Chauvelot, Charles-Philibert

Biographie


Né le 10 avril 1798 à Lisle-sur-Serine (Yonne). Sorti de l’Ecole de droit en 1822, débuta comme avocat au barreau d’Auxerre, avoué à Paris à partir de 1826. Le Constitutionnel témoigna à son sujet : « M. Chevallot [lire Chauvelot selon le rectificatif du lendemain, mais de nouveau Chevallot selon le rectificatif du surlendemain, N.D.A.], grenadier à la IIe légion, a paru le premier en garde national dans le IIe arrondissement, le mercredi 28 à 11 heures du matin, et s’est établi avec un de ses camarades au poste de la mairie. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Dans une lettre adressée à la Commission, il récapitulait ainsi sa participation aux combats : « Expose qu’en voyant de ses fenêtres criblées de balles couler dans la rue le sang de ses concitoyens, victimes de la plus sainte des causes, il n’a pas été le dernier à revêtir l’uniforme de garde national, qu’il sera toujours fier de porter. Dans les glorieuses journées de Juillet, armé d’un fusil de chasse surmonté d’une baïonnette, l’un des premiers au poste de la mairie du IIe arrondissement, il a rallié et formé une colonne de citoyens qui s’est battu dans les rues Neuve-des-Petits-Champs, Saint-Honoré et Traversière-Saint-Honoré. C’est cette colonne qui a débusqué le peloton de la garde royale placé sur un balcon au coin de la rue de l’Echelle, et dont le chef a été tué. L’exposant s’est battu pour l’honneur et l’indépendance de son pays, il demande en récompense le symbole de l’honneur : cette croix que tant de braves ont teinte de leur sang le suivra toujours où l’appellera la patrie en danger. » Dans un autre mémoire, il précisait : « Dans la journée du 28 juillet, M. Chauvelot […] se trouvait entre les feux des détachements de la garde royale, les uns placés sur le balcon de la maison faisant angle des rues Saint-Honoré et de l’Echelle, les autres postés dans la rue des Pyramides. Il remarqua de ses fenêtres criblées de balles que la plupart des fusils dont était armé un groupe de citoyens ne partaient pas à cause des pierres qui étaient usées ; il court en distribuer à une cinquantaine de braves qui essuyaient le feu mortel sans pouvoir riposter. M. Chauvelot a obligé M. Moreau, fournisseurs des chasses de l’ex-dauphin, rue Saint-Honoré, n° 256, à lui livrer toutes les pierres à fusil qu’il pouvait avoir ; il en a obtenu trois à quatre cents, qu’il a distribuées soit la mairie du IIe arrondissement soit dans les rue voisines à tous ceux qui en manquaient. A la faveur de la nuit du 28 au 29 juillet, pour ne point être aperçu en uniforme de garde national par les détachements de la garde royale près desquels il devait passer, M. Chauvelot s’enveloppe d’un manteau et se rend en casquette au poste de la mairie du IIe arrondissement, armé d’un fusil de chasse surmonté d’une baïonnette (Le lendemain, ce fusil fut remis par M. Chauvelot à M. Barthe alors avocat, pour concourir à la défense de nos droits après qu’il venait de les soutenir en référé par les armes de l’éloquence) ; là, il a rallié et formé une colonne de citoyens qui s’est battu dans les rues Neuve-des-Petits-Champs, Saint-Honoré et Traversière-Saint-Honoré. Cette colonne a débusqué le peloton de la garde royale qui était placé sur un balcon au coin de la rue de l’Echelle, et dont le chef a été tué. Faisaient partie de la troupe que dirigeait M. Chauvelot, notamment un nommé Leborne (voir ce nom), soldat du 53e de ligne, en garnison à Paris, et qui, déguisé en bourgeois, s’est vaillamment battu contre le peloton embusqué sur le balcon au coin de la rue de l’Echelle, où il a été gravement blessé, ayant eu le haut de la cuisse traversé d’une balle ; il a de suite été transporté rue des Frondeurs, hôtel de Berlin, où il a été soigné par le docteur Delanglard, et de là à l’ambulance de la rue des Pyramides. Ce brave, un peu après sa blessure et après le premier appareil, voulait rejoindre les combattants, en criant à ceux qui s’y opposaient Vous n’êtes donc pas Français de m’empêcher d’aller au feu quand j’entends encore battre la charge.

La capote et le shako de Leborne ont été déposés chez le docteur Delanglard, rue Saint-Honoré, n° 320. Lorsqu’il a quitté la place Vendôme où se trouvait campé son régiment et où il a laissé son fusil dans les faisceaux formés, il s’est habillé en bourgeois et s’est mis dans nos rangs avec un fusil provenant des citoyens. Leborne, à peine rétabli de sa blessure, a déjà rejoint son régiment à Vincennes, où il a été accueilli par ses camarades et ses chefs avec enthousiasme.

Un jeune homme de grande taille et de bonne mine, dont le costume annonçait la profession de serrurier ou de maréchal ferrant s’est battu également au coin de la rue de l’Echelle avec une intrépidité extraordinaire ; il a voulu dépasser la barricade formée au bout de la rue Traversière-Saint-Honoré, il est tombé percé d’une balle, il a été transporté dans une maison de filles publiques, où il a reçu les premiers soins et de là à l’ambulance de la rue des Pyramides. Le docteur Delanglard s’est montré partout où il y avait du danger, pour soigner nos blessés, c’est par ses soins qu’ils ont été placés dans beaucoup de maisons voisines de la rue de l’Echelle pour ensuite être envoyés soit à la Charité soit à l’hospice Beaujon avant que l’ambulance de la rue des Pyramides fut établie. Les médecins de ces établissements attesteraient les services qu’il a rendus à l’humanité ; on ne pouvait pas au surplus attendre moins d’un chirurgien que M. Chauvelot a appris avoir été, en 1815, de la glorieuse garnison de Vincennes sous les ordres du général Daumesnil. » Selon le docteur Delanglard, qui lui délivra un certificat, Chauvelot fut renversé par un cheval monté par un officier supérieur de la Garde royale et reçut de fortes contusions à la tête, au sacrum et au coude. D’abord porté pour la croix, il ne fut finalement porté que pour la médaille, la Commission donnant les explications suivantes : « La Commission lui a décerné la décoration spéciale dans une de ses premières séances. Cependant M. Chauvelot n’a point combattu bien qu’il fut le 28 et le 29 logé au centre du danger. C’est un homme très dévoué à la cause des libertés publiques, dont les antécédents sous ce rapport sont très favorables mais c’est aussi une communauté de patriotisme beaucoup trop étendue pour qu’elle puisse seule attirer sur celui qui la partage la distinction aussi flatteuse qu’honorable de la décoration spéciale. […] Il est constant que M. Chauvelot ne s’est pas battu et que les services rendus par lui se bornent à des encouragements verbaux et à l’établissement d’un poste de garde nationale dans son arrondissement et à la mairie les 30 et 31 juillet. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il entra au barreau de Paris en 1831, juge de paix suppléant au (ancien) IXe arrondissement de Paris. Il fut l’objet d’une brochure biographique, parue à l’imprimerie de Surcy et ainsi rédigée : « Chauvelot, Charles-Philibert. Avocat à la cour impériale de Paris, ancien juge de paix supplémentaire du IXe arrondissement, administrateur de la Caisse d’épargne de Paris, officier-rapporteur au conseil de discipline du 3e bataillon de la garde nationale. Chauvelot (Charles-Philibert), est né le 10 avril 1798, d’une bonne et honorable famille du département de l’Yonne. Son frère, qui, par le privilège de l’âge, en devint le chef à la mort des père et mère, a exercé pendant trente ans, à Auxerre, les fonctions de notaire avec tous les honneurs que donnent la fortune et la considération publique.

»A l’âge de vingt-quatre ans, au sortir des bancs de l’Ecole de Droit, en 1822, M. Chauvelot, après avoir obtenu tous ses grades avec éloge (c’est-à-dire avec boules blanches), débuta, comme avocat, au barreau d’Auxerre, l’un des plus forts par le talent du ressort de la cour de Paris. Sa première cause fut un premier succès, une sorte de triomphe extra-départemental ; il sauva la tête d’une pauvre jeune femme de Vézelay, qui, délaissée par son amant, fut traduite .en cour d’assises comme incendiaire de la maison de ce dernier, et ce, par suite des seuls indices tirés du propos que voici : “Je le ferai griller comme un rat s’il épouse une autre que moi.”

»En 1826, M. Chauvelot traita d’une charge d’avoué à la cour royale de Paris. Pendant cinq ans seulement, il exerça ces nouvelles fonctions, de façon à se concilier non seulement l’estime des magistrats mais l’amitié vraie de tous ses confrères. Les registres de la chambre de discipline des avoués prouvent en sa faveur une chose assez rare : c’est que jamais sa conduite ne fut l’objet d’une plainte de la part d’un client, ni même d’un simple reproche d’aucun de ses collègues. Or on sait qu’au palais un prétexte suffit d’ordinaire, pour traduire le justiciable devant la chambre de ses pairs.

»Ce fut donc sous les meilleurs auspices que M. Charles Chauvelot entra, il y a vingt-deux ans (1831), dans les rangs du barreau de Paris. Personne n’ignore que, par une sorte de coquetterie, ou plutôt par l’effet, d’une susceptibilité quelquefois fondée, les membres du conseil de l’ordre n’admettent pas facilement au tableau ceux de leurs confrères qui ont antérieurement exercé des fonctions ministérielles. Par une flatteuse exception, on ouvrit affectueusement les bras à M. Charles Chauvelot qui apportait parmi ses nouveaux confrères des mérites dont la réunion n’est pas commune : un grand dévouement à sa profession et les principes d’un homme de bien, alliés à une érudition solide, à un jugement droit et à une élocution distinguée : aussi, lui fallut-il peu d’années pour conquérir une honorable position au barreau de la capitale. Plusieurs des clients considérables de l’étude de l’avoué le suivirent ou revinrent le trouver dans le cabinet de l’avocat, honorable fruit de la haute confiance qu’il leur inspirait.

»M. Chauvelot fut notamment chargé de la défense des intérêts des marchands de bois pour l’approvisionnement de Paris, et ce fut à l’occasion d’un procès plaidé par lui et gagné pour eux, en 1845, que, sur l’invitation officieuse de M. Dupin, alors procureur général à la Cour de cassation, M. Charles Chauvelot publia une Notice historique sur l’invention du flottage des bois en trains, attribuée à Jean Rouvet. Les journaux du temps, et notamment le Moniteur universel (31 août 1845), dans un article signé Bervilie, premier avocat-général, actuellement président de chambre à la Cour impériale de Paris, l’Echo français (4 octobre même année), le National (15 janvier 1846) etc., etc., entretinrent le public de ce petit ouvrage en termes flatteurs pour l’auteur.

»Par délibération prise en assemblée générale du 25 août 1845, le commerce de bois vota des remerciements à M. Charles Chauvelot pour les recherches aussi curieuses que savantes auxquelles il s’était livré dans le but de mettre en relief et de faire connaître l’origine d’un procédé simple en apparence, et dont la postérité oublieuse, quelquefois ingrate, bénéficie, sans se douter même des efforts de génie et des frais énormes qu’il a coûtés, dans Je principe, à celui qui l’a conçu ou exécuté. Une chose qu’il est juste d’ajouter, à propos de la Notice dont il s’agit, c’est que non seulement elle est curieuse et savante, mais qu’elle se distingue par des détails piquants et spirituels, et par un style d’une animation et d’une élégance continuelles.

»M. Charles Chauvelot devint aussi bientôt le conseil du journal le Constitutionnel, conjointement avec M. Barthe, aujourd’hui sénateur et premier président de la Cour des comptes, avec lequel il a constamment entretenu des relations affectueuses.

»Dans le cours de l’exercice de sa profession d’avocat, M, Chauvelot a reçu un témoignage de reconnaissance, d’autant plus flatteur qu’il est rare au temps où nous vivons : Depuis un assez grand nombre d’années, il donnait des conseils à Madame la comtesse de Bailleul, chanoinesse de Malte et fille de l’ancien premier président au parlement de Rouen. Cette dame, par son testament, déposé en l’étude de Me Desprez, doyen des notaires de Paris, a légué à son avocat et son exécuteur testamentaire, une portion de son immense patrimoine, en termes magnifiques sur son dévouement aussi bien que sur son désintéressement.

»Nous croyons savoir pertinemment et pouvons, en conséquence, affirmer que si M. Chauvelot, un moment infidèle aux principes de toute sa vie, eût voulu accepter, plusieurs millions auraient grossi sa fortune.

»Ce fait de la vie privée, bien qu’il n’ait donné lieu à aucune contestation judiciaire, a pris néanmoins la proportion d’un événement et a fait quelque sensation au palais : les uns y ont applaudi, d’autres (en plus grand nombre) l’ont envié ; mais, sans contredit, il fait autant d’honneur à celui qui en fut l’objet, qu’à la personne même qui a exercé la libéralité, en cédant aux seules inspirations d’une estime profondément sentie.

»Un autre prix non moins mérité des qualités qui distinguent M. Charles Chauvelot, ce fut d’être appelé sous le dernier gouvernement aux fonctions de juge de paix suppléant du IXe arrondissement de Paris. Comme il était facile de s’y attendre, tant qu’il a conservé ces importantes fonctions, il les a remplies de la manière la plus zélée et la plus paternelle, faisant ainsi voir qu’il comprenait l’esprit de la sage institution à laquelle il appartenait, et qu’il avait à cœur d’en réaliser les bienfaits.

»Cette honorable conduite n’a point empêché les révolutionnaires de février d’éloigner M. Chauvelot d’une position dont il n’usa jamais que pour concilier les intérêts des citoyens. Mais nous croyons que ce qui l’a le plus affligé dans cette circonstance, ç’a été de voir son pays retomber dans les malheurs que les révolutions entraînent à leur suite.

»Si nous le jugeons ainsi, c’est que nous savons qu’avant comme depuis les journées de février il a concouru, autant qu’il a été en lui, soit au maintien des principes de toute société civilisée soit aux œuvres de moralisation et d’amélioration populaires.

»Ainsi, par exemple, au moment où la révolution de 1848 a éclaté, M. Chauvelot allait livrer à la publicité un ouvrage modestement intitulé : le Livre des Cultivateurs (dont le prospectus imprimé se trouve chez Ledoyen, libraire au Palais-Royal).

»L’auteur, par le motif que, jusqu’à ce jour, on avait beaucoup écrit, beaucoup parlé et beaucoup fait en faveur des ouvriers des villes, tandis qu’on n’a presque rien écrit, et encore moins fait pour les travailleurs des campagnes ; l’auteur, disons-nous, s’était généreusement imposé la tâche de venger de cette indifférence ceux qui n’ont en partage, sous leur chaume solitaire, que de rudes travaux, de cruelles privations, et qui, en toutes saisons, fécondent la terre par la sueur de leur front, et donnent, ainsi, le pain aux ouvriers des villes comme aux autres membres de la grande famille française. Mais, par suite des événements politiques qui sont survenus en France d’une manière si rapide, si inopinée, si extraordinaire depuis 1848, le plan de l’ouvrage de M. Chauvelot a été bouleversé de fond en comble ; et de plus (nous sommes dans l’heureuse nécessité d’en convenir), la plus grande partie des améliorations indiquées et si ardemment désirées par lui ayant été réalisées par la législation, soit de la République, soit du gouvernement actuel de la France (l’Empire de Napoléon III), M. Charles Chauvelot a cru devoir refuser à ses travaux les honneurs de l’impression pour un but désormais atteint en faveur de l’humanité souffrante.

»Dans ce Livre des cultivateurs, aussi distingué par l’élégante netteté de sa forme que par la haute importance de son but, M. Chauvelot a caractérisé quelque part la liberté en des termes dont la précision égale la sagesse, et c’est pourquoi nous sommes heureux de reproduire ce passage : “La liberté, dit-il, n’apparaît sur la terre qu’après une longue et laborieuse accumulation des siècles. Elle est le fruit précieux de la culture des facultés de l’homme. C’est un don du ciel à l’humanité tout entière. Son empire, lorsqu’il se fonde sur les lois et sur l’ordre, est illimité dans sa durée. La liberté, alors, est le thermomètre invariable du bonheur de la nation sur laquelle est descendue cette émanation de la Divinité elle-même.”

»Mais hâtons-nous de le dire, ce n’est pas seulement par des abstractions ou des doctrines philanthropiques que M. Chauvelot a servi la cause des classes indigentes et laborieuses. Nommé administrateur de la caisse d’épargne de Paris dans les premières années de sa création, il n’a cessé d’en accomplir les fonctions avec une ponctualité religieuse ; il a fait davantage : au lendemain de la révolution de février il s’est résolument exposé à des dangers corporels pour sauver du pillage ce précieux établissement ; voici sommairement dans quelles circonstances : Les nouveaux déposants, craignant les suites du désordre général qui régnait alors à Paris, livré à lui-même et sans force armée, voulaient, tous, confusément, immédiatement, sans formalités, retirer le fruit de leurs épargnes qu’ils venaient de confier à la caisse; plusieurs fois une irruption violente dans les bureaux fut tentée ; M. Chauvelot, par sa parole et son sang-froid, opposa une heureuse résistance. MM. les cinq directeurs de la caisse d’épargne, par une attestation spontanément émanée d’eux, ont rendu hommage au dévouement du courageux administrateur.

»Dans les jours néfastes qui ont succédé au cataclysme de février, M. Chauvelot, qui, pendant les dix-huit ans de sa suppléance à la justice de paix, avait été légalement dispensé du service de la garde nationale, n’hésita pas à donner, dans le Ier arrondissement, l’exemple de l’abnégation de soi-même pour l’intérêt de tous. Les services rendus par lui sont constatés à l’état-major-général par MM. les officiers supérieurs qui l’ont vu à l’œuvre : ce sont, spécialement, MM. le marquis de Turgot, ancien colonel, ancien ministre des affaires étrangères, aujourd’hui ambassadeur à Madrid, Cléry, ancien lieutenant-colonel, sénateur, etc. En ce moment, le citoyen qui faisait dignement son devoir comme simple soldat, le fusil sur l’épaule, remplit les fonctions d’officier- rapporteur au conseil de discipline du 3e bataillon de la garde nationale parisienne.

»En résumé, toujours faire ce quexigent les circonstances dans lintérêt du pays, telle a été l’invariable et constante devise de M. Chauvelot.

»C’est à une semblable conduite dans les situations diverses où il a été placé, qu’il a dû l’estime universelle et l’amitié toute particulière de son entourage. Et d’abord, l’honorable et si regrettable Philippe Dupin (dont l’attachement pour lui était si connu au palais) n’a pas permis qu’un autre que lui-même s’occupât de son établissement par mariage. Ensuite MM. Duvergier et Boinvilliers, anciens bâtonniers, de Vatimesnil, ancien ministre de l’Instruction publique, etc., ont exprimé par écrit l’attachement tout confraternel qu’ils portaient à M. Chauvelot.

»Voici dans quelles circonstances ces sentiments de sympathie eurent une occasion nouvelle de se manifester. On désirait ardemment voir M. Chauvelot rétabli sur son siège de suppléant juge de paix, d’où il était révolutionnairement descendu.

»Pour le succès des démarches, le concours du président de l’Assemblée législative de 1850 était d’un grand poids : à cet effet la plume du savant continuateur de Toullier a tracé les paroles suivantes : “Monsieur le Président. Je sais que vous portez intérêt à M. Chauvelot, avocat ; permettez-moi de vous dire combien je serai personnellement reconnaissant de la bienveillance que vous voudrez bien lui montrer. Depuis longtemps, membre du conseil et ancien bâtonnier, je connais bien le palais, et je peux vous attester que M. Chauvelot, qui fait partie de l’ordre depuis plus de vingt ans, jouit de l’estime et de l’affection de tous ses confrères. Je suis heureux de pouvoir lui rendre ce témoignage qu’il mérite au plus haut degré, et que tous les anciens de l’ordre sont disposés à lui donner comme moi. Veuillez agréer, etc. Duvergier. 25 janvier 1850.”

“Je joins mon témoignage à celui de M. Duvergier, et je suis heureux de trouver cette occasion d’exprimer la parfaite estime et l’attachement confraternel que j’ai voués à M. Chauvelot, De Vatimesnil.”

“Je joins avec le plus vif empressement mon témoignage aux honorables témoignages qui précèdent. M. Chauvelot est mon confrère au barreau depuis vingt ans ; il y a mérité l’estime et l’amitié de tous ses confrères. Son expérience des affaires et sa capacité, son dévouement courageux dans l’accomplissement de ses devoirs de citoyen, son zèle comme administrateur de la Caisse d’épargne, sont des titres par-delà ses titres anciens, que je me fais un devoir de mentionner ici. E. Boinvilliers, bâtonnier. Paris, le 26 janvier 1850.”

“Je joins volontiers mon témoignage personnel à celui de MM. Duvergier et Boinvilliers en faveur de M. Chauvelot, recommandable, à la fois, par son mérite d’avocat, ses travaux, ses écrits et ses services publics. Dupin. Paris, ce 9 février 1850.”

“Que pourrions-nous ajouter à ces témoignages irrécusables de la valeur personnelle de l’honorable M. Chauvelot ? De Vaucher, ancien secrétaire particulier de M. de Lacretelle, de l’Académie française.” » Chauvelot demeurait 256, rue Saint-Honoré près le passage Delorme en 1830 ; 5, rue du Pont-de-Lodi en mars 1831 ; 30, rue de Rivoli en 1831 ; Le Constitutionnel, 6, 7, 9 août 1830 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Chauvelot, Charles-Philibert, avocat à la cour impériale de Paris, de Vaucher, Paris, 1852.

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