Chevillon, Pierre, Nicolas

Biographie


Né le 28 mai 1809 à Esquien (Yonne). Il fit, sans succès, une demande devant la Commission des récompenses nationales. Depuis janvier 1831, il était receveur-conducteur à l’entreprise des Favorites, située 53, grand-rue à La Chapelle-Saint-Denis. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ve arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Chevillon, Pierre, Nicolas s’est réuni à mon détachement que je commandais le 29 juillet au matin et qu’il s’est montré avec zèle partout où le danger était le plus imminent, notamment à la prise du Louvre et des Tuileries. Il est resté sous mes ordres au poste de la Chambre des députés jusqu’au 5 août, où il a fait son service avec une exactitude parfaite. » Signé, le 6 août 1830 : colonel Servatius (voir Servatius, Mathias), demeurant rue Notre-Dame-des-Victoires. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare que M. Chevillon faisait partie d’un détachement que commandait M. le colonel Servatius, au coin des rues de Richelieu et des Boucheries, qu’il a constamment tiré contre la garde royale qui se trouvait à l’angle des rue de Rohan et Saint-Honoré, qu’il a ensuite fait partie d’un petit détachement que j’avais réuni pour nous porter sur la place de la Bourse, où la garde royale devait de nouveau attaquer. Embusqué dans le théâtre des Nouveautés, sur l’invitation de M. Bohain (voir Bohain, Alexandre, Victor), rédacteur du Figaro, M. Chevillon s’est conduit avec ordre et dévouement. Il m’a ensuite accompagné jusqu’à la barrière de l’Etoile avec quelques hommes, où nous avons passé la nuit du 29 au 30 à la garde de ce poste. » Signé, le 22 août 1830 puis un duplicata le 1er juillet 1831 : Chuquet (voir Chuquet, Jean-Jacques), marchand de vin, demeurant 59, rue Lafayette. La Commission des récompenses nationales ne voulant pas lui rendre les pièces qu’il lui avait confiées (pourtant pas trouvé de dossier à son nom), il donnait aussi la liste suivante des personnes auprès desquelles on pouvait prendre des renseignements sur la conduite qu’il avait tenue en juillet : Fouché, marchand de vins, demeurant 59, rue Lafayette près le nouveau marché à la paille ; Lamouche, demeurant dans le faubourg Saint-Denis, dernière maison en montant à gauche près la barrière de La Chapelle ; Lemaitre, ancien serviteur de l’armée, demeurant 4, rue des Messageries, quartier Poissonnière. Il participa aux émeutes républicaines de 1832, de 1834 et de 1839 et à la Révolution de Février. En 1848, il était journalier et déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, sollicitant un secours et un emploi, n’importe lequel qu’on voulût bien lui procurer. Il rappelait son passé de républicain et qu’il avait été arrêté deux fois après l’émeute de 1832, une fois durant trois jours et une autre durant huit jours et qu’après l’émeute de 1834, il préféra s’absenter dix-huit mois de Paris et séjourner dans l’Yonne. Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Je certifie que le nommé Pierre, Nicolas Chevillon a combattu avec courage dans les journées des 5 et 6 juin 1832 et qu’il se trouvait à côté de moi lorsque je fus blessé à la prise du poste du pont de l’Hôtel-Dieu et de là il se dirigea sur la barricade Saint-Merri, où il fut légèrement blessé. Je déclare en outre qu’il était membre de la Société des droits de l’homme et que, le connaissant, je le fis entrer dans le comité d’action, dont j’étais membre. Il y fut admis en qualité de commissaire pour le (ancien) IIIe arrondissement, mission qu’il a remplie avec zèle dans l’intérêt de la Société depuis les affaires de juin 1832 jusqu’au 13 et 14 avril 1834, époque à laquelle il fut traqué par la police. » Signé, le 15 mars 1848 : Delente, ancien membre du comité d’action de la Société des droits de l’homme ; Rabouin. Un autre certificat, signé de Kersausie, attestait aussi sa conduite dans la Société des droits de l’homme mais ce certificat est absent de son dossier. Il était inscrit au bureau de bienfaisance du (ancien) XIIe arrondissement. La Commission le proposa pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février, mais qui ne fut jamais institué, et pour une place de gardien dans un des marchés de Paris. Il était marié et père de quatre enfants en bas âge en 1848. Il demeurait 59, rue Lafayette en juillet 1830 ; 13, grand-rue à La Chapelle-Saint-Denis en 1831. 69, rue de Lourcine en 1848. Archives de la préfecture de police AA 378.

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