Chenuette, Charles, Marie, René

Biographie


Né vers 1801 à Rennes (Ille-et-Vilaine), fils de Chenuette, Guillaume, militaire ayant fait quatorze campagnes, et de Bichemin, Marguerite, Adélaïde son épouse. Ayant passé lui-même six années aux colonies, il s’établit garçon limonadier chez Allez, marchand de vins, 5, place de l’Hôtel-de-Ville, chez lequel il demeurait. Le 28 juillet, « sur les 9 heures et demie du matin, il emprunta le fusil de son maître, qui lui donna aussi des cartouches. Il sortit en se mêlant aux assaillants sur divers points ; […] sur les 11 heures et demie du matin de la même journée, il revint chez son maître ; il ressortit de suite en se dirigeant au marché des Innocents ; de là il s’est rendu sur les 2 heures chez M. Niobé, tourneur, rue de Cléry, n° 63, toujours armé, en disant qu’il avait fait le coup de feu place des Innocent ; ayant pris chez M. Niobé des aliments dont il avait besoin, il est ressorti pour se porter dans la rue Saint-Honoré ». Il fut tué au coin de la rue des Prouvaires et du marché du même nom. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Le certificat suivant permit d’établir les conditions de son décès : « Nous, soussignés, habitants et marchands patentés, habitant les quartiers de la place de l’Hôtel de ville à Paris et les habitants et marchands patentés domiciliés rue de Cléry et environs, quartier de Bonne-Nouvelle, certifions et attestons que le nommé Charles, Marie, René Chenuette […] a, dans la journée du 28 juillet dernier pris une part active à la défense de la capitale ; que sur les 9 heures et demie du matin, il emprunta le fusil de son maître, qui lui donna aussi des cartouches. Il sortit en se mêlant aux assaillants sur divers points ; que sur les 11 heures et demie du matin de la même journée, il revint chez son maître ; il ressortit de suite en se dirigeant au marché des Innocents ; de là il s’est rendu sur les 2 heures chez M. Niobé, tourneur, rue de Cléry, n° 63, toujours armé, en disant qu’il avait fait le coup de feu place des Innocent ; ayant pris chez M. Niobé des aliments dont il avait besoin, il est ressorti pour se porter dans la rue Saint-Honoré et depuis lors il n’a pas reparu. Les soussignés et sa famille ont la certitude que ledit Chenuette est mort en combattant, qu’il aura été confondu parmi les braves qui ont été trouvés sur la voie publique sans pouvoir faire constater le décès ; qu’en conséquence ayant connu le caractère intrépide de ce jeune homme nous l’en présumons victime. » Signé, le 8 septembre 1830 : Brisac, demeurant 24, quai Pelletier ; Willaume, distillateur, demeurant rue Planche-Mibray ; Edeline, demeurant 80, quai de la Grève ; Mesnugé, demeurant dans le quartier des Arcis ; Million, demeurant 3, place de l’Hôtel-de-Ville ; Allez, demeurant 2, quai de la Mégisserie ; Allez, demeurant 5, place de l’Hôtel-de-Ville ; Hyrelin illisible, demeurant 40, quai Pelletier ; Bertheaume, tapissier, demeurant 63, rue de Cléry ; Petel, fabricant de chaises, demeurant 63, rue de Cléry ; Petel, fabricant de chaises, demeurant 89, rue de Cléry ; Lecorne (voir Lecorne, François), coiffeur, demeurant 63, rue de Cléry ; Dalegre, frangier, demeurant 63, rue de Cléry ; Niobé, tourneur en chaises, demeurant 63, rue de Cléry ; Lhuillier, marchand de meubles, demeurant 53, rue de Cléry ; Charbonnier, herboriste, demeurant 75, rue de Cléry ; Dumont, boulanger, demeurant 53, rue de Cléry. Le 22 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIe arrondissement, comparurent : Allez, Aimé, Hyacinthe, limonadier, demeurant 5, place de l’Hôtel-de-Ville ; Niobé, Mathurin, tourneur en chaises, demeurant 63, rue de Cléry ; Doyen, Nicolas, Henri, serrurier, demeurant 30, esplanade des Invalides. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Chenuette et « savoir que le mercredi 28 juillet il est sorti armé pour prendre la défense des lois à 6 heures et demie du matin ; qu’il a pris part à divers combats et a été tué dans l’après-midi au coin de la rue des Prouvaires et du marché qui porte ce nom ». Sa sœur reçut un secours de cent cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il laissait une mère âgée, Bichemin, Marguerite, Adélaïde, née le 2 mars 1777 (mais le 2 mars 1776 in Archives nationales F/1dIII/82) dans l’île de Saint-Domingue, qui fut pensionnée, à qui fut accordé (sous le nom de veuve Chenette, née Bichemin, Marguerite, Adélaïde) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le père, Chenuette, Guillaume, officier pensionné (lui-même né vers 1769 au fort de la Martinique, fils de Chenuette, Simon, et de Gosselin, Marie, Françoise, Jeanne) mourut le 16 juin 1814 à Hédé (Ille-et-Vilaine). Il demeurait 5, place de l’Hôtel-de-Ville ; sa mère, à Rennes en 1831. Le nom de Chenette (C.-M.-R. Chenette) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 103 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 12 ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien VIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/49 ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 6-7 état des ascendants aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (sous le nom de Chennette, Charles, Marie, René) et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 80, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 (sous le nom de Chenette, Charles, Marie, René).

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.