Chevalier, Jean-Baptiste
Biographie
Né vers 1799 à Saint-Nom-la-Bretèche (Yvelines). Ebéniste. Il s’illustra dans le faubourg Saint-Antoine, à la porte Saint-Martin et au Louvre. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales mais ses pièces furent perdues. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIIIe arrondissement), afin d’obtenir la Croix de Juillet et adressant la lettre suivante : « J’ai l’honneur de vous exposer les faits et la marche que j’ai suivie dans nos mémorables journées. Le mardi sur l’après-midi, je me suis dirigé dans le quartier Saint-Denis, pour observer le mouvement qui s’opérait dans la capitale. Me trouvant dans la rue Mandar avec quelques imprimeurs qui demandaient des armes, se trouvant devant un arquebusier, il fut décidé d’enfoncer la porte, ce qui eut lieu, non sans peine, mais déjà les armes étaient enlevées qu’il me fut impossible d’en avoir une. Je suis revenu dans le faubourg Saint-Antoine, où nous eûmes quelques petites attaques avec les gendarmes du poste. Le mercredi, je sortis à 4 heures du matin, du côté du quartier Saint-Honoré, où j’ai sorti au moment où M. Laffitte (voir Laffitte, Jacques) est rentré. Je suis allé ensuite du côté de la porte Saint-Denis, où j’ai travaillé plusieurs heures à la construction des barricades avec les voitures que nous trouvions. Après trois heures de travail, j’entends dire que l’on se préparait à une attaque dans le faubourg Saint-Antoine. Je me préparais à quitter de suite pour aller défendre le faubourg. A peine avais-je fait quelques pas qu’il vint un lancier d’ordonnance. Le trouvant près de moi, je le saisis par la bride. Mais un grand nombre de personnes accoururent et lui prirent ses armes et son ordonnance. Il repartit d’abord au trot, en criant Vive la Charte ! mais quelques personnes lui ayant signifié d’aller au pas, il ne reprit son trot que sur le boulevard Bonne-Nouvelle. De là, je me suis dirigé au faubourg Saint-Antoine. Arrivant en face la rue Traversière, déjà l’on se disposait à mettre les voitures en travers la rue. Quelques instants après, quelques charges de cavalerie furent exécutées. Les fantassins dérangèrent les voitures pour faciliter le passage de la cavalerie. Lorsqu’ils furent partis, j’invitais les bons patriotes à se joindre à moi pour empêcher définitivement la cavalerie. J’ai décidé qu’il fallait enlever les pavés et faire un fossé. Mon avis fut trouvé bon et de suite exécuté. Après que tout fut fini, je leur dis qu’il nous manquait l’étendard de la liberté. De suite, tous crièrent Au Vampire ! Enfonçons la porte (nom d’un magasin de la rue du Faubourg-Saint-Antoine, N.D.A). Je me suis précipité devant la boutique, en leur faisant observer que c’était inutile de casser, que je leur répondais d’en apporter un tout de suite. Je fus trouver le garçon du Vampire, qui m’accorda de suite ce que je demandais. J’ai même eu le temps d’attacher les trois couleurs avec des épingles. L’ayant planté sur la barricade, je leur dis Mes amis voilà notre signe de ralliement nous le défendrons ou la mort ! Les cris furent répétés. A peine l’avais-je planté que la cavalerie chargea sur nous. N’ayant eu le temps que de l’enlever, nous nous dirigeâmes du côté du marché Lenoir. Lorsqu’ils furent retournés, nous nous ralliâmes et il fut décidé de désarmer les postes du marché Lenoir, ce qui fut exécuté. Ils nous donnèrent leurs armes, sans résistance, aussi que le poste des pompiers. Ensuite nous partîmes pour désarmer les gendarmes de la barrière du Trône mais la grille était fermée. Ils se préparaient comme s’ils avaient voulu nous donner leurs armes. A peine étaient-ils rassemblés qu’ils se sauvèrent sur Vincennes, en nous dirigeant quelques coups de fusil sans blesser personne. Nous partîmes ensuite pour Picpus, où nous n’y trouvâmes que deux mauvais fusils. De là, je suis rentré chez moi pour prendre quelque nourriture, dont j’avais grand besoin. Je repartis après du côté de la porte Saint-Denis, où je n’y suis resté que quelque temps vu que j’entendis dire que l’on se battait dans notre quartier. Effectivement car je n’y pus arriver que par quelques détours, où nous eûmes à soutenir le feu du 1er et 6e de la garde, une partie de l’après-midi. Le lendemain jeudi, je partis pour l’Hôtel de ville. De là, je me suis dirigé du côté du Palais-Royal, où nous eûmes à soutenir leur feu pendant quelques heures. Un moment après la prise du Palais-Royal, je partis pour le Louvre. Comme j’arrivais, les braves avaient déjà fait leur entrée. Je partis ensuite du côté de la barrière de Passy, où l’on nous a distribué quelques rations de vin. Sur les 9 heures du soir, je me suis trouvé à l’Ecole militaire. Je vis arriver une voiture à un cheval, chargée de poudre et un caisson traîné par les jeunes gens de l’Ecole. Je me suis empressé de les escorter jusqu’à la Bourse. En arrivant dans le jardin du Louvre, le fusil d’un de mes camarades partit à son repos et faillit mettre le feu au panier qui était dans la voiture. Je partis ensuite pour Saint-Cloud. J’arrivais de grand matin, où je fis faction, pour qu’on n’emportât rien. Du reste, il n’y eut aucune attaque. Voilà, messieurs ce que j’ai l’honneur de vous exposer. Ces faits furent reconnus par l’ancienne Commission mais le commissaire de la Commission n’ayant pas présenté mon certificat au jury, que je lui avais confié, il s’en est suivi que je ne reçus pas la récompense à laquelle je m’attendais. Je me suis présenté depuis trois semaines pour avoir mon certificat, je n’ai cessé de courir, j’ai été obligé de vous présenter un nouveau. Veuillez etc. » Il joignait à sa demande plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie avoir vu planter le drapeau tricolore sur la barricade Saint-Antoine par M. Chevalier et parti pour le désarmement des postes. » Signé, le 13 juillet 1831 : Chevance, demeurant 91, rue du faubourg-Saint-Antoine. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie avoir vu, le mercredi, combattre M. Chevalier contre les gardes royaux. » Signé, le 10 juillet 1831 : Mangard, demeurant 47, rue Traversière-Saint-Antoine. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que M. Chevalier est venu chez moi, le jeudi, rue Neuve-Saint-Eustache et parti à l’attaque du Palais-Royal, armé d’un fusil. » Signé, le 13 juillet 1831 : Petit, traiteur, demeurant 34, rue Traversière-Saint-Antoine et précédemment 16, rue Neuve-Saint-Eustache. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, habitants du (ancien) VIIIe arrondissement de la ville de Paris, certifions à qui il appartiendra qu’il est à notre connaissance que le nommé Chevalier, Jean-Baptiste, âgé de trente et un ans, demeurant rue Traversière-Saint-Antoine n° 34, a habité ledit quartier pendant l’espace de quinze mois, qu’il s’est conduit de manière à mériter la bienveillance des autorités constituées et l’estime des honnêtes gens, étant de bonnes vie et mœurs. Nous certifions en outre qu’il est à notre connaissance qu’il a combattu dans les mémorables journées de Juillet, qu’il fut un des premiers qui arbora le drapeau de la liberté sur la barricade du faubourg Saint-Antoine, au moment où les cuirassiers et lanciers exécutèrent leur charge, [et qu’il] se dirigea ensuite au désarmement de plusieurs postes. » Signé, le 25 juin 1831 : Jacquemin, demeurant 34, rue Traversière ; Mangard, demeurant 47, rue Traversière-Saint-Antoine ; Gruat, J., demeurant 34, rue Traversière (dans Archives de la préfecture de police AA 401 in dossier Marvy, Blaise il s’appelle Graat, J., demeurant 34, rue Traversière et signait, le 21 mai 1831, un certificat en faveur de Mary, J.) ; Chevance, demeurant 91, rue du faubourg-Saint-Antoine ; Petit, traiteur, demeurant 34, rue Traversière. Il signa, le 2 juin 1831, le certificat suivant, en faveur de Marvy, Blaise, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants, afin d’obtenir la décoration de Juillet : « Je, soussigné, certifie qu’il est à ma connaissance d’avoir vu le sieur Marvy, Blaise (sic), le 28 juillet, combattant rue Saint-Denis, au coin de la rue du Ponceau contre les gardes royaux qui étaient à la porte Saint-Denis. Plus, l’ayant rencontré le 31 à Saint-Cloud en faction à la grille d’entrée. » Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme sans fortune. Sur son dossier est inscrit la mention suivante Mort. Il demeurait 34, rue Traversière-Saint-Antoine en 1831. Archives de la préfecture de police AA 378 ; Archives de la préfecture de police AA 401 in dossier Marvy, Blaise.