Collène, Augustin, Baptiste
Biographie
Né le 1er janvier 1791 à Paris, paroisse Saint-Gervais, de Collène, Baptiste et de Gruet, Marie ; orphelin à deux ans, il fut, à six ans et demi, admis le 2 thermidor an V (20 juillet 1797) à l’Hospice des Enfants-Trouvés et des Orphelins de Paris. Huit ans militaire sous l’Empire, devenu passementier. Il adressa une lettre à la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet et à l’émeute républicaine des 5 et 6 juin 1832. Cette lettre était ainsi rédigée : « Collene, Augustin, Baptiste, né le 1er janvier 1791, perdit toute sa famille en 1793 ; ayant passé de mains en mains jusqu’à l’âge de six ans et demi, on le plaça aux élèves de la patrie ; à quinze ans, il commanda le bataillon des élèves, il s’enrôla volontaire deux ans après ; revenu des prisons de Russie sur la fin de 1814, il fut licencié en 1815. Il combattit les 27, 28 et 29 juillet et fut blessé légèrement mais ne fit aucune réclamation. En 1832, il combattit encore pour les libertés. Reconnu par des gens de police, il manqua d’être assassiné. Il fut conduit à la préfecture, de là à Sainte-Pélagie. Il fut un des vingt-cinq qui signèrent la pétition pour récuser la cour martiale. Enfin, après avoir beaucoup souffert, on voulut le faire entrer à l’infirmerie mais il refusa. Son nom est inséré dans le Journal des débats du mois de juin 1832. Février 1848, il ne put qu’aider aux barricades illisible trop âgé et très faible, il s’adresse à vous, messieurs, pour les secours que vous accordez au vrai patriotisme. […] Je suis veuf, sans enfant, dénué de tout et dans le plus grand besoin. J’ai cinquante-huit ans et jamais je n’ai fait de demande, voilà la première. » La Commission proposa son admission à l’hôtel des Invalides. Il demeurait 17, rue du Ponceau ou 328, rue Saint-Denis, locataire chez M. Renard, marchand de vin, en 1848. Archives de la préfecture de police AA 379.