Colimant, Eugène

Biographie


Né vers 1800 à Athe (Belgique). Cordonnier. Il combattit les 27, 28 et 29 juillet, à l’Hôtel de ville, au Louvre, au Palais-Royal. Sous les ordres de Dumas, répétiteur de chimie à l’Ecole polytechnique, il alla, le 31 juillet, prendre poste à la Manufacture de Sèvres, où il resta jusqu’à ce que la garde nationale de Sèvres eut organisé son service. Il participa ensuite à l’expédition de Rambouillet. Il ne réclama rien, étant parti pour la Belgique le 1er octobre 1830 et ne fut pas porté sur le travail de la Commission des récompenses nationales. Il resta sous les drapeaux belges jusqu’au 4 novembre 1830, en tant que sergent et fit partie de l’expédition de Campenhaut et de Lierre, des affaires de Berghan et suivit la colonne jusque devant Anvers, sous les remparts de laquelle il combattit « vaillamment ». Un certificat établissait que « depuis la sortie de Louvain-sur-Copenhaut, [il] se trouvait toujours à la tête des troupes. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants afin d’obtenir la Croix de Juillet et un emploi. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que M. Eugène Colimant s’est réuni de bonne volonté à la troupe que j’ai rassemblée sur la place de l’Hôtel-de-Ville pour aller prendre poste à la manufacture de Sèvres. Il y est resté jusqu’à ce que la garde nationale de Sèvres eût organisé son service. Il est revenu avec moi à Paris et a fait ensuite la course de Rambouillet. J’ai été très satisfait de son zèle et de sa bonne tenue pendant les trois jours qu’il est resté sous mes ordres. » Signé, le 20 septembre 1830 : Dumas (voir ce nom), répétiteur de chimie à l’Ecole polytechnique. Suivait l’apostille suivante : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Colimant, Eugène, demeurant rue des Sept-Voies n° 6 à Paris, a combattu pour la cause nationale dans les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, tant à l’Hôtel de ville qu’au Louvre et au Palais-Royal, qu’il est allé à Sèvres le 31 du même mois, que revenu le 2 août de Sèvres il est parti pour Rambouillet le 3 suivant, d’où il est revenu le 4 du même mois. » Signé, le 23 septembre 1830 : Lepère (voir ce nom), bachelier ès lettres. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je soussigne et certifie que le nommé Eugène Colimant a été cinq jours absent dans les affaires du mois de Juillet. » Signé le 24 septembre 1830 : Chazot, logeur en garni, demeurant 6, rue des Sept-Voies. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, déclarons que le sieur Colimant, Eugène, faisant fonction de sergent, est parti le 1er octobre et est resté sous les drapeaux belges jusqu’au 4 novembre 1830 et qu’il s’est acquitté avec honneur de ses devoirs militaires. Il faisait partie de l’expédition de Campenhaut et de Lierre, qu’il a aussi fait partie des affaires de Berghan et qu’enfin il a suivi la colonne jusque devant Anvers. Certifions qu’il a vaillamment combattu sur le rempart de cette ville. » Signé à Anvers le 4 novembre 1830 : Carrouste, capitaine. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Depuis la sortie de Louvain sur Campenhaut jusqu’à la prise d’Anvers, le sieur Colimant se trouvait toujours à la tête. Le soussigné n’a qu’un regret c’est qu’après l’avoir conservé jusqu’à ce jour les circonstances ne permettent pas qu’il reste jusqu’à ce qu’il puisse lui faire rendre justice. » Signé : Bernard Betaibi illisible. Il était indiqué sur sa fiche de la Commission des Réclamants comme célibataire, sans travail et sachant écrire. En 1849, les renseignements de police précisaient à son sujet qu’il était cordonnier, marié, qu’il avait deux enfants et sans « autres ressources qu’un petit emploi qu’il occupe au Théâtre Français. Bonne conduite et moralité ». Il demeurait 6, rue des Sept-Voies en juillet 1830 ; 14, passage Fauvette à la barrière Poissonnière en 1849. Archives nationales F/1dIII/50; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 70. Son nom est répertorié dans Un asile pour tous les peuples, Diaz, Armand Colin, Paris, 2014, p. 1850.

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