Clouwez, François, Adrien, Noël

Biographie


Né le 15 février 1793 à Colleret (Nord). Ancien sous-officier au 4e de hussards, maître tailleur. Une lettre signé de Jeanjou (illisible), Emile, demeurant 34, rue Saint-Martin, le signalait ainsi à la Commission des récompenses nationales : « J’ai l’honneur de vous remettre plus bas un rapport sur la part active qu’a prise dans nos combats le sieur François Clouwez (quai de l’Ecole n° 10) pendant les trois mémorables journées de notre révolution. Ce brave est un ancien militaire. Il fut promu au grade de lieutenant de cavalerie dans le 4e de hussards dans les Cent-Jours et porté pour avoir la croix mais le changement de gouvernement anéantit toutes ses espérances. Aujourd’hui il est sans emploi. Il est père de famille et, malgré cette dernière considération, cela ne l’a pas empêché de prendre les armes et de voler à la défense de ce que nous avons de plus cher, de notre liberté. Le 27, il s’est rendu dans la rue Saint-Honoré, où ont commencé les hostilités. Le 28, c’est lui, quelques braves et un invalide qu’il a dirigés, qui se sont emparé de la poudrière de la Salpêtrière. Le 29, il a combattu au Louvre, aux Tuileries et de là dans la rue Saint-Honoré. C’est lui qui est entré le second (mais au haut de l’escalier, il s’est trouvé le premier puisque son brave camarade a été tué devant lui) dans la maison où étaient embusqués les Suisses et les gardes royaux. Enfin, il n’a déposé les armes pour prendre un peu de repos que quand il n’y a plus eu d’ennemis à combattre. Il a été un des premiers à ressaisir ses armes lorsqu’il a fallu marcher sur Rambouillet. Il a été au-delà de cette ville ; avec quelques-uns de ses braves compagnons, ils se sont dirigés sur Chartres, ils rencontrèrent les chasseurs de l’ex-garde et furent jusqu’à leurs avant-postes. Le sieur Clouwez leur enleva un cheval, qu’il a ramené après trois jours d’absence et qu’il a remis à l’état-major en arrivant et dont il a le reçu. Enfin, messieurs, ce brave camarade n’a cessé tout le temps qu’ont duré nos combats de donner des preuves de son intrépidité et de son attachement aux libertés publiques. Ce bon citoyen est, comme je vous l’ai dit plus haut, ancien militaire et père de famille. Il fait des démarches, dans ce moment, pour obtenir un bureau de papier timbré pour sa femme. Je crois, messieurs, que ce serait une justice à lui rendre que de lui accorder ce qu’il cherche à obtenir, ce qui pourra lui faire un sort assuré pour lui et sa famille. Vous ne pouvez accorder une récompense qui soit plus juste et mieux méritée que celle-ci. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement (sous les prénoms de Noël, Adrien, François). Sa médaille lui fut délivrée le 30 juillet, et son brevet le 12 novembre 1831. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1840, il demanda les vingt-cinq francs qui étaient attribués aux décorés ; la police indiqua alors à son sujet : « Occupant plusieurs ouvriers, veuf, un enfant, jouit d’une assez bonne réputation. Il paraît au-dessus du besoin. » En 1848, il fut fait chevalier de la Légion d’honneur pour avoir « fait preuve de courage et de dévouement » pendant la répression de l’émeute de juin. Il signa, le 30 juillet 1848, le certificat suivant en faveur de Creté, Jacques, Charles : « Je, soussigné, capitaine commandant la 3e compagnie du 1er bataillon de la IVe légion, certifie que le citoyen Crété (sic), Charles, sergent de la compagnie (ancien militaire), a fait son service dans les journées de février et de juin dernier avec un zèle et un dévouement digne d’éloges, qu’il n’a jamais manqué une prise d’armes et s’est toujours trouvé l’un des premiers au lieu de réunion. » En 1850, suite à une demande de secours dans laquelle il exposait que, tailleur en robes de chambre, sa position avait complétement changé par suite du manque d’ouvrage, il reçut deux cents francs de secours. En 1852, la police indiquait à son sujet : « […] Cet individu a une fort mauvaise réputation ; il a chassé sa femme légitime pour vivre en concubinage. On assure qu’il fréquente des socialistes bien qu’il se prétende dévoué au gouvernement actuel. Il ne mérite aucun intérêt. » Il était commandant du 1er bataillon de la IVe légion de la garde nationale. Son état de service, comme officier de la garde nationale, est ainsi rapporté : chasseur au 1er bataillon de la 3e compagnie le 10 juin 1840, élu sous-lieutenant en second le 28 mars 1843, élu lieutenant en second le 22 mars 1846. Il demeurait 10, quai de l’Ecole en 1830-1831 ; 41 (ou 33), rue Coquillère en 1840 et pendant trois ans et 39 même rue pendant neuf ans ; 47, rue de Grenelle-Saint-Honoré de 1848 à 1852. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 ; Archives de Paris Vbis1H3 1, liste des officiers de la garde nationale (sous le nom de Clowez, François, Adrien, Noël) ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/50 ; Archives de la préfecture de police AA 381 in dossier Creté, Jacques, Charles ; Archives de la préfecture de police AA 384 in dossier Depasse, Adrien, Marie (où il signe, en avril 1848 et en tant que délégué de la IVe légion, une lettre envoyée par ce dernier à la Commission des décorés de Juillet). Voir Charvais ?

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