Chuquet, Jean-Jacques

Biographie


Né le 14 août 1794 à Mathieu (Calvados). Courtier de commerce (mais marchand de vin dans le certificat qu’il signe in Archives de la préfecture de police AA 378). Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Dans l’exposé que fit Bariquant, Jean-Pierre, Simon de sa propre participation aux combats de Juillet, il donnait les informations suivantes sur Chuquet : « […] Le 29, notre réunion eut lieu à la porte Saint-Denis, toujours avec notre même chef et, de là, nous nous sommes rendus rue Saint-Honoré et rue Richelieu, où nous nous sommes réunis à un fort détachement, commandé par M. le colonel Servatius (demeurant hôtel des Ambassadeurs, rue Notre-Dame-des-Victoires). Nous avons éprouvé une résistance terrible de la part des troupes de l’ex-roi. Ayant appris que la garde royale avait l’intention de se porter sur nos derrière pour envahir le palais de la Bourse, je me suis réuni à un petit nombre d’hommes de bonne volonté et à la tête desquels était un nommé Chuquet, pour défendre ce lieu. Nous avons pris embuscade au Théâtre des nouveautés, où nous avons passé quelques heures, tant qu’il plaisait à la garde royale de nous rendre sa visite. Au bout de ce temps, nous nous sommes, sur les ordres de notre chef de file, rendus à la barrière de l’Etoile, où nous avons fait nos adieux à l’ex-garde et passé la nuit du 29 au 30, à la garde de ce poste, sous les ordres de M. Destain, et ne l’ai quitté que lorsque nous avons été relevés par la garde nationale de Chaillot […]. » Chuquet signa, le 12 août 1830, le certificat suivant en faveur de Bariquant, Jean-Pierre, Simon : « Je, soussigné, certifie que M. Bariquant a fait partie du détachement que j’ai dirigé vers la place de la Bourse, le Théâtre des nouveautés, où nous avons pris position et la barrière de l’Etoile, où nous avons, sous les ordres du jeune Destaing, passé la nuit du 29 juillet dernier. Ce brave et ancien militaire, encore armé d’un sabre teint du sang des Suisses, s’est conduit avec un dévouement sans exemple. » Il signa, le 22 août 1830, le certificat suivant en faveur de Chevillon, Pierre, Nicolas : « Je, soussigné, déclare que M. Chevillon faisait partie d’un détachement que commandait M. le colonel Servatius, au coin des rues de Richelieu et des Boucheries, qu’il a constamment tiré contre la garde royale qui se trouvait à l’angle des rue de Rohan et Saint-Honoré, qu’il a ensuite fait partie d’un petit détachement que j’avais réuni pour nous porter sur la place de la Bourse, où la garde royale devait de nouveau attaquer. Embusqué dans le théâtre des Nouveautés, sur l’invitation de M. Bohain, rédacteur du Figaro, M. Chevillon s’est conduit avec ordre et dévouement. Il m’a ensuite accompagné jusqu’à la barrière de l’Etoile avec quelques hommes, où nous avons passé la nuit du 29 au 30 à la garde de ce poste. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Le 28 juillet 1833, il fut arrêté chez la veuve Chaveau, demeurant 85, passage du Caire en compagnie de : Noirepoudre, Paul, François, courtier de commerce, demeurant 85, rue de Cléry ; Chaveau Gabriel, né vers 1813 à Paray-de-Manège (Saône-et-Loire), papetier, demeurant 85, passage du Caire ; Chevé, Charles, né vers 1813, étudiant en droit, demeurant 1, rue des Bourguignons (duquel fut saisi un testament dont il ne nous reste aucune trace mais commençant par ces mots Ayant fait d’avance le sacrifice de ma vie à la cause sainte de la liberté et finissant ainsi Puisse mon patriotisme ardent effacer toutes mes fautes) ; Collet, Noël, Alexis, dit Duclos, né vers 1798 à Versailles (Yvelines), marbrier, demeurant 14, rue Saint-André-Popincourt ; Levasseur, Eugène, né vers 1811 à Paris, coloriste ou vernisseur, demeurant à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement ; Allard, François, né vers 1800 à Anceny (Loire-Atlantique), serrurier, demeurant 17, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Boudin, Lazare (ou Bondin, Lazare), né à Caen (Calvados), scieur de pierres, demeurant 9, rue du Cœur-Volant. L’arrestation fut l’objet du procès-verbal suivant : « […] Le commissaire du quartier des Arcis s’est transporté hier à 11 heures du matin au domicile de [Chaveau], qu’il a arrêté, ainsi que les sept autres qui sont survenus successivement. Dans la chambre de la dame veuve Chaveau, mère de l’arrêté, on a saisi sur une table une liste de neuf individus faisant partie d’une section, dont un nommé Piron est indiqué comme président, un nommé Vengrenaire, demeurant rue de la Roquette n° 11, sous-président, et les autres sectionnaires, membres. On a saisi sur les huit individus, savoir : le nommé Chevé un testament contenant un projet de rébellion contre le gouvernement ; Chaveau deux lettres cachetées et adressées l’un au sieur Fournier, rue Saint-Honoré n° 89, l’autre au sieur Quiot, sans indication d’adresse ; cinq pièces écrites dont quatre en caractères hiéroglyphes et la cinquième ayant trait aux statuts d’une société républicaine ; Chuquet deux passeports et un foret à l’usage de marchand de vins ; Collet, deux adresses l’une le sieur Pourtois, rue de la Verrerie n° 48, et Fauge, rue Neuve-du-Luxembourg n° 17 ; Levasseur, un portefeuille contenant des adresses de membres de la Société des Droits de l’Homme et deux écrits ayant trait et se rapportant à une société républicaine ; Noirepoudre était porteur de l’adresse au crayon de Chaveau ; le nommé Allard était sous la charge d’un mandat d’amener. » Il fut inculpé de provocations à crimes ou délits. Il fut acquitté, en décembre 1833, par la cour d’assises. Le 23 février 1834, alors qu’il était marchand de vin au 50, rue Montorgueil, il fut arrêté pour complot contre la sûreté de l’Etat. Il fut compromis dans les affaires d’avril et recherché dans l’affaire Pepin-Fieschi, parce qu’une lettre de recommandation, signée par lui, avait été trouvée chez Pepin pour « un camarade que poursuit la police à l’égard des événements d’avril ; ce citoyen perd un petit établissement qu’il possédait et se trouve dans une nécessité absolue [...]. Je viens donc, citoyen, vous prier de l’occuper vous-même, s’il y a lieu, ou de le recommander à vos connaissances, il est sous tout rapport digne de la bienveillance que vous daigneriez lui accorder et ma reconnaissance égalerait la sienne ». Dans cette lettre, tout indiquait que Chuquet était républicain, et une perquisition fut ordonnée à son domicile, indiqué comme le 59, rue Lafayette. Ce numéro étant celui d’un terrain non bâti, les recherches pour trouver Chuquet furent infructueuses. Il fut de nouveau compromis dans l’affaire du complot de Neuilly : « Chuquet et Chaveau reprirent leurs démarches actives pour faire inscrire sur les contrôles de la garde nationale des hommes de leur parti, et cherchèrent à être commandés pour le poste du Château, dans le but d’attenter à la vie du roi, soit aux Tuileries soit un jour de revue, selon que l’occasion s’en présenterait. » Il demeurait 59, rue Lafayette en 1830-1831 ; 9, rue Lafayette en 1833 in Archives de la préfecture de police AA 423 Attentat Fieschi ; 50, rue Montorgueil en 1834. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 334, liste des médaillés de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales CC/674 dossier Pepin, pièces saisies ; Archives nationales CC/679 dossier Chuquet ; Procès de l’affaire dite complot de Neuilly devant la cour d’assises de la Seine, chez Augueux, Paris, 1836 ; Archives de la préfecture de police AA 371 in dossier Bariquant, Jean-Pierre, Simon ; Archives de la préfecture de police AA 378 in dossier Chevillon, Pierre, Nicolas ; Archives de la préfecture de police AA 423 Attentat Fieschi.

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