Collignon, Nicolas
Biographie
Né le 2 avril 1792 (par erreur le 2 avril 1793 dans un rapport de police in Archives nationales F/15/3784) à Mongienne (Meuse). Ancien sous-officier au 147e de ligne, qui se distingua à Lutzen et à Bautzen, proposé pour la croix d’honneur en 1813, fait prisonnier la même année, enfermé à Borisov en Pologne russe, il ne rentra en France qu’en 1814 et repris du service dans le 2e régiment de chasseurs à cheval de la garde impériale, présent à la bataille de Waterloo. Bonnetier. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut, comme médaillé, la somme de vingt-cinq francs auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution. Il était porteur de plusieurs certificats qui attestaient sa bonne conduite de garde national pendant les troubles qui suivirent la révolution de Juillet. Le premier, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, grenadiers au 4e bataillon, XIe légion, certifions avoir été de service le 14 du mois d’août 1830, commandés par le sieur Collignon, Nicolas à un poste de l’Arsenal à l’effet de s’opposer à l’enlèvement des armes et équipements militaires appartenant à l’Etat, que le sieur Collignon s’est opposé dans cette garde à ce que les portes fussent forcées. » Signé, le 16 mai 1831 : Levy cadet ; Delarue, libraire, demeurant 11, quai des Augustins ; Chevallier, opticien, demeurant 1, quai de l’Horloge ; Odilon de Bellanger, chevalier de la Légion d’honneur, demeurant 37, quai des Augustins ; Bourg jeune, orfèvre, demeurant 3, cour Lamoignon, qui ajoutait : « « J’atteste en outre que le sieur Collignon a montré dans cette circonstance autant d’énergie que de prudence, surtout la nuit dudit jour lors de ma faction, car, ayant été sur le point d’être assailli c’est lui qui m’a secouru à ses risques et périls. » Le deuxième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare aussi que c’est à la conduite ferme et courageuse de M. Collignon, Nicolas, que le pavillon de l’Arsenal, renfermant les équipements et les armes appartenant aux régiments de l’ex-garde, a été conservé de toutes entreprises par ceux qui avaient la mauvaise intention d’en faire le pillage. M. Collignon, de faction au moment d’une émeute dont le projet était de résister à la garde pour entrer de force dans les bâtiments du dépôt des armes et habillements, a, par son sang-froid et son courage, évité tout désordre et pillage. Quoique sans grade à ce moment, c’est à lui que nous avons cru unanimement donner notre estime qu’il méritait à tous égards pour être notre chef de poste. » Signé : Odilon de Bellanger, chevalier de la Légion d’honneur, demeurant 37, quai des Augustins. Le troisième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, capitaine commandant de la compagnie des voltigeurs du 4e bataillon de la XIe légion de la garde nationale de Paris, certifie que le sieur Collignon, Nicolas, né à Mangiennes (Meuse), le 2 avril 1792, ex-sergent de grenadiers au 147e régiment de ligne, demeurant à Paris, rue Guénegaud, n° 9, fait partie de ma compagnie en qualité de caporal, qu’il y fait son service avec zèle et exactitude, qu’il a constamment été sous les armes pendant les différents événements qui, depuis le mois de juillet, ont nécessité l’intervention de la garde nationale. Attestant en outre que, dans une délibération du conseil de famille de la compagnie, ayant pour objet la désignation de deux candidats pour la décoration de la Légion d’honneur, le sieur Collignon a obtenu six voix sur douze et qu’à cette occasion il a été rendu un éclatant témoignage de son caractère honorable et des droits qui lui méritaient la distinction qu’il sollicite. » Signé le 14 avril 1831 : Gasnault, demeurant 5, rue du Pont-de-Lodi ; Vandael, sergent, ayant fait partie du conseil. Le dernier ainsi rédigé le 15 janvier 1835 : « Le soussigné certifie qu’à l’époque où il commandait, par ordre du gouvernement provisoire en 1830, le bataillon de garde nationale mobile caserné au quartier de l’Arsenal, il a remarqué le zèle que le sieur Collignon, Nicolas a déployé à la tête d’un poste de garde nationale de service le 14 août pour maintenir l’ordre ainsi que l’intégrité des objets contenus dans les magasins de cette caserne. » Signé : Gusserol (illisible). Il reçut, en juillet 1833 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de vingt-cinq francs, à titre de décoré de Juillet. En 1834, garde national dans la compagnie des voltigeurs du 4e bataillon de la XIe légion, il sollicita qu’un uniforme lui soit alloué pour pouvoir être habillé correctement lors de la revue que devait passer Louis-Philippe. Cette année-là, les renseignements du préfet de la Seine indiquèrent : « […] Courtier de commerce, il a éprouvé des pertes assez considérables et aujourd’hui il fait la commission pour le compte de M. Pitorn, marchand de vin, rue Sainte-Anne, n° 53. […] N’est pas marié […]. Fait son service avec zèle et exactitude et a assisté à toutes les prises d’armes […]. Dévoué au gouvernement. » Le préfet de police ajoutait, quant à lui, qu’il n’avait obtenu que de « bons renseignements sur sa conduite et sa moralité ». Le capitaine de sa compagnie attestait qu’il « a été constamment sous les armes toutes les fois que la garde nationale a été appelée à marcher pour défendre les lois et le trône constitutionnel » et que « depuis plusieurs années dans une position nécessiteuse […] il ne fait pas moins son service avec exactitude et distinction ». Il reçut un secours de cent cinquante francs. Il reçut, en juillet 1834 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de six francs, à titre de décoré de Juillet. Il reçut un secours de quarante francs en 1835. Il reçut, en juillet 1835 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de neuf francs, à titre de décoré de Juillet. Il reçut, en juillet 1836 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de quatre francs, à titre de décoré de Juillet. En 1837, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Célibataire et il exerce la profession de courtier en vins. Sa position ne paraît pas heureuse car il doit un terme de loyer à son propriétaire. Il jouit d’une bonne réputation. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1837, un secours de cinquante francs en 1838. En 1839, depuis neuf ans qu’il faisait partie de la garde nationale, caporal, « constamment attaché à sa patrie et à son prince », il sollicita qu’on l’aidât à se procurer des effets pour son uniforme. Il reçut un secours de quarante francs en 1839, un secours de quarante francs en 1840, un secours de vingt-cinq francs en 1841. En 1842, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Autrefois marchand de nouveautés, aujourd’hui homme de peine […]. Quoique célibataire, cet individu est dans la plus grande misère. Il est souvent sans ouvrage. Il ne paraît pas que ce soit l’inconduite qui soit la cause de sa mauvaise fortune. Des pertes et de fausses spéculations ont seules contribué à sa ruine totale. » Il reçut un secours de quarante francs et un autre de vingt-cinq francs en 1842, un secours de quarante francs en 1843, un secours de quarante francs en 1844, un secours de vingt-cinq francs en 1845, un secours de quarante francs et un autre de vingt-cinq francs en 1846, un secours de quarante francs en 1847. En mai 1848, il lui fut délivré le certificat suivant : « Le soussigné, capitaine de la 8e compagnie, a l’honneur de certifier, à qui il appartiendra que le sieur Collignon, Nicolas, décoré de Juillet, ex-sergent de grenadiers au 147e de ligne sous l’Empire, fait partie de la 8e compagnie, comme volontaire, où il est sergent. Que dans tous les services et sous toutes les prises d’armes extraordinaires qui ont eu lieu depuis le 24 février il a été l’un des premiers à son rang. Que toujours il a donné l’exemple de l’élan, du courage et du sang-froid. Enfin, le 15 mai, le citoyen Collignon s’est fait remarquer par son ardeur à courir au secours de l’Assemblée nationale et pendant les vingt-quatre heures que ma compagnie a passé à la garde de l’Assemblée il a fait preuve du patriotisme le plus dévoué à l’ordre et au gouvernement de la république. » Signé le 20 mai 1848 : Amiel ; Collet, chef de bataillon ; Gobert, chef de bataillon ; Leclerc, capitaine en second de la 8e compagnie du 1er bataillon ; Laugier, chef de bataillon, colonel provisoire. Il reçut un secours de quarante francs le 20 juin 1848. Le certificat suivant lui fut délivré pour témoigner qu’il avait su garde une bonne conduite pendant l’émeute de juin 1848 : « Je, soussigné V. Paret, professeur au collège Rollin, ex-sous-lieutenant, secrétaire adjoint au conseil de discipline du 2e bataillon de la IIe légion, certifie qu’étant descendu en uniforme dans la rue Saint-Jacques le dimanche soir 25 juin, j’y ai été rejoint par plusieurs gardes nationaux qui m’ont proposé de faire un poste de sûreté au coin de la rue Saint-Hyacinthe, à l’effet de surveiller des fenêtres d’où étaient partis des coups de feu la nuit précédente ; au nombre de ces gardes nationaux, se trouvait le sergent Nicolas Collignon, qui, pendant la nuit entière, a fait le service avec le plus grand zèle et a montré un dévouement remarquable pour le maintien du bon ordre. Il me prie d’en fournir témoignage et je le fais avec le plus grand plaisir. » Signé, le 27 juin 1848 : Paret, V., demeurant 179, rue Saint-Jacques ; Abry, capitaine au 7e léger. En 1849, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Jouit d’une bonne réputation. Bonne conduite et moralité. Opinions politiques nulles. » Il reçut un secours de soixante francs en 1849, un secours de cinquante francs en 1850, un secours de cinquante francs en 1851, à titre de médaillé de Juillet. En 1852, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] C’est un très brave homme, animé d’excellents sentiments politiques, et qui a fait une propagande active en faveur de l’élection du prince-président. Il est célibataire mais étant sans ouvrage et sans ressources particulières il se trouve arriéré de trois termes de loyer envers son propriétaire. Il paraît digne du secours qu’il sollicite. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1852, en 1853, en 1854, en 1855, deux secours de vingt-cinq francs en 1856. En 1857, la même administration rapportait qu’il tenait une conduite « excellente sous tous rapports ». En 1858, selon un rapport de police il était ouvrier bonnetier, médaillé de Sainte-Hélène et « très bien représenté sous tous les rapports ». Il reçut deux secours de vingt-cinq francs en 1857. En 1858, « depuis longtemps sans occupation et ayant fait en dernier lieu une longue maladie, qui [l’a] mis dans une position déplorable », il sollicita un secours et obtint un secours de vingt-cinq francs et un autre de cinquante francs. Il était décoré de Sainte-Hélène. En 1859, dans une demande de secours, il précisait : « […] A toutes les époques où il y a eu des émeutes dans Paris, j’ai été un des premiers à marcher à la voix de mes chefs et y risquer souvent ma vie. » Il reçut deux secours de cinquante francs en 1859. En 1860, il ne pouvait plus se livrer à aucun travail, par suite de douleurs affreuses. Il reçut deux secours de cinquante francs en 1860, deux secours de cinquante francs en 1861, un secours de cinquante francs et un autre de quarante francs en 1862, un secours de cinquante francs et un autre de trente francs en 1863. En 1863, un rapport de police le disait ouvrier bonnetier mais condamné à l’inaction du fait de ses infirmités et inscrit au bureau de bienfaisance de son arrondissement. Il reçut un secours de cinquante francs en 1864. Il mourut en 1864. Il demeurait 9, rue Guénegaud en 1830-1831 ; 24, rue de Savoie en 1833 ; 6, rue des Beaux-Arts de 1834 à 1835, un petit cabinet de soixante-cinq francs par an ; 23, rue Thionville en 1835 ; 4, rue Mâcon-Saint-André-des-Arts en 1836-1837 ; (4, rue Mâcon à une date inconnue mais sans doute comprise entre 1837 et 1840 in Archives de Paris VI1 1, une liste de trois pages de divers décorés de la croix ou de la médaille, dépendant de divers arrondissements, il était alors commis en nouveautés) 20, rue Racine en 1839 ; 18, place Maubert, où il était logé gratuitement par un bijoutier, en 1842 ; 18, rue de la Bûcherie en 1846 ; 155, rue Saint-Jacques, un logement au loyer annuel de cent francs, en 1849-1850 ; 9, impasse Saint-Dominique-d’Enfer devenu 9, impasse Royer-Collard, un logement au loyer annuel de quatre-vingts francs, en 1851-1852 ; 10, rue de la Croix-Nivert en 1857-1858 ; 191, rue de Vaugirard en 1859 ; 3, petite-rue de la Procession en 1859-1864. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 631 n° 1, état nominatif des citoyens décorés de la médaille, auxquels il a été payé une gratification de vingt-cinq francs ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement, convocations des décorés à la mairie ; Archives de Paris VI1, Etat de répartition de la somme de quatre cent dix francs et cinquante-cinq centimes mise à la disposition de M. le maire du (ancien) XIe arrondissement par M. le préfet de la Seine pour être attribuée à MM. les décorés de Juillet, idem 1836, Etat de répartition de la somme de deux cents francs affectée par M. le ministre de l’Intérieur à MM. les décorés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement, idem une liste de trois pages de divers décorés de la croix ou de la médaille, dépendant de divers arrondissements ; Archives de Paris VI1 1, liste des décorés de Juillet, qui ont reçu un secours de vingt-cinq francs les 27 et 28 juillet 1833 (sous le nom de Colignon), idem 1835, Etat de répartition de la somme de quatre cents francs mise à la disposition de M. le maire du (ancien) XIe arrondissement par M. le préfet de la Seine pour être distribuée à MM. les décorés de Juillet (sous le nom de Colignon) ; Archives de Paris VK3 32, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 42 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/50 ; Archives nationales F/1dIII/72 in dossier Pichon J.-B. ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Yves ; Archives nationales F/15/3784 secours à divers titres ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 70, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 91 décorés et veuves de blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 4.970 francs minutes 243-246, en date du 20 novembre 1852.