Cheviron, Jean, Marie
Biographie
Né le 30 mai 1782 paroisse Saint-Laurent à Paris, fils de Cheviron, Jean-Claude (qui devait décéder le 14 janvier 1812), et de Leroy, Marie, Barbe. Compagnon menuisier. Un certificat de notoriété établit ainsi les circonstances dans lesquelles il fut blessé à mort : « Ils l’ont vu combattre vaillamment dans la rue du Faubourg-Saint-Martin près la maison n° 72 et qu’en ce même endroit, vers les 2 heures après-midi ils l’ont vu assailli par plusieurs gendarmes et frappé de deux coups de sabre, l’un à la main, l’autre à l’épaule, et de cinq coups de baïonnette sur diverses parties du corps, qu’ainsi, gravement blessé, il fut transporté en son domicile, où il est mort des suites de ses blessures [le 8 septembre, N.D.A.] […] après quarante-trois jours de souffrances les plus atroces. » Il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise. Il reçut, avant de mourir, un secours de cent vingt francs en août et un autre de trente francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Le certificat médical suivant les conditions de son décès : « Je, soussigné, chirurgien de la faculté de Paris, certifie avoir donné mes soins au nommé Cheviron, demeurant rue du Faubourg-Saint-Martin n° 66 (sic), blessé le 28 juillet de deux coups de sabre et de cinq autres blessures essentiellement mortelles, à la suite desquelles, malgré toute la puissance et le traitement le plus rationnel il a succombé après quarante-trois journées de souffrances les plus atroces. » Signé, le 7 avril 1831 : Deligny (voir Deligny, Jean, Julien, François, Gabriel), demeurant 6, rue du Faubourg-Saint-Martin. Le 28 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement, comparurent : Boulle, Jean-Baptiste, né vers 1782, limonadier, demeurant passage Brady dans le faubourg Saint-Martin ; Nolle, Etienne, né vers 1787, marchand de vin, demeurant 53, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Duval, François, né vers 1775, menuisier, demeurant 66, rue du Faubourg-Saint-Martin. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Cheviron « qui demeurait à Paris rue du Faubourg-Saint-Martin n° 70 (sic), où il exerçait la profession de menuisier ; qu’il est aussi à leur parfaite connaissance que ledit Cheviron a péri glorieusement par suite de son dévouement pour la cause de la liberté dans les célèbres journées de juillet 1830 ; qu’en effet le 28 dudit mois ils l’ont vu combattre vaillamment dans la rue du Faubourg-Saint-Martin près la maison n° 72 et qu’en ce même endroit, vers les 2 heures après-midi ils l’ont vu assailli par plusieurs gendarmes et frappé de deux coups de sabre, l’un à la main, l’autre à l’épaule, et de cinq coups de baïonnette sur diverses parties du corps, qu’ainsi, gravement blessé, il fut transporté en son domicile, où il est mort des suites de ses blessures dans les premiers jours de septembre suivant ». Il laissait une mère, Leroy, Marie, Barbe, veuve Cheviron (qui n’apparaît pas sur les listes du Bulletin des lois comme pensionnée). Il laissait une veuve, Namont, Marie, Louise, Aimée, née le 5 août 1784 à Berny (Somme) (elle-même fille de Namond, Jean-Baptiste sic dans l’acte de mariage [mais bien Namont dans l’acte de naissance de sa fille], garde-chasse à Berny, décédé le 28 février 1813 et de Vermont, Marie, Madeleine, blanchisseuse dans l’acte de mariage ; mais dans son acte de naissance elle est indiquée comme la fille de Boudoux, Marie, Marguerite ; Vermont, Marie, Madeleine est indiquée comme la marraine de l’enfant), qu’il avait épousée le 22 septembre 1813 à Senlis (Somme), sans état. Sa veuve fut pensionnée de cinq cents francs et il lui fut accordée (sous le nom de veuve Cheviron, née Nanon, Marie-Louise, Aimée) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le 24 juillet 1840, les restes de Cheviron furent exhumés du terrain situé au cimetière du Père-Lachaise, où ils avaient été placés, puis renfermés avec ceux de quatre-vingt-sept autres victimes dans quatre sarcophages, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Il demeurait rue aux Fromages à Senlis en 1827 ; 65, rue du Faubourg Montmartre ou 66, rue du Faubourg Montmartre ou 70, rue du Faubourg Montmartre en 1830 ; sa veuve, 72, rue du Faubourg-Saint-Martin en 1831 mais bien deux fois 66, rue du Faubourg-Saint-Martin en 1831 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/35 B et une fois in Archives nationales F/1dIII/38 B. Le nom de Cheviron (J.-M. Cheviron) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 15 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 16 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 105 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves auxquelles il a été accordé des inscriptions de rentes du Ve arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 99 (sous le nom de veuve Cheviron, née Nanon, Marie-Louise, Aimée) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/49 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ve arrondissement, veuves (sous le nom de veuve Cheviron, née Nanon, Marie-Louise, Aimée) et ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 80, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 420.