Colin, Théodore
Biographie
Né à Chaumont ou Chamont (Oise), le 27 novembre 1803. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. La Commission faisait le récit suivant de sa participation aux combats : « Le 28, il combattit à la Grève et rue de la Vannerie jusqu’à la nuit. Le 29 au Louvre, aux Tuileries et rue de Rohan. Il fit la campagne de Rambouillet, à La Trappe, un coup de feu, tiré à travers la voiture dans laquelle il était lui a brûlé la figure. » Dans sa séance du 28 décembre 1830, le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se déclara à six voix pour la croix et une voix pour la médaille. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il fut nommé garde municipal à la 2e compagnie du 1er bataillon, caserné rue Mouffetard. Il prêta le serment suivant au moment de la remise de sa croix : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » « Aussitôt après la révolution de Juillet, il fut du nombre des personnes qui composaient la garde du Palais-Royal ; il est entré ensuite dans la garde municipale ; il partit ensuite de ce corps pour rejoindre le 67e régiment de ligne en Alger, où il est entré sous-officier et où il serait resté s’il n’avait été rappelé par des sentiments paternels près de sa femme et ses deux enfants, qui étaient plongés dans la plus profonde misère, espérant par son travail les soustraire aux besoins les plus urgents, malgré qu’il se trouve presque toujours indisposé par des douleurs provenant des fatigues qu’il a éprouvées en Alger en couchant pendant deux ans au bivouac », expliquait-il, en 1834, alors que « sans moyen d’existence à l’entrée du saison rigoureuse », il sollicitait des secours. En 1834, il était imprimeur à Lyon, 5, rue Raisin. Le préfet de police rapportait sur son compte les renseignements suivants, à cette époque : « Arrivé d’Alger le 26 juillet [1834], avec un congé en règle. Il travaille toujours comme ouvrier imprimeur chez M. Smith, rue Montmorency. Il est marié et il a un enfant à sa charge. Sa position ne paraît pas heureuse. Sa conduite est régulière. » Et le préfet de la Seine : « Le sieur Collin a deux enfants, il est dans un état presque continuel de maladie, qui l’empêche souvent de se livrer au travail […]. On a eu les renseignements les plus favorables sur son compte. Je crois le pétitionnaire digne de la bienveillance du gouvernement. » En 1835, le préfet de police rapportait à son sujet : « Les rapports qui me parviennent aujourd’hui me font connaître que le sieur Colin […] n’a plus d’enfant à sa charge, qu’il exerce toujours son état d’imprimeur, que sa femme est ouvrière en corsets et qu’ils passent l’un et l’autre pour avoir beaucoup d’ordre et d’économie. Leur réputation est bonne. » Il reçut, cette année-là, un secours de soixante-quinze francs, de cinquante francs en 1836. En 1842, père de trois enfants et sans ouvrage depuis deux mois, il sollicita de nouveau des secours. La police, cette année-là, donna sur son compte les renseignements suivants : « A l’abri du besoin. Il a de l’ordre et de l’économie et jouit d’une bonne réputation. » Il reçut un secours de quarante francs en 1843 et un autre de vingt-cinq francs en 1844. En 1845, il était atteint d’infirmités incurables. Il reçut un secours de quarante francs en 1846. En 1847, il était depuis neuf mois sans ouvrage et reçut un secours de vingt-cinq francs. Il mourut le 21 décembre 1847. Il demeurait caserne Mouffetard en 1831 ; en garni 62, passage du Caire pendant quatre mois en 1834 ; rue du Faubourg-du-Temple en 1834 ; 32, quai Pelletier en 1835 ; 15, rue de la Huchette en 1842 ; 18, rue des Noyers-Saint-Jacques en 1844 ; 19, rue du Foin-Saint-Jacques en 1845 ; 5, rue du Cloître-Saint-Benoît en 1846 ; 46, rue de la Fontaine-au-Roi en 1847. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la seconde sous le numéro 895) ; Archives de Paris VK3 17, deux feuillets séparés de décorés de la Croix de Juillet auprès du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VK33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 28 décembre 1830, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, propositions honorifiques du 20 janvier 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/50 ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet, 1831-1835 ; Archives nationales F/9/1155.