Colas, Jean, Joseph, René

Biographie


Né vers 1778 à Malicorne (Sarthe). Ancien militaire sous l’Empire, ayant participé aux batailles de Marengo et d’Austerlitz, établi marchand de vin. Il combattit, le 28 juillet, au pont d’Arcole et rue Montmartre, et, le 29, à la prise de la caserne des Suisses, rue de Babylone. Comme il avait été convoqué à une réunion de la Commission des Réclamants, le 6 mai 1831 à 11 heures du matin, à la Grande Chaumière, passage du Saumon au 82, rue Montmartre, alors qu’il n’avait fait encore une demande, il demanda des explications, sa conduite ne lui permettant pas de penser qu’il y eut une erreur de nom. Sur les listes, il ne voyait pourtant qu’un Colas, Nicolas, décoré de la Croix de Juillet, et un Collat, Nicolas et un Colas, Jean, Charles, Borromée aux médaillés. Ce fut sans doute à la suite de cette demande qu’il déposa un dossier à la Commission des Réclamants (arrondissement de Sceaux). Il expliquait ainsi sa participation aux combats : « […] J’ai servi sous l’Empire et, en 1816, j’ai été condamné pour mes opinions à la déportation à vie. J’ai fait neuf ans de prison au Mont-Saint-Michel, d’où je suis sorti en 1824 par lettre de grâce de celui qui ne régnait qu’en vertu du droit divin et des baïonnettes étrangères. Quant à ma conduite dans les trois journées, elle s’explique tout naturellement. J’étais trop intéressé à purger la France des Bourbons et de leurs bourreaux pour ne pas être des premiers à prendre les armes pour leur renversement. D’ailleurs n’étais-je pas toujours sous le poids d’une surveillance à vie ? N’ayant pu me procurer une arme le 27, j’excitais le peuple à nous délivrer de nos tyrans et je demandais un fusil à grands cris ! Ce n’est malheureusement que les 28 et 29 qu’il me fut possible de m’en procurer et j’en fis un assez bon usage au pont d’Arcole, rue Montmartre et à Babylone […]. » Il fournit le certificat suivant : « Le soussigné Lhomme, Dominique, combattant de Juillet, blessé, décoré, demeurant rue du Faubourg-Montmartre n° 57, certifie que le sieur Colas, Jean, Joseph, René, domicilié à cette époque avenue de Lowendal, chez M. Charles, et marchand de vin aujourd’hui rue Croix-Nivert n° 6, s’est battu avec la plus grande intrépidité, le 28 juillet 1830, dans la rue Montmartre, en face la rue Mandar, où il a tué un Suisse, et au pont d’Arcole à 4 heures et demie environ. C’est à l’aide d’un fusil chargé et d’un paquet de cartouches, qu’il avait pris à un voltigeur du 5e de ligne, qu’il tua ce Suisse. Que, le 29, ledit sieur Colas, Jean, Joseph, René contribua puissamment à arrêter entre 4 et 5 heures du matin, une voiture que M. Latour-Maubourg, gouverneur des Invalides, avait fait charger de pain et de vin, laquelle était attelée d’un cheval noir et se rendait aux Tuileries par le quai d’Orsay ; qu’il se trouva encore au nombre de ceux qui enjoignirent au conducteur de cette voiture de l’amener jusqu’au pont Royal, que, là, il aida à en former une barricade. Qu’à 6 heures et demie du même jour, toujours le matin, il se rendit à l’Odéon, d’où il partit pour contribuer au désarmement des gendarmes d’élite et des vétérans, dont les casernes étaient au Luxembourg, qu’après ce désarmement il est revenu à l’Odéon, où il y avait un nombre considérable de citoyens venant de tous les quartiers de Paris et de la banlieue, qu’ils se rendirent tous ensemble, ayant à leur tête des jeunes gens de l’Ecole polytechnique, avec une pièce de canon, traînée par le peuple, à la caserne de Babylone, où ils ont engagé le feu dans la Traverse, du côté de ladite caserne, sur laquelle ils tiraient ; qu’il fut un de ceux qui mirent le feu à Babylone ; qu’il retourna de nouveau sur la place de l’Odéon pour arborer le drapeau national au Luxembourg. Une seconde pièce de canon, attelée de deux chevaux, est venue les rejoindre et ils se sont rendus au Louvre et aux Tuileries, dont on venait de chasser toutes les troupes. Il a aidé à reconduire les pièces à l’Hôtel de ville. » Signé, le 15 septembre 1831 : L’Homme (voir L’Homme, Dominique, Marie, Alexandre), décoré de Juillet ; Milon (voir ce nom), décoré de Juillet, demeurant 9, rue Geoffroy-Lasnier. Il est indiqué pour avoir reçu, comme ancien condamné politique, un secours de quarante-cinq francs en décembre 1833, un secours de quarante-cinq francs en janvier 1834. Il demeurait 8, avenue de Lowendal, chez M. Charles, au Gros-caillou en juillet 1830 ; 6, rue de la Croix-Nivert au Beau Grenelle en 1831. Archives de la préfecture de police AA 366, Etat des allocations accordées aux condamnés politiques, résidant à Paris, pour le mois de décembre 1833 ; Archives de la préfecture de police AA 366, Etat des allocations accordées aux condamnés politiques, résidant à Paris, pour le mois de janvier 1834 ; Archives de la préfecture de police AA 366, condamnés politiques de la Restauration qui résident à Paris, Notes sur l’état des secours accordés pour le mois de janvier 1848 (où son secours mensuel de quarante-cinq francs est suspendu, attendu son absence depuis un an, est-il indiqué) ; Archives de la préfecture de police AA 379. Il y a une source internet dans la Revue de l’Avranchin et du pays de Granville, volume 23 à 24 1930, p. 489 mais c’est juste un aperçu...

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