 1er bataillon de la XIIe légion de la garde nationale ; ...esnard, lieutenant de la XIIe légion de la garde nationale ; Morez, demeurant 1, rue Saint-Jean-de-Latran (nom et adresse illisibles) ; Jeannin, demeurant 18, rue Saint-Hilaire ; Bun illisible, marchand de vins, demeurant 2, rue du Mont-Saint-Hilaire. Le fils aîné était aussi porteur de deux autres certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le citoyen Chaudesaigues fils aîné s’est rendu le 24 février à mon poste et qu’il faisait partie des douze hommes qui partirent de bonne volonté, à 3 heures du matin, pour renforcer le château des Tuileries sous les ordres du capitaine Amiot. » Signé, le 19 mars 1848 : Lemard illisible, lieutenant de la XIIe légion. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le citoyen Chaudesaigues fils aîné faisait partie de la colonne de trois cents hommes qui était sous mes ordres pour le château et qu’il a arrêté un voleur qui avait pris plusieurs pièces d’argenterie. » Signé, le 19 mars 1848 : Amyot, capitaine des grenadiers de la XIIe légion. Chaudesaigues fut proposé par la Commission pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il reçut un secours quarante francs de secours le 20 juin 1848, avant de participer à l’émeute. Il fut soupçonné d’être le chef de la barricade de la rue des Sept-Voies et traduit devant le conseil de guerre. Pendant sa détention, son épouse sollicita des secours comme « malheureuse mère de famille privée de son mari, arrêté en juin 1848 et détenu maintenant à Doullens […] ». En 1850, elle était « employée comme domestique dans un garni rue du Four-Saint-Jacques, n° 8 où elle loge gratuitement. Sa position ne paraît pas heureuse. Elle jouit d’une bonne réputation », selon la police. En 1851, la police donnait comme renseignement sur Chaudesaigues : « […] Ancien ouvrier serrurier, exerçant présentement la fonction d’homme de peine chez le sieur Breguet, horloger, quai de l’Horloge, 39, où il est occupé depuis cinq ans. Il est marié et père de deux garçons, l’un marié et l’autre âgé de 23 ans qui est idiot et se retrouve à sa charge. Depuis cinq mois, il demeure rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, n° 63, où il a un loyer de cent francs. Il doit cent francs à son ancien propriétaire. Il a pris part avec ses deux fils aux affaires de juin 48 et a été condamné à deux ans de prison par le conseil de guerre. Il gagne environ deux francs par jour ; sa femme est occupée à faire des mèches. Cet individu qui passe pour s’adonner à la boisson est un démocrate exalté assure-t-on. » En 1859, paralysé, ne pouvant plus travailler, il demanda que lui soit versé un secours, le premier depuis ces dix dernières années, pendant lesquelles il n’avait cessé de choir. Il demeurait 20, rue des Carmes de 1830 à 1839, chez M. Noyer chez lequel il travaillait (mais 145, rue Saint-Jacques en 1830-1831 in Archives de Paris VK3 34, in Archives de Paris VD6 682 n° 3 et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39) ; 18, rue du Mont-Saint-Hilaire en 1842-1843 ; 1, rue du Mont-Saint-Hilaire de 1845 à 1849 ; 63, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève en 1851 ; 26, place Dauphine en 1859. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des demandes de récompenses honorifiques ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 14 avril 1831, idem Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 9 avril 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 6 avril 1831 (sous le nom de Chaudesaix) ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants (sous le nom de Chaudesaix, Jean) ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 23 novembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales (sous le nom de Chodsaigne, Jean) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/49 ; Archives nationales F/1dIII/66 in dossier Maugé, Henri, Stéphane ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 79, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, en date du 21 février 1851, minutes 164-166 ; Archives de la préfecture de police AA 378 ; AA 399 in dossier Levatois, Charles, Joseph.

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