Chevalier, Antoine

Biographie


Né le 6 juillet 1791 à Briis-sous-Forges (Essonne), fils de Chevalier, Jean-François, manouvrier, et de Michelet, Marie, Jeanne son épouse. Ancien militaire, couvert de blessures, il s’établit marchand de vins, 1, place des Victoires, au coin de la rue des Petits-Champs. Il combattit « avec le plus grand courage » pendant les deux premières journées. Le 29 juillet, vers midi, au coin de la rue de Valois-Saint-Honoré, il tomba raide mort, atteint de deux coups de feu, l’un à cuisse droite et l’autre au front. Il fut inhumé au pont de Grenelle. Dans la lettre qu’il fit parvenir à la Commission des réclamants, afin de faire valoir ses droits à la Croix de Juillet, Candat, Charlemagne évoquait la mort de Chevalier, Antoine, dans ces termes : « […] Le mercredi 28 juillet, je me suis rendu à 7 heures du matin à la porte Saint-Denis, où j’ai contribué à arrêter deux lanciers, qui étaient chargés de porter à Vincennes l’ordre de faire marcher l’artillerie sur Paris. Nous nous sommes emparé de ces papiers et les avons envoyés à la mairie. De là, j’ai été emprunté chez madame veuve Camus, marchande boulangère, rue du Faubourg-Poissonnière n° 8, un uniforme de garde national et des armes et me suis rendu à la place de la Bourse et plus tard à la place des Petits-Pères, où mon nom a été inscrit sur une feuille volante avec ceux des autres gardes nationaux qui s’y trouvaient réunis. Rangés en bataille, nous y avons essuyé le feu de la troupe de ligne à l’instant où M. Chevalier (voir Chevalier, Antoine ?) a été tué dans sa boutique. Après avoir épuisé mes cartouches, au coin des rues Croix-des-Petits-Champs et des Fossés-Montmartre, je me suis retiré sur la place des Petits-Pères, où nous avons gardé la mairie […]. » L’inventaire de l’établissement, dressé par le notaire, permit de constater que le débit de vin en détail ne produisait presque rien d’autre que beaucoup de dettes. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le 9 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, comparurent : Quetet, Jean-Paul, ou Quetel, Jean-Paul, marchand tailleur, demeurant 20, rue de la Monnaie ; Geney, Jacques, marchand de vins, demeurant 1, rue des Deux-Ecus ; Jesson, Jean-Marie, serrurier, demeurant 27, rue Bellefond. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Chevalier et « qu’ils savent que le jeudi 29 juillet 1830 à environ midi il a été blessé d’abord à la cuisse droite et ensuite au front d’une balle qui lui a traversé la tête et l’a laissé roide mort et que cet événement a eu lieu au coin de la rue de Valois-Saint-Honoré ». Il laissait une mère âgée, Michelet, Marie, Jeanne, veuve Chevalier, née le 15 décembre 1761 à Orsay (Seine-et-Oise), qui fut pensionnée de trois cents francs (sous le nom de Chevallier sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel) et à qui fut accordé (sous le nom de veuve Chevalier, née Marie-Jeanne, Michelet) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes de cinquante francs. Les parents s’étaient mariés le 29 mai 1780 à Briis-sous-Forges ; l’époux est indiqué comme le fils de Chevalier, Jean-Louis, berger, et de Enloin, Anne ; l’épouse est indiquée comme la fille de Michelet, Jean-Baptiste, jardinier, et de Tupinet, Marie, Jeanne ou Supinet, Marie, Jeanne. Chevalier, Jean-François devait décéder le 2 octobre 1809 à Meudon. Le maire de Meudon avait décerné en faveur de Michelet, Marie, Jeanne, veuve Chevalier un certificat, en date du 13 août 1831, attestant qu’elle demeurait à Meudon depuis plus de vingt ans, qu’elle était de bonnes vie et mœurs, d’une conduite et d’une probité également irréprochables, qu’elle était dans un état de dénuement et qu’elle n’avait pour tous moyens d’existence que ses occupations journalières qui pouvaient à peine la faire subsister. Il laissait une veuve, Sauzay, Jacqueline, née le 18 septembre 1785 à Lyon (Rhône) (elle-même fille de Sauzay, Michel, traiteur, et de Planchi, Claudine son épouse), qu’il avait épousée le 31 août 1814 à la mairie du (ancien) Xe arrondissement de Paris, qui reçut cinq cents francs de secours entre le 8 octobre 1830 et le 10 mars 1831, auprès de la mairie de cet arrondissement, qui fut pensionnée et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes de soixante-quinze francs. Il laissait deux enfants, nés tous deux à Paris, Jeanne, le 21 avril 1816 (par erreur le 22 avril 1816 in Archives nationales F/1dIII/38 B) et Antoine, le 7 mai 1822, qui furent pensionnés comme orphelins de Juillet et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et de Chevalier, Jérôme, jardinier, subrogé-tuteur, demeurant à Mousseau près de Villeneuve-Saint-Georges en 1831. En 1832, la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait au sujet de Jeanne : « La demoiselle Chevalier étant âgée de seize ans et ayant reçu déjà une éducation suffisante pour l’état auquel sa mère la destine, est restée chez sa mère, qu’elle aide dans son commerce de vins. La mère est très attachée à sa fille et fort recommandable. Elle lui donne encore plusieurs maîtres de langues et d’agrément. » Antoine qui avait d’abord été placé à Boulogne, chez M. Tranche, entra, le 1er juillet 1832, à l’école de commerce, des arts et métiers de Charonne, contre le paiement d’une pension annuelle de six cent cinquante francs ; en 1835, il se destinait à l’état de dessinateur sur étoffe ; en 1836, il était élève dans une pension de Boulogne. Les deux enfants reçurent trois cents francs pour leurs frais de trousseau en 1832. Le nom de Chevallier (A. Chevallier) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon et sur les tables du Panthéon. Il demeurait 1, place des Victoires (mais 11, place des Victoires in Archives nationales F/1dIII/38 A ; mais bien 1, place des Victoires deux fois in Archives nationales F/1dIII/38 B) ; sa veuve, même adresse en 1832 ; sa mère, à Meudon en 1831. Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, liste nominative des orphelins, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 97-98 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 29, p. 96 pour la mère ; Archives de Paris DM13 1, préfecture de la Seine, tableau des décès qui ont eu lieu pendant les mois de juillet, août et septembre 1830, (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Archives de Paris VD6 281 n° 1, Citoyens du (ancien) IVe arrondissement dont les noms sont inscrits au Panthéon ; Archives de Paris VD6 288 n° 7 mairie du (ancien) IVe arrondissement, Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du IVe arrondissement de Paris, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet, domiciliés dans cet arrondissement ; Archives de Paris VD6 288 n° 7 Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) IVe arrondissement, Etat des récépissés des inscriptions de rentes délivrées par le maire du quatrième arrondissement de Paris, aux veuves, ascendants ou blessés de Juillet inscrits en la mairie dudit arrondissement, Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du IVe arrondissement de Paris, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet, domiciliés dans cet arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830, Liste des morts, pensions, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 32-33 ; Archives de Paris VK3 11 (avec la mention Inconnu au [ancien] XIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) IVe arrondissement comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) IVe arrondissement, orphelins du (ancien) IVe arrondissement, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves), état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance et Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/40 (orphelins de Juillet, année 1831 ; Etat des orphelins de Juillet qui ont atteint leur septième année, dont le placement dans des établissements publics ou privés a été décidé par la Commission municipale du IVe arrondissement de Paris, et qui ont droit, en conséquence, pour l’acquisition d’un trousseau à l’allocation de trois cents francs fixée par l’article 9 de l’ordonnance du 25 août 1830 ; année 1833, IVe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 IVe arrondissement ; année 1839 IVe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Beguin ; Archives nationales F/1dIII/49 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (sous le nom de Chevallier, Antoine) et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IVe arrondissement, veuves et ascendants et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien IVe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 80 (sous le nom de Chevallier, Antoine), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 376 in dossier Candat, Charlemagne.

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