Cochot, François, Prudent

Biographie


Né le 23 novembre 1812 (mais le 4 novembre 1812 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 ; bien le 23 novembre 1812 in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension) à Paris. Serrurier mécanicien. Il fut blessé au côté droit de l’abdomen d’un coup de feu, le 29 juillet, sur la place Royale au Marais. Dans le récit que fit Angé, Louis, de sa propre participation aux combats, il laissait les indications suivantes concernant Cochot : « Je partis de chez moi le mardi après-midi. Je parcourus les boulevards, la rue Saint-Honoré. Je n’étais, il est vrai, armé que d’un bâton. Le lendemain, je fus le premier qui commençait la barricade du coin de la rue Traversière, faubourg Saint-Antoine. Je fus dès lors armé d’un fusil par M. Champau, propriétaire rue de Bercy, près duquel je demeurais. Le jeudi 29 juillet, j’allais dès le matin à l’Arsenal avec un nommé Cauchot (sic), qui fut grièvement blessé peu de temps après. Nous avions trouvé des petites balles en cuivre, à peu près trente ou quarante livres, nous les avons distribuées à la place Royale. Je partis de suite pour le Louvre, j’arrivai une demi-heure avant la prise et j’y entrai avec d’autres au premier rang […]. » Sa mère reçut un secours de quatre-vingts francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Le 8 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, comparurent : Champeaux, Jacques, Pierre, propriétaire, demeurant 17, rue de Bercy ; Buffet, François, nourrisseur, demeurant 40, rue de Bercy ; Marchandau, concierge, demeurant 22, place Royale. Ils attestèrent connaître parfaitement Cochot et « savoir qu’il a été blessé le 29 juillet 1830 place Royale au Marais ». Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il fut admis dans la 3e classe des blessés et fut pensionné de trois cent cinquante francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il signa, le 20 novembre 1830, le certificat suivant en faveur d’Angé, Louis : « J’atteste que le sieur Angé était armé le 28 juillet 1830 et qu’il s’est conduit en bon citoyen. » Il signa, le 7 août 1831, le certificat suivant en faveur de Lagondé, Théodore, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions qu’il est à notre connaissance que, dans les mémorables journées des 28 et 29 juillet, le nommé Théodore Lagondé a combattu avec un zèle sans borne. Le 28, il s’est joint à nous, rue Saint-Antoine, pour repousser les gardes royaux. Il a déployé la valeur d’un vieux militaire, dont quelques-uns ont tombé sous ses coups. Le 29 juillet, il déploya le même courage et fut un des braves qui les premiers firent l’attaque du Louvre et ensuite rue de Rohan […]. » Il signa, en août 1831, le certificat suivant en faveur de Peltier ou Pelletier, Louis, Michel quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Les soussignés déclarent et se font un devoir sur l’honneur de rendre justice au sieur Louis, Michel Peltier (sic), ouvrier sur le port de La Rapée, domicilié rue de Bercy n° 27, quartier des Quinze-Vingts. Il est à notre connaissance que le 28 il s’est réuni à nous à l’Hôtel de ville pour repousser l’attaque de l’ennemi, que par son zèle et son dévouement il a contribué au désarmement des cuirassiers, au Louvre il a fait éprouver aux Suisses la valeur de son bras et l’usage de son arme. Plusieurs ont cédé à son intrépidité. Il est aussi à notre connaissance qu’il a montré un courage et un dévouement sans borne et qu’il a repoussé et abattu grand nombre d’assaillants au coin de la rue de Rohan. Au Châtelet, il a désarmé un garde royal malgré grand nombre d’assaillants qui voulaient s’y opposer. Le 28 et 29, il s’est porté sur tous les points et a déployé le même zèle et le même dévouement. Son exemple n’a pas peu contribué à ranimer le courage abattu. C’est une justice que nous nous plaisons à lui rendre. » Il signa, le 7 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Bourgot, Jean-Baptiste : « Nous, soussignés, tous habitant et domiciliés dans le faubourg Saint-Antoine, certifions et attestons que le sieur Jean-Baptiste Bourgaux (sic) était resté seul à la tête du pont d’Austerlitz du côté du faubourg Saint-Antoine avec un fusil à la main le 28 juillet 1830, où il a arrêté lui-même un bataillon de la garde royale, venant du côté du boulevard Bourdon pour passer le pont ; que ce brave citoyen, forcé de s’éloigner devant cette masse d’hommes après que ses camarades ont été éloignés sur l’autre rive de la rivière, le sieur Bourgaux fut forcé de se retirer en se battant par la rue de Lacuée qui est près du pont et que là il fut atteint de deux balles dont une lui a brisé et cassé la jambe gauche. » On trouve aussi mention de lui dans le procès-verbal de la comparution de son père, Cochot, Edme, Dominique, serrurier en bâtiment, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, le 7 avril 1831 ; ce procès-verbal était ainsi dressé : « [Nous attestons] pour vérité que le 28 juillet dernier, se trouvant rue de Lacuée, sur les 4 heures de l’après-midi, ils ont vu un citoyen qu’ils reconnaissent pour être le sieur Jean-Baptiste Bourgaux […], au moment où ledit Bourgaux a été atteint d’une balle à la jambe gauche, dont il a été renversé et l’ont aidé à se relever et que le fils de l’un d’eux, le sieur Cochot, l’a aidé à le transférer à l’hospice Saint-Antoine ». Il fut détenu vingt jours préventivement à la suite de l’émeute républicaine de 1832. En 1848, il était marié et avait sa belle-mère à charge. Il reçut un secours de cinquante francs en 1849 et en 1850, un secours de soixante francs en 1851, un secours de cinquante francs en 1852, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 17, rue de Bercy-Saint-Antoine en 1830-1831 ; 22, rue Corbeau en 1848 ; 81, rue Saint-Maur en 1849 ; 8, rue Moreau-Saint-Antoine en 1850 ; 95, rue de Bercy-Saint-Antoine en 1851 ; 73 ou 93, rue de Bercy-Saint-Antoine en 1852. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 15 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 15 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 105 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 31 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de blessés de 3e classe) ; Archives de Paris VD6 471 n° 5, liste des décorés de Juillet auprès du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 43 (couverture du dossier Diguet, Victor) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/46 in dossier Bourgaux, Jean-Baptiste ; Archives nationales F/1dIII/50 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIIe arrondissement, blessés de 3e classe ; Archives nationales F/15/3884, Commission des récompenses nationales, détenus politiques 2e catégorie, pensions ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 40 et suivantes, idem minute 45, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 70, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134 (sous le nom de Cochot, Prudent), idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199 (sous le nom de Cochot, Prudent), idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852 (sous le nom de Cochot, Prudent) ; Archives de la préfecture de police AA 370 in dossier Angé, Louis ; Archives de la préfecture de police AA 374 in dossier Bourgot, Jean-Baptiste ; Archives de la préfecture de police AA 396 in dossier Lagondé, Théodore ; Archives de la préfecture de police AA 406 in dossier Peltier ou Pelletier, Louis, Michel.

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