Coët, Eugène
Biographie
Né vers 1811 à Marle (Aisne). Distillateur non patenté. Il s’illustra place de Grève, dans le faubourg Saint-Martin et à l’Hôtel de ville. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants (arrondissement de Saint-Denis) sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il était détenteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Claude Berthier, déclare avoir travaillé avec le nommé Eugène Coët chez M. Biollay, distillateur à la Grande Villette lors de la révolution de juillet 1830. Je certifie que le nommé Eugène Coët a combattu pendant les journées des 28 et 29 juillet 1830 et notamment le 28 vers 8 heures du soir. Après avoir eu une grande lutte contre les gendarmes de la rotonde de La Villette, ils quittèrent leurs postes vers 9 heures du soir, lorsqu’ils s’aperçurent que l’on allait mettre le feu au poste. Ce fut en ce moment que le sieur Coët, Eugène, voulant entrer un des premiers dans cette caserne occupée par la gendarmerie royale de Charles X, il y fut renfermé dans un appartement par l’un des chefs accompagné de ces gendarmes et fut fait prisonnier et ce ne fut qu’après avoir passé deux heures environ à appeler à son secours que nous sommes parvenus à l’en faire sortir, après avoir en fait évacué cette troupe. » Signé, le 26 novembre 1831 : Berthier, Claude, demeurant alors à La Villette en 1830. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie, Clovis Berrois, menuisier non patenté, certifie avoir vu combattre le sieur Coët, Eugène à la place de Grève le 28 juillet 1830 vers 1 heures de l’après-midi, contre les cuirassiers et autres corps et de nouveau l’avoir vu le 29 vers 10 heures du matin transporter les blessés dans le faubourg Saint-Martin. » Signé, le 24 novembre 1831 : Berrois, Clovis, demeurant 94, rue Saint-Antoine (la signature est légalisée au nom de Barrois). Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le sieur Coët, Eugène a combattu et travaillé aux barricades, les 28 et 29 juillet 1830, dans le faubourg Saint-Martin et l’y avoir trouvé. » Signé, le 24 novembre 1831 : Vauthey ? Jaubert ?, illisible, fruitier, demeurant 3, rue Neuve-Thabor. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Coët, Eugène, le 29 juillet 1830, a déposé chez moi une épée et un fusil qu’il a repris dans la matinée. » Signé, le 24 novembre 1831 : Clausolle, chevalier. Coët demeurait chez M. Biollay, distillateur, à la Grande-Villette ou 42, rue Saint-Merri en 1831. Archives de la préfecture de police AA 379. Il y a aussi Archives de la préfecture de police AA 401 in dossier Margot, Etienne, Alphonse un Coët, mais demeurant 39, rue Saint-Mery, qui signa le certificat suivant, en faveur de Margot, Etienne, Alphonse, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants, afin d’obtenir la décoration de Juillet : « Nous certifions que le nommé Margot, Etienne, Alphonse, ex-sous-officier de la garde impériale, qui pendant les trois journées de Juillet a combattu comme un brave citoyen et le 28 à la prise de la Ville (lire de l’Hôtel de ville, N.D.A.), reçut une blessure qui lui donna le droit de réclamer la récompense qui lui aurait été accordée, mais il ne demandait que d’être habillé dans la garde nationale pour continuer de consacrer ses services à son pays. Il adressa cette demande au général Lafayette, qui la fit passer à l’état-major. Elle y fut accueillie et renvoyée au (ancien) IIe arrondissement, où elle resta sans exception (sic). Il a fourni au gouvernement la preuve de ses services, tant qu’à la prise de l’Hôtel de ville le 28, et sept heures qu’il resta au pont d’Arcole dans l’après-midi ; le 29, il partageait les dangers de la prise du Louvre. Nous avons déjà fait cette demande dans le mois d’août 1830. Elle resta sans réponse. Puisque la nation accorde aux braves qui ont combattu pour notre liberté la faveur d’une décoration, nous espérons qu’elle ne doit pas être refusée à un brave qui l’a plus que méritée. Le comité national ne refusera pas à la demande d’un nombre de citoyens patentés, qui font tous partie de la garde nationale, demande d’une faveur méritée pour un brave qui nous est parfaitement connu. Nous en espérons un résultat favorable. »