Coade, Philippe, François
Biographie
Né le 9 ventôse 1795 à Passy (Seine-et-Oise). Ancien artilleur, devenu mécanicien (ou tourneur in Archives de Paris Vbis7K4 2 et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Il participa à la prise de la caserne de Babylone, servant la pièce de canon qui était braquée dans la vacherie de la rue Traverse, n° 8. Il ramassa et transporta Edouard Siscot (voir ce nom) quand celui-ci tomba blessé. Il était porteur du certificat suivant : « Je certifie que le sieur Philippe, François Coade s’est trouvé à la prise de la caserne Babylone et qu’il était un de ceux qui servait la pièce de canon qui était braquée rue Traverse n° 8 et qu’il s’est comporté digne d’un brave homme, dévoué à la cause constitutionnelle et qui plus c’est lui lorsque je fus blessé qui me ramassa et me fit entrer dans la susdite maison n° 8 (vacherie), où l’on m’a porté les premiers secours. Je lui ai délivré le présent certificat pour constater sa présence à ladite affaire. » Signé, le 13 juin 1831 : Siscot, Edouard (voir ce nom), « blessé en garde national à l’affaire de Babylone ». Suivaient les signatures de : Matis (voir Matis, Jean, Sébastien), « présent à l’action », demeurant 9, rue Traverse ; Mousset (voir ce nom) ; Carbon (voir Carbon, Louis), demeurant 46, rue de Grenelle. Il apostilla, le 30 juin 1831, la lettre suivante en faveur de Carbon, Louis : « Le sieur Carbon, Louis, carrossier breveté à Paris, rue de Grenelle-Saint-Germain n° 46, s’étant montré d’une manière qui fut remarquée dans les glorieux événements de Juillet, il produisit les pièces nécessaires pour établir ses droits à une récompense nationale, mais, ses pièces ayant été égarées, après un premier examen dans les bureaux de la Commission il voit avec regret qu’aucun rapport n’a statué sur leur mérite. Il suit de là qu’il n’est pas porté pour la décoration spéciale. Par ces motifs péremptoires, il croit devoir vous soumettre à nouveau l’exposé sincère de sa conduite et de ses actions, appuyées des attestations émanées de ses braves concitoyens, tous témoins de ses efforts, au jour du danger, pour le maintien de nos libertés constitutionnelles. Le 28 juillet, il a assisté au combat de la Grève, en uniforme de garde national, circonstance digne de remarque puisqu’il est constant que les partie du manuscrit brûlée du despotisme s’attachaient à poursuivre avec plus de fureur ceux qui en étaient revêtus. De là, il vint au pont des Arts, où il soutint longtemps un feu très vif du Louvre et n’abandonna la place qu’après avoir épuisé ses munitions. Le 29, il se rendit à l’atelier de Saint-Thomas-d’Aquin partie du manuscrit brûlée une petite pièce de canon démontée et même enclouée, il donna l’idée à ses camarades de la forer et de la monter sur un affût. Aussitôt l’opération terminée, ils se transportèrent tous à la caserne Babylone. Ses compagnons voulurent charger la pièce comme un simple fusil, l’exposant, en qualité d’ancien officier d’artillerie, leur fit quelques observations. Alors, il est entré chez le sieur Mousset partie du manuscrit brûlée de traverse à côté où la pièce était placée et il se mit à faire partie du manuscrit brûlée aidé par le sieur Coade, ancien artilleur. Ils chargèrent la pièce et firent pendant trois fois un feu soutenu sur la caserne ; leurs compagnons d’armes furent tués ou blessés à leurs côtés. Cette conduite énergique et courageuse, au milieu d’un partie du manuscrit brûlée pressant fut vivement appréciée par ses compatriotes. Cette action décida la victoire et les Suisses s’enfuirent partie du manuscrit brûlée. Le 22 décembre dernier, comme garde national à cheval partie du manuscrit brûlée le premier sur le Pont-Neuf au moment où les ennemis de l’ordre partie du manuscrit brûlée les réverbères. C’est en vertu de tous ces titres qu’il partie du manuscrit brûlée obtempérer à sa juste réclamation d’autant plus fondée que les pièces qui l’établissent ont été présentées à la commission du (ancien) Xe arrondissement en temps opportun et qu’il a été interrogé à cet égard. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, sous les prénoms de Francis, Philippe. Sa médaille lui fut délivrée le 23 juin 1831 et son brevet le 18 juin 1832. Son nom est, comme décoré de la médaille de Juillet, sur une liste de décorés sur laquelle devait être choisie une députation de vingt-quatre décorés de la Croix de Juillet et de vingt-quatre décorés de la médaille de Juillet pour assister, à la Bastille, aux cérémonies qui devaient marquer le premier anniversaire de la révolution de Juillet. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il signa la lettre envoyée, le 20 mai 1832, par Matis (voir Matis, Jean, Sébastien), délégué par les réclamants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement (voir Benard de Courtigis pour la Commission des réclamants), au ministre de l’Intérieur. Cette lettre reprenait certaines des réclamations que formulèrent des combattants de Juillet sur les répartitions qui furent faites des décorations, pensions et secours après la révolution. Elle présentait aussi les signataires, à la différence de beaucoup d’autres réclamants, comme des soutiens indéfectibles au trône de Louis-Philippe. Cette lettre était ainsi rédigée (la rédaction hasardeuse est respectée, N.D.A.) : « Les combattants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement ont l’honneur de vous exposer que n’ayant point reçu de réponse à leur mémoire adressé unanimement par les membres de la Chambre des députés à M. le ministre de l’Intérieur (votre prédécesseur) (voir Benard de Courtigis sur l’envoi de la pétition de la Commission des réclamants à la Chambre des députés et son adoption à l’unanimité par celle-ci, N.D.A.), qui avait pour objet le mérite de leur réclamation appuyée par le droit qu’ils ont dans la loi sur les récompenses nationales, protestent avec le sentiment de l’indignation contre l’infâme conduite des intrigants, qui se précipitent dans toutes les révolutions où ils ne trouvent leur avenir que dans le meurtre et le pillage. Ils ne doutent pas que les ennemis de l’ordre et de la paix sont les causes immédiates du silence de l’autorité, qui s’est trouvée offensée que dans le travail qui lui a été présenté les noms de quelques-uns de ces vagabonds s’y trouvent insérés, comme ayant bravement combattu dans les trois jours. Les vrais combattants de Juillet éprouvent le besoin, monsieur le ministre, de repousser de leurs rangs ces perturbateurs et, par cette épuration, il ne sera présenté à l’autorité que les noms des combattants du (ancien) Xe arrondissement dont l’homogénéité de leurs principes et leurs opinions seront une garantie de leur dévouement pour le roi des Français. En conséquence, nous avons nommé et nommons M. Matis, rue Traverse n° 9, faubourg Saint-Germain, notre commissaire, afin de suivre devant l’autorité le mérite de nos réclamations, son attachement invariable au gouvernement et ses louables opinions étant bien connues, c’est à ces titres qu’il a toute notre confiance et qu’il mérite celle du gouvernement, que nous le prions de ne recevoir au bas de la présente que les signatures des combattants qui professent les opinions susmentionnées, comme étant à même par ses investigations pleines de jugement et de sagacité de pouvoir séparer l’ivraie du bon grain. D’après cette épuration, nous vous supplions, M. le ministre, de vouloir bien ordonner que tous les dossiers des signataires de la présente soient déposés entre les mains de M. le maire du (ancien) Xe arrondissement, où un commissaire nommé par le gouvernement appréciera tous les services que nous avons rendus qui ont été méconnus par la Commission des récompenses nationales, soit par erreur ou par omission. Ce préjudice a augmenté l’infortune des gens qui méritaient des secours viagers et l’affliction des autres de ce que la loi avait reconnu des catégories, dont on a fait un déplorable abus, les décorés de la médaille qui demandent la croix justifient par leurs dossiers qu’ils ont été plus longtemps exposés au feu de l’ennemi et blessés plus gravement dans la même affaire que ceux qui ont obtenu la croix. Nous demeurons dans la conviction la plus profonde, monsieur le ministre, que la Croix de Juillet ne peut être honorable que lorsqu’elle sera portée par le roi des Français et que son éclat ne peut être durable que lorsqu’elle sera donnée par son auguste main, qui daignera recevoir nos serments de fidélité, de courage et de dévouement qui entoureront le trône impérissable. » L’apostille suivante était placée au début de la lettre : « Les combattants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement, interprètes fidèles de leurs compagnons d’armes des autres arrondissements, qui comme eux combattirent franchement pour la Charte et le principe constitutionnel, désirent ardemment que Louis-Philippe, roi des Français qu’ils ont porté de leurs vœux sur le trône national, veuille bien daigner accepter l’ordre de la Croix de Juillet, qui ne peut avoir de mérite et d’éclat que sur la poitrine de l’auguste personne de Sa Majesté. » Il était garde national à la Xe légion en 1832. En 1842, il était veuf, ayant deux enfants dont un encore à sa charge, et la police indiquait à son sujet : « Bon ouvrier serrurier, le sieur Coade ne serait pas dans la position malheureuse sans ses condescendances pour sa concubine. Les renseignements, du reste, ne sont pas défavorables. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1842. En 1843, il possédait un petit atelier de mécanicien, que des revers lui firent perdre ; il reçut un secours de quarante francs. Il avait alors trois enfants. Il reçut vingt-cinq francs de secours en 1844, la même somme en 1845. En 1846, il fut l’objet d’une mesure d’expulsion de son domicile au 167, rue du Faubourg-Saint-Martin, pour non-paiement du loyer. Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1846, quarante francs en 1847 ; un secours de cinquante francs lui fut alloué le 17 juin 1849, mais il ne se présenta pas pour le toucher : il était mort du choléra, le 3 juin 1849 à l’hospice Saint-Louis. Il demeurait 14, rue de Sèvres en 1830 ; 45, rue de Sèvres en 1831 (mais 145, rue de Sèvres sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 mais bien 45, rue de Sèvres in Archives nationales F/1dIII/36 et en 1831 in Archives de la préfecture de police AA 376 in dossier Carbon, Louis) ; 9, rue des Brodeurs en 1832 ; 178, rue du Faubourg-Saint-Martin en 1842 et 1843 ; 177 même rue en 1844 ; 167, rue du Faubourg-Saint-Martin au 2e étage en 1846 ; 232, quai de Jemmapes en 1849. Son fils, Victor, Louis, était sans travaux en 1850 et demeurait 214, rue du Faubourg-Saint-Martin. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3 ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des médaillés du [ancien] Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/50 ; Archives nationales F/1dIII/82 lettre en date du 20 mai 1832 envoyée par Matis ; Archives de la préfecture de police AA 369, Emploi d’une somme de 350 francs, provenant d’allocations non retirées par des décorés ou blessés de Juillet, exercice 1849, minutes 51-56, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 70 (sous le nom de Coade, Philippe, Antoine) ; Archives de la préfecture de police AA 376 in dossier Carbon, Louis.