Chéreau, Désiré, Floréal

Biographie


Né en floréal 1794 (30 novembre 1799) à Paris. Avocat. Il fit parvenir à la Commission des récompenses nationales une notice qui retraçait la participation qu’il avait prise aux événements de Juillet : « Attaché au ministère de la Guerre et appelé en 1813 par la levée de trois cent mille hommes, M. Chéreau a été dispensé par décret de l’Empereur de porter les armes à cause de l’utilité et comme récompense de ses services administratifs, dont le terme a été marqué par le changement du gouvernement en 1814. L’opinion libérale de M. Chéreau est une chose notoire, aussi les faits suivants ne sont-ils que la conséquence des principes auxquels il s’est à jamais attaché depuis 1814 et dont il n’a pas dévié un seul instant. Le 26 juillet (lundi matin) avant même les mémorables journées, M. Chéreau, ancien lieutenant de la IIIe légion de la garde nationale, étant entré au café Lorret, rue Richelieu pour y lire les ordonnances insérées au Moniteur, rencontra un groupe de personnes s’occupant de la nouvelle du jour. Après avoir manifesté hautement son indignation et accusé avec véhémence et les ministres et le roi. Il offrit aux personnes qui l’entouraient de se mettre à leur tête, de s’emparer lui-même d’un drapeau tricolore, d’aller l’arborer sur la place publique aux cris de Vive la liberté ! et de provoquer ainsi la résistance des citoyens au joug qu’on leur préparait. Cette proposition traitée de folle ne put s’exécuter, au désespoir de son auteur, qui passa alors la journée et celle du lendemain à exciter la résistance parisienne. Le 27 au soir, M. Chéreau assistait aux événements de la place de la Bourse. Le 28 au matin, après avoir fait courir vainement de tout côté pour trouver, à tout prix, un uniforme de garde national. M. Chéreau fit attacher à un habit bourgeois les insignes de son ancien grade de lieutenant, et coiffé d’un bonnet de police et le sabre au côté, il se précipita sur la scène des événements en conjurant tous ses voisins de le suivre. Il fut un des premiers officiers applaudi par le peuple. Cet exemple ne fut pas sans résultat et quelques uniformes de gardes nationaux parurent bientôt. Le 29, M. Chéreau se porta de nouveau sur les boulevards, dans les rues Saint-Honoré et de Richelieu et les faubourgs Montmartre et Poissonnière, en encourageant les citoyens et offrant de les diriger sur les points de défense les plus importants. Par cette conduite, M. Chéreau doit être considéré comme ayant concouru largement aux glorieuses journées. Le 30 au matin, il fut fait capitaine provisoire de son ancienne compagnie de grenadiers et partit des Petits-Pères à la tête d’une patrouille qui, la première, parcourut la rue des Petits-Champs, celle de Richelieu, les boulevards, les rues d’Artois et de Provence, les faubourgs Montmartre, Poissonnière et Saint-Denis. Partout à la vue de cette troupe pour ainsi dire régulière, la confiance renaissait, des acclamations se faisaient entendre et chacun semblait reconnaître qu’après avoir conquis la liberté, le premier besoin comme le premier devoir était de maintenir l’ordre dans Paris. Mais, ici, doit s’arrêter la rédaction de cette notice, les services du capitaine Chéreau depuis le 30 août forment une deuxième période à la connaissance de son brave colonel M. Loubers, de M. Barbier, ex-lieutenant-colonel et de M. le major de la légion. On rappellera seulement que du 30 juillet au 7 août la compagnie Chéreau n’eut pas de repos. Lors des élections d’officiers par les compagnies, M. Chéreau fut proclamé capitaine à l’unanimité moins trois voix. » Sa lettre était apostillée ainsi par Calame, garde à cheval, demeurant 16, rue Vivienne : « Je déclare que le 28 au matin, M. Chéreau me chargea de lui procurer à l’instant même un uniforme, sauf à le payer ce qu’on en exigerait ; je revins au bout d’une heure lui dire que cela était impossible et M. Chéreau s’habilla et partit alors comme il est dit. » Par Leclerc, grenadier dans la IIe légion, demeurant 34, rue d’Artois : « Je déclare que le 28 juillet M. Chéreau, lieutenant de l’ancienne garde nationale, m’offrit, ainsi qu’à plusieurs de mes voisins, de nous conduire à la construction et à la défense d’une barricade, et que sa fermeté et son enthousiasme nous inspirèrent la plus grande confiance. Je le suivis une grande partie de la journée et déclare qu’il a grandement contribué aux journées de Juillet. » Par Troupenas, demeurant 23, rue Saint-Marc : « Je déclare que le 26 juillet au matin, M. Chéreau après la lecture des ordonnances, fit en ma présence la proposition d’arborer l’étendard de la liberté et d’en appeler publiquement au patriotisme des citoyens de Paris. J’ai vu les 27, 28 et 29 M. Chéreau portant les distinctions d’officier diriger différents mouvements et animant par son exemple les braves de nos glorieuses journées. » Par Louvrier de la Jollais, banquier, chevalier de la Légion d’honneur, demeurant 34, rue d’Artois : « Je déclare avoir vu M. Chéreau le 28 juillet avec ses épaulettes d’officier sur un habit bourgeois, sortir de chez moi pour aller se joindre aux braves des trois journées et certifie qu’il est à ma connaissance qu’il y a pris une part très active. » Par Royer, demeurant 333, rue Saint-Honoré : « J’ai vu M. Chéreau portant les épaulettes de lieutenant, rue Saint-Honoré à une faible distance de mon domicile le 28 juillet. Plusieurs gardes royaux lui ayant ordonné de rebrousser chemin, il déclara : “Je crois n’avoir pas d’ordre à recevoir” et passa au milieu d’eux, aux acclamations de plusieurs personnes qui le suivirent. M. Chéreau a certainement eu une part honorable dans les journées de Juillet. » Par Barré, Jean, Joseph, Josse (voir ce nom), adjudant major dans la IIe légion de la garde nationale : « Je, soussigné, déclare sur l’honneur avoir vu, dans la matinée du 28 juillet M. Chéreau, désigné d’autre part, revêtu d’un habit bourgeois avec les insignes d’officier de la garde nationale. Son enthousiasme pour la cause de la liberté était tel qu’on ne pouvait le voir sans admiration encourager les citoyens à la défense de nos droits. » Loubers, Loubers, colonel de la IIIe légion de la garde nationale, le présenta à la Commission, l’ayant lui-même « distingué au nombre des citoyens qui ont fait triompher la cause de la liberté ». Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe puis par celle du (ancien) IIIe arrondissement. Il fut convoqué le 29 janvier devant la Commission. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement (sous le nom de Chereau, Désiré, Floréal, sur les listes du Bulletin des lois, sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39, sous celui de Chereau, Désiré, Florial sur celles du Moniteur universel). En 1830, il était capitaine de la 1re compagnie de grenadiers du 2e bataillon de la IIIe légion de la garde nationale. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, le 19 octobre 1831, comme jurisconsulte et ancien lieutenant de la garde nationale de Paris. En 1835, il était directeur de la Société d’assurance contre la grêle, dite de l’Etoile, et électeur. Il mourut le 12 août 1886. La revue de la Société nationale d’horticulture de France fit son éloge, dans un numéro de 1887, le présentant comme ayant été pendant plusieurs années président de l’ancienne société successivement royale et impériale d’horticulture de Paris, puis président honoraire, en 1854, de la nouvelle société horticole née de la fusion de deux anciennes sociétés horticoles ; il était précisé que « cet honorable collègue était peu connu de la Société actuelle parce que, depuis longtemps, en raison de l’état de sa santé, il avait cessé d’assister à nos séances ». Il demeurait 34, rue d’Artois (c’est-à-dire le [ancien] IIe arrondissement) en 1830 (il avait auparavant demeuré dans le [ancien] IIIe arrondissement ; puis 41, rue du Faubourg-Poissonnière en 1830-1835 (c’est-à-dire le [ancien] IIIe arrondissement) ; à Ecouen (Seine-et-Oise) à une date indéterminée mais après 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des .lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Almanach des 25000 adresses des principaux habitants de Paris pour l’année 1835, contenant les noms et demeures de tout ce que Paris renferme de personnes distinguées par leur rang ou par leurs fonctions… 21e édition, Dulac, Paris, chez Panckoucke éditeurs ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/518/22, Journal de la Société nationale d’horticulture de France, 3e série, tome IX, 1887, p. 402.

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