Chef, Charles, Louis
Biographie
Né à Paris vers 1798. Compagnon serrurier. Il fut atteint de fortes contusions à la poitrine, le 28 juillet entre 13 et 14 heures, sur le boulevard Montmartre au coin de la rue du Faubourg-Montmartre, « à la suite d’une charge de cavalerie […]. Au moment même la chute d’un arbre lui est tombé sur le corps », alors qu’il travaillait aux barricades. Marotte, Jean, Adolphe (voir ce nom), Lesseling, Pierre (voir ce nom) et Denis, Dionos, Prosper, Achille (voir ce nom) étaient à ses côtés. Il reçut un secours de soixante-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Saisi d’une maladie de langueur, accompagnée de dépôts internes et de fièvre cérébrale, il entra, le 22 mars 1831 à l’hôpital de La Pitié, et mourut le lendemain d’une phtisie. Il avait reçu (sous le seul nom de Chef) un total de trois cent trente-cinq francs de secours auprès de la sous-préfecture de Saint-Denis. Le certificat médical suivant attesta les conditions dans lesquelles il avait été blessé : « Je, soussigné, François, Antoine Matthalin Lefranc, chirurgien, juré de la mairie de la mairie de Montmartre, médecin du bureau de bienfaisance, aide-major de la garde nationale du bataillon de cette commune, certifie que le sieur Charles, Louis Chef, âgé de trente-trois ans, restant à Montmartre, rue des Martyrs n° 10, a été grièvement blessé par de fortes contusions sur la partie dorsale et la poitrine, à la suite d’une charge de cavalerie faite sur le boulevard et qu’au moment même la chute d’un arbre lui est tombé sur le corps (époque du 28 juillet 1830) de midi à 1 heure (intra-muros). Ces deux accidents sont arrivés au moment où le sieur Charles, Louis Chef était à travailler à faire des barricades. Après la victoire, l’humanité parle toujours au cœur français ! Un médecin qui était sur les lieux a prodigué les premiers secours. Cet état de choses a nécessité des dépenses considérables de la part de la famille du malade et une maladie de langueur qui l’a conduit à la formation d’un dépôt interne, accompagné d’une fièvre cérébrale qui l’a conduit à la mort. Sur mon rapport et d’après l’ordre de M. Véron, maire de la commune, porté agonisant à l’Hôtel-Dieu (sic) le 15 avril (sic) il y est mort à l’instant de son arrivée. Il a laissé les regrets d’un bon citoyen et un respectable vieillard de père, qui a perdu en lui un bon fils et ses espérances et son soutien. » Signé, le 19 juin 1831 : Matthalin Lefranc. Et cet autre à peu près identique : « Je, soussigné, certifie que le nommé Chef, Charles, Louis, restant à Montmartre, a été grièvement blessé par de fortes contusions sur la partie dorsale, à la suite d’une chute occasionnée par une charge de cavalerie faite sur le boulevard Montmartre (intra-muros) au moment où le citoyen Charles était à travailler à faire des barricades. Un médecin qui était sur les lieux lui a prodigué les premiers secours. Cet état de choses a nécessité des dépenses de la part du malade et une perte de temps considérable. Il est même, quoique convalescent, incapable de reprendre ses travaux. » Signé, à Montmartre, le 31 août 1830 : Matthalin Lefranc, chirurgien, juré de la mairie de Montmartre, médecin du bureau de bienfaisance. Suivait l’apostille suivante : « Le premier adjoint provisoire au maire de Montmartre atteste la réalité des faits énoncés dans le présent certificat et recommande à MM. les distributeurs de fonds provenant de la Souscription nationale le citoyen Chef, qui depuis les événements de juillet est dans un état de souffrance qui ne lui permet de se livrer à aucun travaux. » Signé, le 1er septembre 1830 : Barginet, de Grenoble (voir Barginet, Alexandre). Le dossier d’examen des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Le 5 avril 1831, devant le juge de paix du canton de Neuilly, comparurent : Denis, Dionos, Prosper, Achille (voir ce nom), maître menuisier, demeurant à Montmartre ; Penelle, Michel, serrurier, demeurant 14, rue Rochechouart ; Gay, François, serrurier, demeurant 60, rue Coquenard ; Lapeyrière, Joseph, serrurier, demeurant 8, rue Pétrelle. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Chef, Charles, Louis et savoir qu’il avait « été blessé le 28 juillet dernier sur le boulevard Montmartre et est décédé à l’hospice de la Pitié des suites de ses blessures le 22 mars dernier ». Le 23 juillet 1831, devant le maire de Montmartre, comparurent : Marotte, Jean, Adolphe (voir ce nom ; il semble signer Marote), serrurier et caporal de la garde nationale, demeurant 37, rue des Noyers au village d’Orsel à Montmartre ; Lesseling, Pierre (voir ce nom ; il semble signer Lesling), serrurier, demeurant 9, chaussée Clignancourt à Montmartre ; Denis, Prosper, Achille (voir ce nom), maître menuisier, demeurant 22, chaussée des Martyrs à Montmartre. Ils attestèrent que Chef, Charles, Louis avait « été blessé le 28 juillet 1830 en combattant à côté des susnommés, sur le boulevard, au coin de la rue du Faubourg-Montmartre, lequel est mort à l’hospice des suites de ses blessures ». Chef était célibataire. Il avait un frère et laissait un père, Chef, Jean-Baptiste (voir ce nom ?), né vers 1764 ou 1769 à Paris. La mort de Chef ne fut pas considérée comme le résultat des contusions qu’il avait reçues ; en conséquence son père ne fut pas pensionné mais reçut, à titre de cas exceptionnel, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il demeurait 10, rue des Martyrs, ou 10, ch.-Montmartre ou 22, chaussée des Martyrs, à Montmartre ; son père, à Montmartre (ou à l’Ecole polytechnique in Archives nationales F/1dIII/38 A) en 1831. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des cas exceptionnels de l’arrondissement de Saint-Denis auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 91 ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 11 octobre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 (l’apostille suivante est inscrite en face de son nom : Pour mémoire, n’est pas encore admis par la Commission) et état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/49 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives, du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis, cas exceptionnels.