Colson, Joseph
Biographie
Né vers 1771 à Saint-Nicolas (Meurthe). Ebéniste. Il ne fit aucune demande devant la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIIIe arrondissement) sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir un secours, la Croix de Juillet et un emploi au garde-meubles. Il adressa, le 20 août 1831, à la Commission la lettre suivante : « Colson, Joseph, né à Saint-Nicolas près Nancy (Meurthe), militaire depuis 1791 jusqu’en 1798, au 2e bataillon, 8e régiment d’infanterie ; ce régiment devant Mayence est devenu 16e demi-brigade. Les fatigues de la guerre m’ayant anéanti au point de perdre la vue, je fus renvoyé dans mes foyers. Depuis 1803, je demeurais à Paris, rue du Faubourg-Saint-Antoine n° 219, où j’exerçai la profession d’ébéniste. Le 27 juillet 1830, j’étais sur la place de la Bourse, lorsqu’un des combattants y fut amené après avoir été blessé grièvement rue Neuve-des-Petits-Champs. Le 28 dudit mois, je fus combattre sur le boulevard Saint-Antoine, rue de Lappe où un jeune homme fut tué à côté de moi, d’une balle qui lui perça le cœur. Enfin, rue Sainte-Marguerite, un enfant de onze ans fut blessé à la cuisse à côté de moi. Je ne quittai mes camarades que vers 10 heures du soir, exténué de fatigue. Le 29 enfin, je retournais rue Neuve-des-Petits-Champs, où il y eut encore à combattre, ainsi que sur la place Vendôme. De là, je me rendis rue de Rivoli, poursuivant toujours l’ennemi avec acharnement. Arrivé à la hauteur de la maison n° 34. Un jeune homme qui était près de moi fut blessé à l’épaule droite. Je le fis entrer dans cette maison et lui fis prodiguer tous les soins qu’exigeaient ses blessures. De là, je fus aux Tuileries. Les premiers postes du Carrousel, du côté de la rue de Rivoli, étaient encore occupés par les Suisses. Nous les culbutâmes et j’en désarmai un. Ils fuirent alors en désordre. Je fus ensuite au Palais-Royal, où le combat fut terrible et dura de continu pendant cinq heures, après lesquelles le besoin de nourriture et la faiblesse me contraignirent à me retirer ; il était alors 7 heures de relevé. J’étais d’ailleurs, à ce moment-là, sans munition. D’après l’exposé que je viens de faire quant à ce qui me concerne, je crois avoir acquis quelque droit premièrement, étant dans la détresse la plus grande manquant d’ouvrage depuis fort longtemps, à une indemnité pécuniaire, deuxièmement à la Croix de Juillet, troisièmement enfin à me recommander à vous, monsieur le maire, comme ouvrier ébéniste, au garde-meubles de la couronne. J’ose espérer que vous ne repousserez pas un vieux défenseur de la patrie et que vous ferez droit à sa demande. En attendant, etc. » Suivait la mention « Certifié le présent sincère et véritable et attesté par les signataires ci-dessous, pour avoir vu le sieur Colson, le 29 juillet 1830 au soir, avec un fusil de Suisse, qu’il a dit avoir désarmé à la place du Palais-Royal et l’a apporté à la maison rue Neuve-Ménilmontant n° 5 au Marais. » et les signatures de : Hardy ; Bertrand ; Chevance ; Degrelle. Il joignait à sa lettre le certificat suivant : « Je certifie que, le 29 juillet 1830, au moment où la garde effectuait sa retraite par le jardin des Tuileries, le sieur Colson a aidé à transporter dans l’établissement de MM. Cue, rue de Rivoli n° 34 le jeune Laurent, qui venait d’être blessé d’un coup de feu au bras. Je certifie en outre que le sieur Colson a donné dans cette occasion une preuve de son dévouement et de son humanité, en s’exposant à des risques personnels et au feu des troupes qui occupaient encore la portion de la Terrasse qui fait face à l’établissement de MM. Cue. » Signé, le 24 août 1831 : Gilbert, employé à l’intendance militaire de 1re division. Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme sans fortune. Il demeurait 219, rue du Faubourg-Saint-Antoine en 1831. Archives de la préfecture de police AA 379.