Clogenson, Jean

Biographie


Né le 28 novembre 1785 à Coulonges (Orne). Le 5 décembre 1831, il adressait à Imbert, maître des requêtes et chef de division des gardes nationales, la lettre suivante, qui rapportait comment l’opposition aux ordonnances du 25 juillet s’était manifestée dans le département de l’Orne : « Ce n’est qu’à Alençon où les citoyens ont rivalisé de zèle, pour ainsi dire instantanément, avec ceux de Paris, dès la fin de juillet. Beaucoup de mes compatriotes se sont distingués par leur activité, et fort peu, parmi les patriotes, sont restés simples spectateurs au chef-lieu de l’Orne, au moment où la grande question se décidait à Paris. Mais, parmi les plus anciens et les plus zélés partisans de l’ordre de choses actuelles, il en est cinq ou six seulement qui pourraient réclamer la décoration spéciale avec quelque certitude de la mériter et de l’obtenir. M. Pottier, dont la réclamation vous est parvenue récemment, est de ce petit nombre. M. le capitaine Leguerney demeurant à Alençon en serait encore, et M. Mercier, député, et moi y aurions bien aussi quelques droits. Lui et moi n’avons pas réclamé, non plus que M. Leguerney ; il n’y aura que M. Pottier qui méritera la décoration. » Le 26 décembre 1831, préfet de l’Orne, il adressa la lettre suivante au ministre, suite aux délibérations de la commission municipale formée dans le chef-lieu du département de l’Orne pour apprécier les droits des citoyens de ce département aux récompenses nationales : « Ma position était fort délicate, comme président, et j’ai souvent été obligé de ne rien dire sur des faits concernant les réclamants […] parce que j’aurais semblé vouloir rappeler l’attention de mes compatriotes sur moi. Si les sabres russes, entremêlés des poignards carlistes, parvenaient jamais à rendre un moment la position de notre gouvernement douteuse, je n’oublierais pas alors, Monsieur le ministre, quel je fus en juillet 1830 et quel je devrais être encore. Une balafre est aussi une décoration et, si j’en recevais une, elle porterait avec elle son certificat. Soyez convaincus, Monsieur le ministre, que, si l’occasion se présentait, un jour, de se faire ainsi décorer, à Alençon, je serai un des premiers à me mettre sur les rangs ; aussi bien la balle qui vient de frapper au front le général Torrijos, mon intime ami, m’avertit du sort qui m’attendrait si la cause des plus implacables ennemis de Sa Majesté Louis-Philippe triomphait un seul jour dans le département de l’Orne. Je suis avec respect etc. » Les membres de la commission municipale formée dans le chef-lieu du département de l’Orne pour apprécier les droits des citoyens de ce département aux récompenses nationales, réunie le 15 juin 1832, « considérant que M. Clogenson a toujours été entièrement dévoué aux principes constitutionnels et qu’il a puissamment contribué à la propagation des sentiments de liberté et de patriotisme qui ont détruit le système oppresseur du gouvernement déchu ; considérant que le 31 juillet 1830 M. Clogenson vint le premier donner lecture à ses concitoyens des lettres et proclamations qu’il venait de recevoir de Paris ; que le 1er août il remit un drapeau tricolore aux braves jeunes gens qui partirent d’Alençon pour aller au secours des Parisiens et qu’il assura à ses frais la subsistance de ce détachement de volontaires ; considérant que M. Clogenson se rendit le 3 du même mois dans l’arrondissement de Domfront, accompagné de M. Pottier, actuellement officier de gendarmerie, pour y arborer le drapeau tricolore, qu’il distribua dans cette ville en présence de cinq compagnies d’infanterie, dont les bonnes dispositions ne pouvaient encore lui être bien connues, une grande quantité de cocardes nationales et qu’il excita par ce moyen un vif enthousiasme tant dans la ville de Domfront que dans les différentes communes qu’il parcourut ; considérant enfin qu’il a rendu au péril de sa vie de très grands services à la cause de la liberté, estiment que M. Clogenson a des droits incontestables aux récompenses nationales et ne doutent pas que ces concitoyens n’applaudissent vivement à l’acte de justice que fera le gouvernement en lui accordant la décoration spéciale qui est l’objet de ces désirs ». On peut lire sur la couverture de son dossier la note suivante, à la date du 10 juin 1832 : « Le préfet, M. Clogenson a été invité par lettre du 30 mars dernier à soumettre à la Commission sous la présidence du maire ses titres personnels à la décoration de Juillet. Il a annoncé par lettre du 10 avril s’être conformé aux instructions qui lui avaient été données. La proposition de la Commission à son égard n’est point encore parvenue. » Clogenson renonça sans doute à présenter une demande de décoration. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 9 août 1833. Il mourut le 5 février 1876 à Rouen (Seine-Maritime). Archives nationales F/1dIII/81, dossier Orne ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/555/8.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.