Colardé, Charles, Louis
Biographie
Né le 30 décembre 1812 (le 30 décembre 1812 dans son acte de naissance ; par erreur le 30 septembre 1812 in Archives nationales F/1dIII/39 ; mais bien le 30 décembre 1812 in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension) à Villeneuve-Saint-Georges (Seine-et-Oise), fils de Colardé, Marie, Joseph, Victor – peut-être charcutier – et de Son, Marie, Adélaïde, son épouse. Couvreur. Il fut blessé d’un coup de feu à l’avant-bras droit. On peut lire dans le manuscrit de Victor Crochon le récit suivant de sa participation aux combats de Juillet : « [Dans les combats en face de l’Hôtel de ville, le 28 juillet] Parmi ceux qui affrontaient la mort avec tant d’intrépidité, le jeune Colardé, ouvrier couvreur, mérite d’être cité ; il fut blessé au milieu du pont, vers les 5 heures, au moment où, s’avançant avec un drapeau tricolore à la main, il donnait l’exemple de la plus brillante valeur. » Il reçut (sous le nom de Collardé, Charles) un secours de trente francs en août et un autre de la même somme en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Admis dans la 3e classe des blessés (sous le nom de Collardé, Charles, Louis sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/36), il lui fut accordé une pension de trois cents francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Soigné à la maison de convalescence de Saint-Cloud, il délivra (sous le nom de Colardé, Théodore, c’est ainsi qu’il signe…) le certificat suivant en faveur de Sevin, Jean-Baptiste : « Les blessés de Juillet, ne pouvant refuser leur témoignage pour un homme qui s’est montré, comme eux, digne de porter le nom français certifient que le nommé Jean-Baptiste Sevin, pendant les trois journées, n’a fait que des actions d’honneur. C’est un vrai citoyen, un ami de la liberté. Il les a ensuite servis à Saint-Cloud, avec tout le zèle qui l’anime pour les libérateurs de la France. » Le 18 juillet 1831, il fut compris (sous le nom de Collardé) dans la liste des quarante-huit décorés de la croix ou de la médaille de Juillet, désignés par le sort pour représenter le (ancien) VIIIe arrondissement aux cérémonies du premier anniversaire de la révolution. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Collardé, Charles), pourtant auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, pourtant à titre de décoré mais non blessé. En août 1831, une note du ministère de l’Intérieur, adressée au roi, intercédait en sa faveur dans les termes suivants : « La révolution de Juillet a fait éclore des traits généreux et de belles actions. Au nombre des citoyens qui ont fixé l’attention publique dans les glorieuses journées, il faut distinguer le jeune Colardet qui, lui troisième, plaça le drapeau national sur le pont d’Arcole. Ce jeune homme, âgé de dix-huit ans, par sa petite taille et la délicatesse de ses traits, paraît encore tenir à l’enfance. Il a déployé lors des événements de Juillet une intrépidité qu’on n’aurait pu pressentir dans un corps si faible. Aussi la Commission des récompenses nationales fut-elle unanime pour lui décerner la décoration spéciale. Depuis un an, la garde nationale de Corbeil, pleine d’admiration pour le jeune Colardet, l’a adopté, l’a placé dans ses rangs et a constamment pourvu à sa subsistance et à ses besoins. Aujourd’hui animé des meilleurs sentiments, joignant à une intelligence rare le désir de s’instruire et de réparer par un travail assidu le temps que le manque de fortune de sa famille ne lui a pas permis d’utiliser dans son enfance, le jeune homme sollicite avec ardeur les moyens de rentrer dans une des écoles ouvertes par le gouvernement à l’industrie et au commerce. […] Deux ans suffiraient sans doute à l’intelligence du jeune homme pour se développer et le mettre à même de se rendre dignement utile. Je regrette qu’il n’existe en ce moment dans mon ministère aucuns fonds disponibles sur lesquels je puisse prélever une somme de mille cinq cents francs exigée par les administrateurs de l’établissement de Charonne pour l’admission pendant deux ans, dans leur école du jeune Colardet. Je ne puis donc que recommander ce jeune citoyen à la munificence de Votre Majesté et attendre la décision qu’elle jugera convenable de prendre à cet égard. » Le roi accorda la somme de mille francs et le ministère du Commerce la somme de cent francs, qui permettait d’assurer le paiement de deux années de pension à l’Ecole nationale des Arts et Métiers de Charonne. Colardet rentra en septembre 1831 dans cette école, et pour deux années d’étude. Il fut renvoyé de l’école en février 1832. Deux rapports du directeur de l’école, adressés au duc de Choiseul, nous laissent les renseignements suivants sur les conditions de son renvoi. Le premier, en date du 4 février 1832 : « Monsieur le duc,
»J’ai l’honneur de vous annoncer que le jeune Collardé, que Sa Majesté m’avait chargé de placer dans mon établissement, en est sorti ce matin à 9 heures par suite de la conduite qu’il s’est permis de tenir à mon égard. Ce jeune homme, qui est âgé de près de vingt ans, faisait partie de la division élémentaire ; je l’avais nommé caporal de la division, espérant qu’il donnerait l’exemple de la bonne conduite et de la soumission à ses maîtres. Loin de mériter cette distinction que je lui avais accordée, le jeune Collardé s’est mis en opposition avec ses maîtres, leur répondant avec insolence en présence même des autres élèves. De nombreux rapports attestent ces faits. Un surveillant a préféré quitter l’école plutôt que de rester exposé aux insultes de cet élève. Le surveillant de la 1re division a renoncé également à s’en charger et m’a déclaré qu’il ne conduirait pas les élèves en promenade si M. Collardé les accompagnait. Un nouveau professeur de la division élémentaire m’a fait sur le compte de M. Collardé des rapports tout aussi défavorables que les autres. Enfin, ce matin, il m’a fait prévenir que ce dernier refusait d’aller à la salle de police, punition qui lui avait été infligée. Je me suis rendu à la classe aussitôt et, sur mes observations, M. Collardé m’a répondu qu’il ne voulait pas être esclave et que je n’avais qu’à le renvoyer. Cette insubordination en présence des autres élèves pourrait mettre le trouble dans l’école, si je n’y apportais un prompt remède. J’ai donc de suite renvoyé l’élève Collardé. Le chef d’atelier où il travaillait m’avait déjà prévenu que cet élève abusait de ses forces pour frapper ses camarades. L’infirmière de la maison, qui lui a donné des soins pendant qu’il a été malade, m’avait déclaré qu’elle ne pourrait rester à mon service si ce jeune homme continuait à lui adresser des propos qu’elle n’osait pas répéter et qui feraient rougir les domestiques. Ses camarades eux-mêmes en étaient scandalisés. J’ai mis beaucoup de patience, monsieur le duc, avant d’en venir à cette extrémité. L’intérêt de mon école doit l’emporter, aujourd’hui, sur tout autre considération. Collardé est trop âgé pour être mis en pension. L’apprentissage lui convient mieux. Il y jouira d’une liberté à laquelle il était accoutumé et après laquelle il soupire. J’ai fait des avances [pécuniaires, N.D.A] à cet élève, j’aurai l’honneur de vous en faire passer la note. » Le second, en date du 16 février suivant : « Monsieur le duc,
»L’élève Collardé étant venu me prier de ne pas le renvoyer de l’école et paraissant vouloir se soumettre au régime de la maison, j’avais ajourné l’envoi de ma lettre. Mais, aujourd’hui, une nouvelle scène a eu lieu. Collardé a refusé de nouveau d’aller à la salle de police et s’est permis de prendre le surveillant par le collet. Ce dernier, l’y ayant fait entrer de force, est venu m’avertir que cet élève frappait contre la porte. Je m’y suis transporté et ai trouvé Collardé en train de démolir la cloison, son mouchoir était plein de plâtras. Je lui ai intimé l’ordre de sortir et d’aller faire son paquet à la lingerie. Il est retourné chez son père, qui demeure à Vincennes. Je suis, etc. » Il demeurait 5, rue de Charonne en 1830 ; 63, rue du Faubourg-Saint-Antoine ou 5, rue de Charonne en 1831 (5, rue de Charonne trois sources dont les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3 mais surtout in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; et à l’Ecole de Charonne sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/36 ; 7, rue de Charonne in Archives de Paris VD3 1-2). Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits, 8-ms-1025, ouvrage de Victor Crochon, f° 342 ; Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 16 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 17 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 105 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 31 ; Le Moniteur universel, 20 juillet 1831 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de blessés de 3e classe) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Sevin, Jean-Baptiste ; Archives de Paris VK3 43 (couverture du dossier Diguet, Victor) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIIe arrondissement (bien sous le nom de Colardé, Charles, faire le changement…) ; Archives nationales F/1dIII/50 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIIe arrondissement, blessés de 3e classe ; Archives nationales F/9/1155.