Clément, Joseph, Nicolas

Biographie


Né le 8 germinal an VI à Livry (Seine-et-Oise), fils de Clément, Jérôme, boulanger, et de Vaché, Louise, Geneviève son épouse. Son père, soldat de la garde impériale, fut tué au champ d’honneur, en 1806 à Sosfeld en Prusse. Lui-même fut blessé à la bataille de Waterloo. Serrurier. Le 28 juillet 1830, devant le 123, rue du Faubourg-Saint-Antoine, il eut l’épaule gauche fracturée en tombant d’une échelle, sur laquelle il était monté avec plusieurs autres personnes pour lancer des pavés. Marié, il reçut un secours de soixante-dix francs en août et un autre de trente francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le 6 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Feret, Philibert, né vers 1797, marchand de vin, demeurant 127, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Gobert, Denis, Claude, Antoine, né vers 1796, mécanicien, demeurant 75, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Hallié, Simon, né vers 1783, serrurier-mécanicien, demeurant 21, rue Traversière-Saint-Antoine ; Geliot, François, Marie, né vers 1803, serrurier-mécanicien, demeurant 129, rue du Faubourg-Saint-Antoine. Ils attestèrent parfaitement connaître Clément et savoir « qu’il a été blessé par une fracture à l’épaule gauche, le 28 juillet dernier, rue du Faubourg-Saint- n° 123, en tombant d’une échelle, sur laquelle il était monté avec plusieurs autres personnes pour lancer des pavés ». Le 9 avril 1831, devant le maire du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Froment, Jean-Baptiste, marchand de vin, demeurant 10, rue des Fossés-Saint-Victor ; Buchot, Louis, Pierre, marchand épicier, demeurant 93, rue des Fossés-Saint-Victor ; Gagnieux, Jean, ex-maître charpentier, demeurant 10, rue des Fossés-Saint-Victor. Ils attestèrent que Clément « a été blessé au faubourg Saint-Antoine le 28 juillet, ayant été renversé et ayant eu par suite la clavicule gauche fracturée, ce qui a occasionné un dépôt dans la tête et un épanchement d’humeur sur le bras droit. Depuis cette époque, ledit Clément ne peut travailler et se procurer des moyens d’existence. Sa position exige des secours pour l’aider à gagner l’époque de sa parfaite guérison ». Il produisit un certificat d’indigence. Il reçut un secours de vingt-cinq francs, le 23 mars 1831, un secours de treize francs, le 13 avril 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 30 avril 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 31 mai 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 5 janvier 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28, a combattu au faubourg Saint-Antoine avec un fusil, il a été blessé. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 5 janvier 1831, à aucune voix pour la croix, sept voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés, par décision du jury médical de la Commission des récompenses nationales, en date du 15 mars 1831, il reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans. Il reçut, à ce même titre, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il était l’un des membres du jury nommés par les blessés du (ancien) XIIe arrondissement pour l’adoption ou le rejet des demandes relatives à l’habillement de garde national, le 6 janvier 1831. Il reçut lui-même gratuitement un habit de garde national. En 1840, il sollicita un secours. Un rapport de police donna alors sa conduite morale et politique comme « excellente » et assura que « les renseignements obtenus sur lui sont tout à son avantage ». Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1841, de vingt-cinq francs en 1842, de la même somme en 1843, de soixante-cinq francs en 1844, de vingt-cinq francs en 1845, de quarante francs en 1846 et de vingt-cinq francs en 1847. En 1850, il était ouvrier mécanicien et un autre rapport de police disait de lui : « Sa vue étant très faible, il ne peut travailler actuellement de son état de mécanicien, il est homme de peine et gagne peu de choses. Il a été arrêté pour l’insurrection de juin 1848. Décision non parvenue. » Il s’était marié le 16 septembre 1829 à la marie du (ancien) VIIIe arrondissement de Paris avec la demoiselle Demay. Clément demeurait 10, rue des Fossés-Saint-Victor en 1830-1831 ; 23, rue de la Grange-aux-Belles en 1838-1839 ; 34, rue des Boulangers-Saint-Victor de 1840 à 1842 ; 200, quai Jemmapes puis 14, passage d’Isly faubourg du Temple en 1845 ; 148, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1846 ; de nouveau 200, quai Jemmapes en 1849-1850 ; 246, quai Jemmapes en 1850. Maitron donne sur le compte de Clément, Joseph, Nicolas les indications suivantes : « Né en 1798 à Livry (Seine-et-Oise) d’un père qui fut tué à Waterloo. Il servit lui-même sous l’Empire comme enfant de troupe, fut décoré en 1830 comme combattant de Juillet. Il était, en 1848, ouvrier serrurier mécanicien à Paris quand se produisit la révolution. Il entra alors chez les Montagnards de Caussidière d’où, après licenciement, il passa aux Ateliers nationaux. Le 23 juin, il aida à faire la barricade devant sa porte, rue du Faubourg-Saint-Denis, où il demeurait depuis 1847. Bien qu’il eût déclaré avoir refusé « de faire partie d’aucune corporation de mécaniciens pour éviter toute difficulté », il fut condamné à la transportation sur les indications de son propriétaire, à qui il avait refusé de payer son terme, sous prétexte qu’on l’avait empêché de travailler dans l’atelier de son patron qui voulait prolonger la journée de travail, la faire passer de 9 à 10 heures. Il fut gracié en octobre 1849. » Et la source suivante : Archives du ministère de la Guerre A 244. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 15 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 16 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 89 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la seconde sous le numéro 654) ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, pièces produites par les blessés ; Archives de Paris VK3 12 ; Archives de Paris VK3 14, une pièce du jury médical en date du 15 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 5 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien) ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 35, liste des décorés des 27, 28 et 29 juillet, qui ont été habillés en exécution de l’arrêté de M. le préfet de la Seine, idem une liste Blessés de Juillet hommes habillés ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/50 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 27 février 1850, minutes 100-104.

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