Chedeville, Jean-François
Biographie
Né le 17 novembre 1797 (mais le 17 novembre 1783 in Archives nationales F/1dIII/82 et in Archives de Paris VK3 25 dans une liste de citoyens proposés pour la médaille, liste qui est corrigée à la main) à Redon (Ille-et-Vilaine). Ancien sergent-major au 1er régiment d’infanterie de ligne, ayant dix campagnes et douze ou quatorze années (selon les sources : douze in Archives nationales F/1dIV/C/8, dans la lettre qu’il écrit pour demander la Légion d’honneur) de services, il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur par l’Empereur lors d’une revue aux Tuileries et autorisé à la porter, ce que les événements politiques ultérieurs ne confirmèrent pas ; en 1827, il sollicitait de nouveau sa Légion d’honneur. En 1827, et depuis le 10 décembre 1816, il était chasseur à la 2e compagnie du 1er bataillon de la IIe légion de la garde nationale, où il faisait son service, selon ses chefs, « avec autant de zèle que d’activité et d’exactitude ». Coiffeur. Le maréchal de camp Froment, Jean-Baptiste sous les ordres duquel il avait servi pendant la retraite d’Espagne, lui délivra le certificat suivant : « Dans nos mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet, il a su allier le soldat au citoyen et dans cette circonstance orageuse il n’a calculé que son courage et l’amour de ses anciennes couleurs. Il est louable pour son patriotisme. Il s’est trouvé aux plus éminents dangers. Il est parti les 3 et 4 août pour Rambouillet. Il a rétabli la discipline d’un corps non organisé dans un moment aussi difficile. Il mérite sous tous les rapports la protection du général en chef et nous le lui recommandons spécialement. » Dans le certificat qu’il signa lui-même pour Cochard, Jean-Pierre, on trouve les indications suivantes sur sa propre participation : « […] Le 3 août, il [Cochard ] marcha sur Rambouillet avec M. Perrotin (voir ce nom) et le général Pajol (voir ce nom) ; la colonne était commandée par M. Chédeville. […]. » De la même manière, il signa pour Cochard un certificat de bonne vie et mœurs. Il servit quatre jours à l’état-major de la place du Carrousel puis participa à l’expédition de Rambouillet ; le général Boyer attestait : « J’ai vu à Rambouillet M. Chedeville. Il m’a secondé de tout son pouvoir pour la sûreté du château. C’est un ancien militaire, que j’ai connu en Espagne sous les rapports les plus avantageux. » Basson, Valentin (voir ce nom) attesta sa présence à l’expédition de Rambouillet et qu’il s’y était « conduit comme un brave ». Lunel, Joseph, Joachim, dans le récit qu’il fit de sa propre participation aux combats de Juillet, affirma être, après l’expédition de Rambouillet et sous les ordres de Pomaret parti avec Pomaret et lui, le 4 pour Ville-d’Avray. Il sollicita la remise officielle de sa décoration de la Légion d’honneur. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Chedeville, Jean-François sur les listes de la Commission des récompenses nationales et sur celles du Bulletin des lois). Il reçut sa médaille le 29 juin 1831, et son brevet le 19 août de la même année. Il occupa un petit emploi dans la distribution des eaux mais, ayant eu le malheur d’être blessé, il s’établit coiffeur perruquier, 23, rue de Clichy. En 1830, il était sergent dans la 2e compagnie du 2e bataillon de quelle légion ? de la garde nationale. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, en tant que décoré, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il était compris dans une liste de combattants que de Lacroix, baron de Boegard (voir ce nom), président de la Commission des réclamants combattants de Juillet, faisait parvenir, dans deux lettres en date des 15 juin et 6 août 1832, au ministre de l’Intérieur, afin de solliciter une réponse sur l’issue des démarches faites par plusieurs des combattants qui estimaient avoir été lésés dans leurs droits aux récompenses nationales. Ces combattants, faisait savoir de Lacroix, « désavouent ceux d’entre eux qui auraient pu participer aux derniers événements qui ont ensanglanté la capitale (l’insurrection des 5 et 6 juin 1832, N.D.A.) ; loin d’eux toute idée de renverser un trône qu’ils ont élevé au prix de leur sang ! Ils ne désirent que prouver au gouvernement du roi qu’ils sont et seront toujours prêts à mourir pour la dynastie qu’ils ont fondée. […] La plus grande partie des réclamants ont déjà la médaille et se sont toujours empressés, à chaque émeute, d’aller combattre les agitateurs et de faire rentrer dans le devoir, par leurs conseils, ceux de leurs camarades qu’on aurait pu égarer un instant […] ». De Lacroix donnait les précisions suivantes sur les faits dans lesquels s’était illustré le réclamant : « Se rendit partout où il y avait du danger à courir. Une blessure. Demande la Croix de Juillet en échange de la médaille et une place de surveillant dans un château royal. Ancien militaire distingué, sergent de la garde nationale, est porteur des papiers les plus recommandables, il mérite d’obtenir ce qu’il sollicite. » Il reçut, comme décoré de Juillet, une somme de vingt-cinq francs, en 1833, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. En 1833, on trouve son nom dans une liste de notables invités par le maire du (ancien) Ier arrondissement pour assister au bal donné à l’occasion du mariage des couples dotés par la Ville de Paris pour fêter l’anniversaire des journées de Juillet. Il reçut, comme décoré de Juillet, une gratification de huit francs, en juillet 1834, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. Il sollicita des secours en 1836, 1837 et 1838, se disant « entièrement dévoué à la famille royale et, dans toutes les circonstances où il fut besoin de repousser l’anarchie, il fut un des premiers à se présenter et fut même blessé en cette circonstance ». La police donna sur son compte, en 1836, les renseignements suivants : « […] Sa position est loin d’être nécessiteuse car il est coiffeur ; il occupe deux garçons et il fait d’assez bonnes affaires. » Il reçut, comme décoré de Juillet, une gratification de cinq francs et trente centimes, en juillet 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. Et en 1838 : « Il est marié et il a un enfant. Sans être dans l’aisance, il se trouve au-dessus du besoin. Il jouit d’une bonne réputation sous le rapport de la conduite et de la moralité. » Il reçut, comme décoré de Juillet, une gratification (dont le montant ne nous est pas parvenu), en 1839 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. Il était inscrit sur une liste de décorés de Juillet appelés à recevoir une gratification (dont le montant ne nous est pas parvenu), en 1840 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. En janvier 1844, date de sa mort, il était gardien de la colonne de Juillet. Sa veuve, née vers 1785 à Pau (Pyrénées-Atlantiques), sollicita des secours. La police donna sur elle les renseignements suivants : « Elle n’a d’autres ressources que ce qu’elle reçoit pour la garde d’enfants en bas âge, qu’on lui confie. Elle est digne d’intérêt par sa bonne conduite et sa position nécessiteuse. » Elle reçut quarante francs en 1845, vingt-cinq francs en 1847, quarante francs en 1849, en 1850 et en 1852. Chédeville demeurait 76, rue Neuve-des-Petits-Champs en 1827 ; 50, rue Neuve-des-Mathurins, hôtel de Florence ? en 1830-1833 ; 2, rue de Clichy en 1833 in Archives de Paris VI1 1 ; 2, rue de Clichy en 1834 in Archives de Paris VK3 25 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat de répartition entre les décorés de Juillet de la somme de trois cent cinquante-neuf francs et quatre-vingt-quinze centimes mise à la disposition du maire du (ancien) Ier arrondissement, le 30 juillet 1834 ; 23, rue de Clichy de 1833 à 1840 ; sa veuve 20, rue du Faubourg-Saint-Honoré en 1847-1849 ; 43, rue de Miromesnil en 1850 ; 92, rue de la Pépinière en 1852. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet ; Archives de Paris VD6 91, liasse n° 5, état nominatif des décorés de Juillet qui ont reçu l’indemnité de vingt-cinq francs accordée par décision de M. le préfet de police, contenue dans sa lettre du 26 juillet [1833] ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831, idem liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement, idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet, idem même référence Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat de répartition entre les décorés de Juillet de la somme de trois cent cinquante-neuf francs et quatre-vingt-quinze centimes mise à la disposition du maire du (ancien) Ier arrondissement, le 30 juillet 1834, idem même référence Décorations de Juillet (1837) Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont demandé à recevoir l’indemnité accordée par M. le préfet de la Seine à l’occasion du septième anniversaire de Juillet, idem même référence Etat des décorés de Juillet domiciliés dans le (ancien) Ier arrondissement et qui sont dans le cas de prendre part à la gratification à l’occasion du neuvième anniversaire de Juillet, idem même référence une liste, établie en 1840, de décorés de Juillet domiciliés dans le (ancien) Ier arrondissement, et appelés à recevoir une gratification (dont le montant ne nous est pas parvenu), en 1840 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution ; Archives de Paris VK3 42 et in dossier Cochard, Jean-Pierre ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Lunel, Joseph, Joachim ; Archives de Paris VI1 1, mariages dotés par la Ville, juillet 1833, généralités pour les couples dotés de juillet 1833 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Cheneville, Jean-François) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/49 ; Archives nationales F/1dIII/82 ; Archives nationales F/1dIV/C/8 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Etat de répartition de secours imputables sue le chapitre 25 bis du budget de 1850 (secours à divers titres), minutes 148-149, idem Proposition d’accorder à 128 décorés, médaillés, veuves, ascendants, orphelins et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant à 6.895 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, en date du 19 avril 1852, minutes 217-220.