Collet, François, Marin, Edouard
Biographie
Né le 26 novembre 1790 à Caen (Calvados). Artiste peintre. Le Constitutionnel du 4 août 1830 rapporte à son sujet : « Est sorti le premier avec le tambour Chaillard pour battre la générale. M. Collet a reçu d’un soldat suisse un coup de baïonnette qui, grâce à la buffleterie, n’a effleuré que la peau. » Le rapport de Sensier parle de lui en ces termes : « A été chercher un fusil au roulage de la rue d’Enghien. Il a tué un capitaine de lanciers sur le boulevard Bonne-Nouvelle, et a pris son cheval qu’il a donné au sieur Marthy, rue Chantereine, n° 19. Il a demandé que ce cheval fût vendu au profit des blessés. » Il était caporal dans la VIe légion de la garde nationale. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il signa, le 6 août 1831, le certificat suivant en faveur de Langevin, Louis, Aimé, Prosper, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Lors des événements de juillet lorsque la France était dans une agitation alarmante que dis-je dans un désordre complet, le sieur Louis, Prosper Langevin, animé du meilleur zèle et suivant les traces d’un citoyen rempli d’honneur, a fait dans l’intérêt de l’indépendance et de la noble cause de la liberté ce qu’une personne sage, prudente, courageuse eût dû faire en pareille circonstance. Les faits suivants attesteront d’une manière irrévocable ce que nous avons l’honneur de vous exposer et d’attester sur notre honneur. Le 28 au matin, vers 11 heures, sans cependant le préciser, il a combattu d’une manière digne d’éloges à la porte Saint-Martin, ayant essuyé les feux du 3e de la garde avec d’autres régiments qu’on ne peut ni préciser ni reconnaître, attendu que dans des combats partiels toutes les troupes sont pêle-mêle. Il a également sous sa direction et surveillance fait construire des barricades pour s’opposer au choc des insurgés de ligne, c’est-à-dire 50e et autres, dans la rue Carême-Prenant et endroits adjacents. Il a toujours redoublé de zèle, d’activité et de courage pour prouver que dans son cœur il n’existait point de germe de faiblesse et de pusillanimité. Les sacrifices notables qu’il a faits pour administrer des secours à ceux qui étaient dans le plus grand besoin et pour lesquels il n’a jamais réclamé la moindre indemnité prouvent combien il serait à désirer qu’un pareil citoyen ne fût point oublié dans la distribution des croix qui va bientôt se faire. » Il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, une gratification, en tant que décoré non blessé, de vingt-cinq francs en 1831. Il reçut, en tant que décoré non blessé et nécessiteux, un secours de vingt-cinq francs, sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, une gratification, en tant que décoré non blessé, de vingt-cinq francs le 28 juillet 1833 (contre la remise de son brevet, mesure curieuse mais ordonnée par le préfet de police), à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. Le 7 février 1849, dans une position tellement nécessiteuse il reçut un secours exceptionnel de soixante-quinze francs ; le ministère de l’Intérieur donna sur son compte les renseignements suivants : « Le sieur Collet est père de famille et n’a que son travail pour toute ressource. » Il demeurait 9, rue du Delta en 1831-1833 ; 36, rue de la Goutte-d’Or à La Chapelle en 1849. Le Constitutionnel, 3 août 1830 ; Rapport de M. Sensier, ancien notaire, commissaire du IIe arrondissement chargé de constater le nombre des victimes et les faits mémorables des glorieuses journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, Paris, imprimerie de Ambr. Firmin Didot, 24, rue Jacob, 1830, p. 37-38 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD 6 356 n° 6, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont pris part aux gratifications accordées à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet en 1831, 1833, 1834, 1835, 1836, Etat (1833) des décorés de Juillet du VIe arrondissement qui ont reçu sur leur demande la somme de 25 francs, que M. le préfet de police, par sa lettre du 26 juillet 1833, a autorisé M. le maire à leur compter, Etat nominatif des décorés de Juillet du VIe arrondissement dont les brevets déposés par eux à la mairie en recevant le 28 juillet 1833 la somme de 25 F ont été envoyés à la préfecture de police au désir de la lettre de M. le préfet en date du 27 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Etat des sommes payées par la Commission des récompenses nationales aux sous-lieutenants et aux décorés non blessés pour l’anniversaire de juillet 1830 du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, idem Souscription nationale, secours accordés à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet aux décorés de la croix ou de la médaille, non blessés et nécessiteux, lettre de M. le préfet du 25 juillet 1831 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIe arrondissement et liste supplémentaire des citoyens proposés pour la médaille VIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, lettres du 7 février 1849 ; Archives de la préfecture de police AA 397 in dossier Langevin, Louis, Aimé, Prosper.