Collignon, Paul, François
Biographie
Né le 22 février 1809 à Metz (Moselle). Médecin-vétérinaire, vice-président de la Société de médecine vétérinaire et comparée du département de la Seine en 1848. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il faisait alors valoir qu’il était un combattant de Juillet, secrétaire de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) VIIIe arrondissement, volontaire parti en Pologne en 1831 avec Kersausie, combattant de juin 1832 et combattant de Février. Il adressa à la Commission la lettre suivante : « Vous avez institué une Commission chargée de rechercher les patriotes qui, depuis 1830, se sont constamment montrés partisans des institutions républicaines et qui n’ont jamais laissé échapper l’occasion de se montrer les adversaires implacables du gouvernement corrompu qui avait escamoté la révolution de Juillet. Je regarde comme un devoir de réclamer mon rang parmi ces républicains de longue date et de dire hautement que je suis un de ceux qui n’ont pas cessé, un seul instant, de protester contre l’usurpation des droits du peuple et qui, depuis la misérable comédie jouée à l’Hôtel de ville jusqu’en 1833, ont incessamment combattu la royauté par leurs paroles, leurs écrits et souvent les armes à la main. Pour ne citer qu’un fait, parmi les plus significatifs, je dirai que j’ai pris une part active à l’insurrection des 5 et 6 juin. C’est après cette insurrection, étouffée au cloître Saint-Merri, parce qu’elle n’a pas eu, comme on devait l’espérer, de retentissement dans les autres quartiers de Paris, que, croyant comprendre que la nation n’était pas prête encore à conquérir sa liberté au prix de quelques sacrifices, je rentrai dans la vie privée. Pendant l’espace de temps précité, je n’ai abandonné les patriotes de Paris qu’un seul instant et cela pour me dévouer à l’affranchissement de la Pologne. Malheureusement, l’expédition dont je faisais partie est arrivée deux jours après la prise de Varsovie. Je donne pour garant de mes opinions et de mes actes politiques les citoyens Jules Guyot (voir ce nom ?) et Alexandre Bixio (voir Bixio, Giacomo, Alexandro), dont l’honorabilité et le patriotisme vous sont si bien connus. La démarche que je fais aujourd’hui n’a nullement pour but de réclamer une récompense ou honorifique ou pécuniaire. Je la fais, je le répète, parce que je la crois utile, parce que je crois qu’il importe à notre jeune république qu’elle connaisse parfaitement ses partisans les plus dévoués afin qu’elle puisse s’en entourer et utiliser leurs services. » Il joignit à sa demande le certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions, chacun en ce qui nous concerne, les faits suivants : que le citoyen Collignon, Paul, a donné des preuves du plus pur attachement à la cause républicaine, qu’en 1830 il combattait pour la liberté, en 1831 comme volontaire polonais, en 1832 à la barricade Saint-Merri et qu’en février 1848 il faisait son devoir aux barricades du quartier du faubourg Montmartre, où il n’a pas craint de se rendre quoique à peine convalescent d’une grave maladie, dont il est encore très souffrant. » Signé : Kersausie ; Rabouin, « ingénieur hydraulicien, volontaire polonais, combattant de juin et de février » ; Bleton, A. (voir Bleton, Pierre, Guillaume, Antoine), décoré de Juillet, demeurant 43, rue Laffitte ; Louet, (voir Louet, Pierre), marchand de vin, demeurant 7, rue de la Santé-Prolongée aux Batignolles. Il fut proposé par la Commission des récompenses nationales pour un emploi de directeur d’un haras, ou d’un château, ou d’un domaine national, pour l’admission de son fils Paul, alors âgé de huit ans, dans un lycée national à Paris et pour le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il était marié et père de deux enfants en 1848. Il demeurait 22, avenue de la République à Neuilly et aussi 5, rue Neuve-des-Martyrs en 1848. Archives de la préfecture de police AA 379.