Chirac, Joseph
Biographie
Né le 17 septembre 1791 à Emias (Aveyron). Ancien sergent, retiré du service avec congé absolu en 1814, établi loueur de cabriolets de remise. Il fut blessé d’un coup de baïonnette à la clavicule droite et d’un coup de crosse de fusil à la tête. Cette dernière blessure lui occasionna des symptômes de commotions cérébrales. Il fut de plus meurtri en plusieurs endroits, au point que le chirurgien qui le soigna devait déclarer que c’était par miracle qu’il avait résisté à tant de coups. Il fut soigné par le docteur Haisson aux Batignolles. Le rapport de Sensier précisait à son sujet : « S’est fait remarquer le 28 juillet à l’attaque du 5e régiment de ligne sur le boulevard Poissonnière, et contribua à faire cesser le feu, en allant au-devant d’eux comme ancien militaire. Il se rendit de là à la place Vendôme, pour empêcher également les troupes de tirer sur le peuple ; il y fut fait prisonnier. Sa montre et sa bourse lui furent prises, et il ne dut la vie qu’à M. Drogue, sous-lieutenant des grenadiers de la garde. Il est muni de certificats qui lui ont été délivrés par le prince de la Moskowa et autres officiers et citoyens. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Les renseignements suivants furent recueillis sur son compte par la mairie de son arrondissement : « Blessé d’un coup de baïonnette à la clavicule droite, de plusieurs contusions graves à la tête, au point que, suivant la déclaration du docteur Herisson, le cerveau avait été affecté, de beaucoup de meurtrissures sur tout le corps. Le docteur Herisson déclare qu’il regarde comme étonnant que Chirac ait pu survivre à tant de coups et de douleurs. Sa montre et sa bourse lui ont été prises au moment où, à la suite de toutes ses blessures, il fut fait prisonnier par les Suisses. Malgré tout cela, depuis le 30 juillet, il n’a cessé de faire un service très actif dans la garde nationale. » Dans le récit que fit Tristant, Jean, Nicolas de sa propre participation, on trouve les indications suivantes concernant Chirac : « Je m’étais formé une compagnie et nous nous portâmes sur la porte Saint-Denis, à la tête de mon peloton. Nous rencontrâmes trois lanciers de la garde, portant la correspondance de porter du renfort sur la porte Saint-Denis. Nous fonçâmes dessus avec précipitation. Nous les avons démontés et désarmés et déchiré leur correspondance. Les chevaux ont été conduits place des Petits-Pères, état-major provisoire par mon camarade Chirac, ex-sergent et couvert de plusieurs blessures, entre autres un coup de baïonnette […]. » Chirac fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement (sous le nom de Chivac, Joseph sur les listes du Bulletin des lois). Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il signa, le 17 juillet 1831 et comme « blessé et décoré de Juillet », le certificat suivant en faveur de Schmit, Guillaume, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous certifions véritable que le nommé Schemite, Guillaume (sic), a combattu avec nous pendant les trois journées 27, 28, 29 juillet 1830, qu’il s’est toujours distingué dans toutes les attaques qui se sont présentées et qu’il a désarmé un gendarme à l’état-major lorsque nous nous sommes présentés pour en faire la prise, puis qu’il a fait partie de la défaite des trois lanciers sur le boulevard au coin de la rue de Choiseul, de là s’est rendu avec nous à la porte Saint-Denis, ensuite il a fait partie de la garde mobile. » Il ajouta aussi l’apostille suivante à ce certificat : « Je certifie la bonne conduite du sieur Schmit qu’il a tenue dans les journées de Juillet. Il a monté la garde tous les jours au poste de bonne volonté réuni rue Saint-Lazare, 74, dont j’étais le chef. » Il sollicita une place d’inspecteur à la halle aux cuirs. Il reçut sans doute un secours en 1849, à titre de médaillé de Juillet, un secours de soixante francs en 1850, en 1851 et en 1852, à titre de décoré de la Croix de Juillet. Il demeurait 58, rue de la Chaussée-d’Antin (ou 58, rue du Mont-Blanc) en 1830-1831 ; 15, quai aux Fleurs en 1849-1852. Rapport de M. Sensier, ancien notaire, commissaire du IIe arrondissement chargé de constater le nombre des victimes et les faits mémorables des glorieuses journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, Paris, imprimerie de Ambr. Firmin Didot, 24, rue Jacob, 1830, p. 21, 33 ; Le National, 10 août 1830 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 67 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives de Paris VK3 53 in dossier Tristant, Jean, Nicolas ; Archives nationales F/1dIII/33 état nominatif des emplois présentés par la Commission des récompenses nationales à M. le préfet de police ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 70, idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 413 in dossier Schmit, Guillaume.