Chenon, Antoine, Pierre

Biographie


Né vers 1797. Conducteur de diligences de Paris à Fontainebleau, chez M. Peigné, 26, place Dauphine. Le 29 juillet, « […] s’étant armé et réuni avec [le sieur Bouchené, Joseph, Archange, N.D.A.], ils se sont rendus sur la place de l’Odéon, que là se sont rassemblés une grande quantité d’hommes armés, que très promptement plusieurs élèves de l’Ecole polytechnique les ont organisés, se sont mis à leur tête, les ont fait passer par la rue Dauphine et les ont dirigés pour l’attaque et la prise du Louvre, sur la place Saint-Germain-l’Auxerrois et sur les environs ». Dans les combats, il fut blessé au pied droit, derrière la tête et au corps. Paraissant beaucoup souffrir de ses blessures, il ne put faire son service le 31 juillet, jour où les diligences reprirent leur service, mais voulut faire un voyage le 2, et revint, selon son employeur, « dans un état pitoyable ». Il dut s’aliter. Il mourut d’une congestion cérébrale le 5 septembre 1830, chez son employeur (ou chez l’un de ses parents ?), 26 rue Dauphine, qui l’avait recueilli, expliquant : « […] Connaissant le dénuement complet dans lequel il se trouvait et qu’il lui était impossible de se procurer chez lui les moindres soins, ayant trois enfants en bas âge, à l’existence desquels il pouvait à peine suffire, je le reçus chez moi, où il fut soigné jusqu’à sa mort par le docteur Dufresnoy. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Les circonstances de son décès furent expliquées dans plusieurs certificats médicaux. Le premier certificat médical, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, médecin du bureau de bienfaisance du (ancien) XIe arrondissement, certifie avoir soigné le sieur Chenon, conducteur de diligence, âgé de trente-trois ans, demeurant rue de Condé, dans le courant d’août pour un coup reçu à la tête, qui a amené un dépôt considérable avec fièvre et dont la terminaison a été la mort après quinze jours de maladie. » Signé, le 31 mai 1831 : Dufrenois. Le deuxième certificat médical, ainsi rédigé par le même médecin : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, professeur d’accouchement, médecin du bureau de bienfaisance du (ancien) XIe arrondissement et de plusieurs sociétés philanthropiques, certifie avoir soigné le sieur Pierre, Antoine Chenon, âgé de trente-trois ans, le 3 août dernier pour des coups reçus à la partie postérieure de la tête et que ses coups ont déterminé une congestion cérébrale, qui a été terminée par la mort peu de jours après les accidents de juillet. » Signé, le 16 juin 1831 : Dufrenois. Le 8 juin 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIe arrondissement, comparurent : Perrin, Jacques, Constant, employé aux diligences, demeurant 26, rue Dauphine ; Vernet, François, Michel, facteur de diligences, demeurant 24, rue de la Vieille-Monnaie ; Bouchené, Joseph, Archange (voir ce nom), conducteur de diligences, demeurant 20, rue Dauphine. Ils déclarèrent avoir parfaitement connu Chenon, Antoine, Pierre et « lesdits sieurs Perrin et Vernet ajoutent que le 29 juillet dernier dans la matinée ils ont vu et très bien reconnu ledit sieur Chenon faisant partie d’un grand nombre d’hommes armés venant de la place de l’Odéon, passer par la rue Dauphine, ayant à leur tête des élèves de l’Ecole polytechnique et se dirigeant du côté du Louvre ; l’avoir revu le lendemain 30 juillet 1830 dans la matinée, ayant reçu plusieurs blessures, tant au pied droit qu’à la tête et au corps, dont il se plaignait souffrir beaucoup et savoir tant dudit sieur Chenon que de ses camarades, qu’il avait reçues ces diverses blessures le 29 juillet 1830 sur la place Saint-Germain-l’Auxerrois en se battant contre les Suisses à l’attaque et prise du Louvre ; qu’ils l’ont vu souvent pendant sa maladie rue Dauphine n° 26, chez l’un de ses parents, où il est décédé par suite de ses blessures le 5 septembre 1830. Ledit sieur Bouchené ajoute que le 29 juillet 1830 dans la matinée s’étant réuni et armé avec ledit sieur Chenon, ils se sont rendus sur la place de l’Odéon, que là se sont rassemblés une grande quantité d’hommes armés, que très promptement plusieurs élèves de l’Ecole polytechnique les ont organisés, se sont mis à leur tête, les ont fait passer par la rue Dauphine et les ont dirigés pour l’attaque et la prise du Louvre, sur la place Saint-Germain-l’Auxerrois et sur les environs où étant, lui comparant, ledit sieur Chenon et leurs camarades se sont battus contre les Suisses ; que dans la mêlée il a perdu de vue ledit sieur Chenon et n’étant rentré chez lui que le lendemain matin 30 juillet, il a vu ledit sieur Chenon qui avait reçu diverses blessures au pied droit, à la tête et au corps, qu’il avait reçues la veille à l’attaque du Louvre ; qu’il l’a vu souvent pendant sa maladie susdite rue Dauphine n° 26, où il est décédé par suite de ses blessures ledit jour 5 septembre 1830 ». Il laissait une veuve Matthey, Marie, fruitière, née le 10 messidor an IX à Marcilly (Haute-Marne), elle-même fille de Matthey, Didier, cultivateur, et de Rougé, Rose, son épouse. Il laissait trois enfants Eugène né le 9 mai 1826, Marie, Ernestine, née le 25 novembre 1827 et Cécile, Joséphine née le 19 février 1830, dont les demandes de pension furent rejetées, la mort de Chenon ayant été attribuée à une congestion cérébrale. Sa veuve cependant reçut, à titre de cas exceptionnel, une indemnité définitive de trois mille francs et (sous le nom de veuve Chenon née Mathey, Marie), pour elle et ses enfants, une inscription de rente de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Les enfants reçurent aussi de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Chenon demeurait 19, rue de Condé ; sa veuve, à la même adresse en 1831. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des cas exceptionnels du XIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives, p. 87, liste nominative des cas exceptionnels de veuves et liste nominative des cas exceptionnels d’orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du XIe arrondissement, p. 110, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris VK3 19, lettre en date du 1er février 1832 de la préfecture de la Seine au maire du (ancien) XIe arrondissement, idem lettre en date du 10 mars 1832 de la préfecture de la Seine au maire du (ancien) XIe arrondissement, idem liste définitive des cas exceptionnels, idem séance du 13 février 1832 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/49 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIe arrondissement, cas exceptionnels, cas exceptionnels de veuves et cas exceptionnels d’orphelins.

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