Cogniard, Hippolyte, Jean
Biographie
Né le 29 novembre 1807 (mais le 28 novembre 1807 in Archives de la préfecture de police AA 379) à Paris. Médecin ou élève en chirurgie à l’hôpital Saint-Louis. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIe arrondissement. Dans sa séance du 12 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, demandait l’ajournement de toute décision à son égard, en attendant de prendre de nouveaux renseignements sur la participation qu’il avait pu prendre aux événements de Juillet. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement (sous le nom de Cognard, Hippolyte, Jean sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel mais sous celui de Cogniard, Hippolyte, Jean sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Proposé pour un emploi de chirurgien sous-aide par la Commission des récompenses nationales, il fut nommé, le 12 mai 1831, chirurgien sous-aide et affecté à Metz. Il fut nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté dans un régiment d’infanterie. Il adressa, en 1848, la lettre suivante à la nouvelle Commission des récompenses nationales instituée après la révolution de Février : « J’apprends que mon nom, prononcé au sein de votre Commission, y a été favorablement accueilli. Si cela est, ma conscience me commande la déclaration suivante ; En février, j’ai conduit il est vrai trois ou quatre cents citoyens armés à la place du Palais-Royal ; mais, arrivés là, une décharge mit le désarroi dans ma troupe. Abandonné des miens, à l’exception de quelques hommes, parmi lesquels Bourgeois, Choquart, Ayaste illisible, je perdis l’occasion d’agir vigoureusement, d’exposer utilement ma vie et de me rendre digne, enfin, d’une distinction particulière. Si j’ai fait assez pour remplir mon devoir de citoyen dévoué, je n’ai pas assez fait pour mériter une récompense honorifique et je dois m’effacer devant de plus dignes ou de plus heureux. Ma loyauté m’impose cette déclaration. » Président de la Commission des délégués des décorés de Juillet, capitaine commandant la 4e compagnie de la Ve légion, il signa, en juillet 1848, l’attestation suivante en faveur de Lemoine, Etienne, Pascal : « Nous, soussignés, délégués des décorés de Juillet, certifions que le citoyens Lemoine, Etienne, Pascal avait remis à la Commission des décorés son brevet de la Croix de Juillet (sic), que par suite de changement d’employés et par leur négligence ledit brevet se trouve perdu. Nous prions en conséquence le citoyen sous-préfet de Saint-Denis de vouloir bien lui donner un duplicata de son brevet. Il est porté au registre sous le numéro 59 f° 6 des médailles. » En 1848, il apporta, en tant que « président des délégués de Juillet », le satisfecit suivant à la conduite de Missemblé, André, Rose, lorsque ce dernier faisait valoir ses titres auprès de la nouvelle Commission des récompenses nationales instaurée après la révolution de Février : « Comme homme, comme décoré de Juillet, je me porte garant du patriotisme, de la probité et du caractère honorable de notre camarade Missemblé, qui a l’estime de tous et dont nous soumettons les titres à la haute justice et à la bienveillance du citoyen Guinard. » De la même manière, il apostilla ainsi la lettre de Mendez, Auguste (voir ce nom), en faveur de Mendez César (voir ce nom) afin que ce dernier obtînt un emploi de la nouvelle Commission des récompenses nationales : « En qualité de président de la Commission des délégués de Juillet, je recommande à la haute justice et à la bienveillance fraternelle du citoyen Guinard notre camarade Mendez dont le patriotisme, le caractère honorable et le dévouement sont connus de tous. Je suis heureux de pouvoir me porter garant de la loyauté et des sentiments pleins d’honneur du citoyen Mendez. […] » Il apostilla, le 28 mars 1848 et en tant que « président de la Commission des délégués des décorés de Juillet », la demande que fit Donat, Anatole, Gabriel, devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, d’obtenir un emploi. Il était un des signataires, avec Dubourg, Frédéric (voir ce nom), Lecocq (voir sans doute Lecocq, Louis, Octave, Amédée ?), fondateur et secrétaire, Delaberge (voir ce nom ?), Mendez (voir Mendez, Théodore, Auguste), Roger (c’est lequel ? faire les recherches), Pierquin (voir sans doute Pierquin, Claude, Charles ?), Patonnelle ou Patounelle (c’est qui ? faire les recherches), Berteloite (voir Berteloitte, Henri, Louis) de la proposition faite, après la Révolution de Février, de la création d’une Association agricole de la légion nationale, chargée d’employer les décorés de Juillet, ou les blessés, ou leurs enfants à des travaux agricoles dans des établissements créés pour eux et qui devaient leur procurer des moyens d’existence (voir les statuts à Dubourg, Frédéric). Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 23 août 1848. Dans Archives nationales F/1dIV/C/10, Il y a la lettre suivante écrite par le même (les signatures sont identiques), envoyé à son cher Henri (sans doute Henri Chevreau, secrétaire général et chef du personnel au ministère de l’Intérieur), sans que cependant le destinataire apparaisse nommément, et dans laquelle il demandait la décoration de la Légion d’honneur pour son frère Théodore : « Personne ne sait que je t’envoie cette lettre. A toi seul je confie mon espérance, en te priant de m’aider de ton amitié. J’attaque la chose à la baïonnette. Je suis décoré, mon frère ne l’est pas. Avec lui, j’ai tout partagé dans ma vie, les bons et les mauvais jours, le pain blanc et le pain noir… Je serais heureux, bien heureux de partager aussi mon petit bout de ruban rouge. Dumanoir, Lauyer, Anicet-Bourgeois, d’Ennery sont décorés et nous comptons des succès comme eux. Mon frère offre un chiffre de cent vingt pièces dramatiques à peu près. Sa première pièce date de 1831. Jamais notre plume n’a exprimé un mauvais sentiment au peuple, nous avons toujours offert de bons exemples à la bourgeoisie, des distractions sans danger. Notre première pièce, La Cocarde tricolore, était inspirée par les souvenirs de l’Empereur, que ton père nous avait appris à aimer. Mon frère peut invoquer de nombreux succès, La Fille de l’air, La Courtepaille, Les Deux Divorces, Pauvre Jacques, Brunon le Filou, Les Enfants du délire, Le For l’évêque, Le Royaume des femmes, La Tirelire, Robèche et Galinafré, Les Trois Dimanches, La Revue de 1841 et de 1851, des Fééries, etc. Or, mon cher Henri, comme je te sais très lié (souligné par Cogniard, N.D.A.) avec M. le sous-secrétaire d’Etat au département de l’Intérieur, ne pourrais-tu appeler la justice et la faveur de ce haut fonctionnaire sur la personne de mon frère ? Je t’en serais bien reconnaissant. Théodore ignore ma demande et mon espérance. A toi, mon cher ami, de voir, d’apprécier et de décider enfin si tu peux, si tu veux nous procurer cette satisfaction, qui serait pour moi un jour de bonheur. A toi de tout cœur… P.S. J’irai te voir et te demander pardon de lancer ma demande à la Paixhans [le mot s’écrit-il ainsi ?] [le général d’artillerie Paixhans est l’inventeur de nouveaux canons-obusiers dits à la Paixhans, N.D.A.] au milieu de tes affaires. J’ai été heureux d’apprendre le bon retour de Mme Chevreau et de Léonie. » Théodore Cogniard devait à son tour adresser une lettre au même Henri, dans laquelle, il laisse les indications biographiques suivantes : « […] Notre pièce de début dans la carrière La Cocarde Tricolore, qui obtint plus de deux cents représentations, suffit déjà pour nous recommander à l’attention du ministre aimé de Louis-Napoléon. Dans tout le cours de notre vie d’auteur, nous n’avons jamais manqué l’occasion de glorifier l’empire et de chanter ses victoires. Enfin, j’ai mis mon nom à plus de cent ouvrages, dont plusieurs sont devenus deux fois centenaires ; j’ai quarante-six ans, voilà vingt-deux ans que je travaille avec succès pour le théâtre […]. » Puis il adressa sa lettre de candidature au ministre de l’Intérieur, en laissant de nouveau d’autres indications biographiques : « […] Je suis auteur de plus de cent pièces de théâtre, ayant obtenu d’honorables succès. Plusieurs ont atteint cent et deux cents représentations et ont été traduites dans plusieurs langues. Ces succès, monsieur le ministre, je ne les ai jamais cherchés dans les mauvaises passions de la foule, je me suis toujours adressé aux bons sentiments, aux bons instincts du public et, je le dis avec fierté, j’ai été salué bien souvent dans ma vie d’homme de lettres du titre d’honnête homme. Si vous pensez, monsieur le ministre, que le ruban de la Légion d’honneur ne soit pas déplacé sur la poitrine d’un homme de lettres qui, dans une vie littéraire de vingt-deux ans, ne compte pas un acte, une scène, un mot qu’il ait à effacer ou à regretter, je viens en sollicitant etc. » Théodore Cogniard fut fait chevalier de la Légion d’honneur le 7 août 1852. Il était marié et père d’un enfant en 1848. Il mourut le 6 février 1882. Cogniard demeurait à l’hôpital Saint-Louis en 1831 ; 30, rue de Bondy en 1848. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 356 n° 5 (sous le nom de Cognard, Hippolyte, Jean) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIe arrondissement (sous le nom de Cognard, Hippolyte, Jean mais c’est la même reproduction que celle de Archives de Paris VD6 356 n° 5) ; Archives de Paris VK3 29, séance du 12 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 39, département de la Seine, arrondissement de Saint-Denis, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, note à Lemoine, Etienne, Pascal ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, ministère de la Guerre, emplois d’officiers de santé, d’officiers d’administration des hôpitaux militaires de chirurgiens et d’officiers dans le bataillon d’ouvriers (sous le nom de Cogniard, Hippolyte, Jean) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIe arrondissement (sous le nom de Cogniard, Hippolyte, Jean) ; Archives nationales F/1dIII/94 in dossier Missemblé, André, Rose ; Archives nationales in dossier Mendez ; Archives de la préfecture de police AA 379 ; Archives de la préfecture de police AA 385 in dossier Donat, Anatole, Gabriel. Son nom n’est pas dans Archives de Paris VD4 11 pièce 3161 Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes qui ont fait enregistrer leurs titres aux secrétariats de la préfecture de la Seine et des deux sous-préfectures du département de la Seine, jusqu’au 31 mai 1833 ; Archives nationales F 1dIV C 10 ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/560/38.