Chazottes, Léonard

Biographie


Lieutenant en non-activité (demi-solde) à Verdun en juillet 1830. Le 7 mai 1831, il adressa la demande suivante au président de la Commission des récompenses nationales : « La conduite patriotique que j’ai tenue à Verdun (Meuse) lors des heureux événements de Juillet me donne un droit aux récompenses nationales ; j’ai l’honneur de vous adresser, sous ce pli, le certificat qui le constate, avec ampliation de mon brevet de lieutenant et de mes états de service. Vous verrez avec intérêt que je suis dans l’armée depuis plus de vingt-cinq ans et que je suis lieutenant du 2 août 1813. C’est donc à vous, monsieur le président, à qui je m’adresse pour obtenir le grade de capitaine et la décoration inestimable créée par notre glorieuse révolution. J’ai l’honneur, etc. » Après la révolution, il avait été réintégré dans le 5e léger. Réunie le 31 janvier 1832, la Commission réunie à Bar-le-Duc pour le département de la Meuse prit la décision suivante le concernant : « La commission a cru devoir se dispenser de faire mention de la conduite peu régulière de cet officier et elle a trouvé dans les circonstances mêmes des faits sur lesquels il fonde ses prétentions des motifs suffisants pour ne pas accueillir sa demande. » Le 13 novembre 1831, le préfet de la Meuse donna sur son compte les renseignements suivants : « […] On m’a assuré que cet officier, qui était alors en non-activité à Verdun, avait, le 3 août, pris les armes avec un grand nombre de citoyens de cette ville, pour s’opposer à l’entrée des troupes du camp de Lunéville ; qu’il avait, dans cette circonstance, montré du dévouement et du patriotisme mais qu’il en avait été presque immédiatement récompensé par un emploi de son grade dans un régiment de l’armée ; que cette faveur était d’autant plus avantageuse que, se trouvant le plus ancien lieutenant de son corps, il serait aujourd’hui capitaine si son inconduite ne l’avait fait d’abord changer de corps et enfin renvoyer définitivement en réforme. On assure qu’enclin à la boisson, il est incorrigible et qu’il pousse même l’ivrognerie jusqu’ la crapule. Enfin, on ajoute que la décoration qui lui serait accordée ferait un très mauvais effet à Verdun, d’abord à cause de sa mauvaise conduite et ensuite parce que bon nombre de citoyens ont fait, au moment des événements de Juillet, autant et même plus que lui. » En 1832, lieutenant au 5e régiment d’infanterie légère depuis qu’il avait été remis en activité le 14 août 1830, il était en permission de passage à Paris, et désirait savoir s’il avait obtenu la décoration de Juillet, ou, à défaut, sollicitait le retour de ses attestations signées de tous les officiers de la garde nationale de Verdun, du maire et du sous-préfet. Ses services étaient ainsi rappelés : « Etant en demi-solde à Verdun (Meuse) au moment des affaires de Juillet, cet officier fit battre la générale, fut le premier en tenue pour organiser la garde nationale et faire distribuer des armes, cartouches au peuple, afin d’empêcher le camp de Lunéville d’entrer à Verdun. » On peut lire dans son dossier la conclusion suivante : « Considérant qu’il est constaté que le sieur Chazotte a réellement pris une part active aux dispositions faites à Verdun pour s’opposer à l’entrée des troupes venant du camp de Lunéville et que sous ce rapport sa conduite patriotique est digne d’éloges. Mais qu’un grand nombre de citoyens ont donné le même exemple de zèle et de dévouement et qu’à cet égard ils auraient le même droit aux récompenses que M. Chazotte, qui n’a pas couru de danger particulier et n’a fait que se mettre à la tête des citoyens déjà réunis pour s’opposer à l’entreprise des troupes de Lunéville. Que d’ailleurs il avait immédiatement reçu le prix de cet acte de patriotisme par son rappel à l’activité avec son ancien grade, ce qui lui aurait fait obtenir promptement le grade de capitaine qu’il sollicite s’il n’avait quitté prématurément le service. » Durant sa permission, il logea 17, rue de la Cossonnerie à Nancy en 1832. Il était presque sûrement le père de Chazottes du Maitron, émeutier de la commune. Archives nationales F/1dIII/49 ; Archives nationales F/1dIII/80, Meuse.

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