Chertier, Vivant, ou Vivan-Chertier

Biographie


Né vers 1772 (mais en 1782 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives de Paris VK3 34) à Auxonne (Côte-d’Or). Chef de bataillon en disponibilité (mais colonel in Archives de Paris VK3 33). Il comparut, le 24 mars 1831, devant le commissaire du quartier du Louvre, pour attester les conditions dans lesquelles Corduant, Pierre, Augustin, Joseph avait été tué ; il déclara que le 28 juillet dernier au matin Corduant, Pierre, Augustin, Joseph […] s’est présenté chez ledit commandant Chertier pour l’engager à se mettre à la tête des citoyens qui cherchaient à résister aux violences exercées contre eux ; que le commandant se rendit à son invitation ; qu’il perdit de vue le sieur Corduant, vers 3 ou 4 heures de l’après-midi ; il était alors légèrement blessé au nez ; que le lendemain 29, lesdits Chartier et Morizé retrouvèrent ledit Corduant allant au Louvre ; qu’ils débouchèrent ensemble par la rue des Prêtres sur la place Saint-Germain-l’Auxerrois, qu’ils se trouvèrent alors exposés au feu des Suisses placés sous la colonnade ; qu’à peine arrivé ledit Corduant a été frappé d’un ou de plusieurs coups mortels, qu’il est presque tombé sur le commandant Chertier et qu’il est mort aussitôt. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « A peu fait sinon d’aller à Rambouillet, à la tête de quatre cent quatre-vingts hommes qu’il avait réunis. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 3 janvier 1831, à trois voix pour la croix, deux voix pour la médaille et deux voix pour une mention. Chertier reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il aurait entravé par la suite les recherches faites pour tendre à établir la mort de Corduant, dossier embrouillé. Il signa, le 12 août 1830, le certificat suivant en faveur de Genève de Geney, Camille, Joseph : « Les soussignés, combattants des trois partie du manuscrit brûlée que M. Genève de Geney, Camille, Joseph, colonel de partisans, chevalier de la Légion d’honneur, s’est distingué dans les journées de Juillet et notamment à la porte Saint-Denis, le mercredi 28 dudit mois 1830 contre la colonne de gardes royaux commandée par M. de Saint-Chamand, où fut [blessé] le colonel Pleinesèlve. Nous déclarons en outre qu’il a maintenu le bon ordre, empêché le pillage et qu’il a droit à la récompense nationale. » Il signa, le 21 août 1831 et comme chef de bataillon, le certificat suivant en faveur de Lucas, Jean, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je, soussigné, certifie le nommé Lucas s’est distingué dans les journées de Juillet 27, 28, 29 et 30, a paru dans plusieurs affaires qui ont eu lieu dans ces journées mémorables et qu’il a fait partie du détachement du (ancien) XIIe arrondissement qui partait pour Rambouillet, commandé par le capitaine Chertier et le lieutenant Porte. » Il ajoutait l’apostille suivante : « J’atteste que le nommé ci-dessus a fait partie du détachement que je commandais de cinq cents hommes de la XIIe légion pour l’expédition de Rambouillet et a parfaitement fait son devoir. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Chartier, Vivant), auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il signa, le 9 décembre 1831, le certificat suivant en faveur de Lacour, Jean-Pierre, Paul, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, décorés de Juillet, certifions avoir vu le nommé Lacour combattre à la Grève et au Louvre et aux Tuileries et s’est montré bon citoyen et qu’il a quitté sa maison, sa femme et ses enfants pour voler au secours de ses frères qui combattaient pour la liberté et leur pays. En outre, depuis le sieur Lacour s’est toujours montré un bon citoyen, ayant toujours fait le service militaire [lire le service de la garde nationale, N.D.A.] jusqu’à ce jour. » Il signa, le 12 décembre 1831, le certificat suivant en faveur de Repiquet, Claude, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que M. Claude Repiquet, tisserand, demeurant à Paris, rue d’Arras n° 27 et ancien sergent-major, s’est comporté durant les journées des 28, 29 et 30 juillet 1830 comme un brave et loyal citoyen, qu’il a aidé à désarmer les postes de gendarmerie de la rue des Fossés-Saint-Bernard, du pont aux Tripes (sic) et des Gobelins ; qu’il est venu à la Grève prêter main-forte aux patriotes qui se battaient contre les Suisses ; que de là, il s’est rendu à la caserne de Babylone, sous les ordres d’un jeune élève de l’Ecole polytechnique monté sur un cheval gris pommelé ; qu’il a donné l’idée d’allumer de la paille pour faire déguerpir les Suisses qui soutenaient l’assaut et a exécuté ce de même ; enfin qu’il a fait partie des patriotes qui sont allés à Rambouillet, d’où il a ramené les voitures de la cour. » Ajoutant en apostille que Repiquet avait fait partie de la colonne mobile du (ancien) XIIe arrondissement, dirigée sur Rambouillet et qu’il avait lui-même commandée, et que Repiquet s’était conduit en cette occasion « en brave sous-officier ». Il signa, le 25 août 1830, le certificat suivant en faveur de Paquot, Nicolas : « Nous, soussignés, certifions que M. Paquot, ancien adjudant sous-officier au 1er régiment des chasseurs de la Meurthe, lors de notre glorieuse révolution, quitta son commerce de marchand, pour participer à notre régénération. Le 28 au désarmement des postes du Petit-Vaugirard, de la barrière du Maine, il lut une proclamation au peuple, tendant à exciter les troupes, à embrasser le parti de la cause nationale, et aux habitants de se joindre aux masses pour défendre la liberté et nos lois constitutionnelles. Le 29, à la prise du Louvre et des Tuileries, ensuite rue Rohan et Saint-Nicaise. Rentré aux Tuileries dans le pavillon Marsan, il fut placé en sauvegarde dans les appartements de madame la duchesse de Berry ; relevé de ce poste, il sut, par son courage et son sang-froid, faire sortir d’un des caveaux où était l’argenterie, des individus qui pillaient et les força à remettre les objets dont ils s’étaient emparés, ensuite ferma la porte et se posa en sentinelle à l’entrée pour empêcher de nouvelles tentatives. Le 30, il fut à Saint-Cloud, le 3 août à Rambouillet. A son retour il vint à Picpus, où se formait le 1er régiment des volontaire de la Charte. Il y fut admis en qualité d’adjudant sous-officier et par suite d’une revue de M. le maréchal de camp Joly, de M. le baron Beauvert sous-intendant militaire, le 15 août à la caserne Picpus, il fut réformé pour n’être pas en harmonie avec le mode de recrutement, resta en dépôt à la barrière de Vincennes dans la caserne de l’ancienne gendarmerie, chargé de la surveillance, de la discipline, de l’ordre et du service. Il fut transféré avec le dépôt dudit régiment à la caserne Babylone d’après une seconde revue. Il fut chargé par M. le maréchal de camp Joli de conduire trois cents réformés à la disposition de monsieur le préfet de la Seine, qui donna l’ordre à M. Paquot de conduire ces hommes aux travaux de secours, qu’il a également empêché que ces hommes ne se joignent aux ouvriers qui cassaient les mécaniques, qu’il a maintenu l’ordre et la tranquillité et rempli ses devoirs avec exactitude ; que nous le connaissons pour un homme d’honneur, un bon citoyen, un brave patriote. » Il signa, comme chef de bataillon, le 14 avril 1831, le certificat suivant en faveur de Morizé, François, David, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Morizé, François, David, commandant par intérim le quartier de Picpus, nous fit savoir la position fâcheuse à laquelle était réduite une partie des braves défenseurs de la liberté et que c’est par ses soins que les habitants du quartier Saint-Antoine portèrent audit quartier les vivres et toutes les choses nécessaires à la subsistance de plus de quatre cents personnes, que c’est à son zèle et à sa fermeté qu’on doit qu’aucun excès ne fut commis dans cette occasion, ce en quoi il fut puissamment secondé par son frère. » Il reçut, à titre de médaillé de Juillet, un secours de cinquante francs en 1849, un secours de soixante francs en 1850 et en 1851, un secours de cinquante francs en 1852. Il demeurait 3, rue Saint-Victor (quatre sources dont Archives de Paris VK3 33, Archives de Paris VD6 682 n° 3 et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39) ou 6, rue Saint-Victor en 1831 ; 7, rue Saint-Thomas-d’Enfer ou 15, rue Neuve-d’Orléans au Petit Montrouge en 1849-1850 ; 5, rue d’Amboise au Petit-Montrouge en 1851 ; 2, rue d’Enfer près de la place Saint-Michel (?) en 1852. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 89 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 3 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien) ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/49 ; Archives nationales F/1dIII/50 in dossier Corduant ; Archives nationales F/1dIII/70 in dossier Paquot, Nicolas ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 79, idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116, idem, Proposition, en date du 6 mai 1851, d’accorder à 153 décorés, médaillés, veuves, combattants et orphelins de Juillet 1830, des secours s’élevant à la somme de 8.025 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 181-184, idem Proposition d’accorder à 128 décorés, médaillés, veuves, ascendants, orphelins et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant à 6.895 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, en date du 19 avril 1852, minutes 217-220 ; Archives de la préfecture de police AA 389 in dossier Genève de Geney, Camille, Joseph ; Archives de la préfecture de police AA 396 in dossier Lacour, Jean-Pierre, Paul ; Archives de la préfecture de police AA 399 in dossier Lucas, Jean ; Archives de la préfecture de police AA 404 in dossier Morizé, François, David ; Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier Repiquet, Claude. Il y a dans Archives de la préfecture de police AA 378 in dossier Chatelin, Barthélemy un Chertier, commandant, demeurant rue des Deux-..., qui signa, le 27 août 1830, le certificat suivant en faveur de Chatelin, Barthélemy : « Nous, soussignés, certifions à qui appartiendra que le sieur Chatelin, Barthélemy, né à Mitry (Seine-et-Marne), le 20 février 1795, a été blessé à la poitrine à la défense de l’Hôtel de ville et au pouce de la main gauche, en désarmant un capitaine suisse à Rambouillet [ce qui n’est a priori pas exact, N.D.A.], ce qui est à notre connaissance et que nous affirmons sur l’honneur. »

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