Combe, Louis, Jean, Antoine
Biographie
Né le 7 thermidor an VII (25 juillet 1799) à Pont-Saint-Esprit (Gard). Tailleur. Ses faits et actions honorables furent ainsi consignés par la mairie de l’ancien IVe arrondissement : « Le 27 juillet, Combe s’est mêlé aux attroupements de la rue Saint-Honoré ; le 28 au matin, revêtu d’un habit de garde national qui lui fut prêté et armé d’un fusil, s’est porté sur la place du Louvre ; de là à la place des Victoire où il a essuyé le feu du 55e de ligne et des gendarmes ; ensuite a été rue Coquillière et au marché de la rue des Prouvaires, où il rencontra une vingtaine de soldats du 5e de ligne qui déclarèrent ne pas vouloir résister à la population ; à l’approche de la nuit, a remis son fusil chez lui et s’est occupé à dépaver la rue de la Bibliothèque, sous le feu des Suisses placés aux fenêtres du Louvre de ce côté et qui tuèrent deux de ses camarades travaillant à ses côtés ; le 29, a repris son fusil après la prise du Louvre ; s’est porté aux Tuileries, a concouru à la prise du château, dans lequel il est entré un des premiers ; a transporté des blessés aux diverses ambulances et, le soir, a travaillé aux barricades. » Il fut légèrement blessé d’un coup de baïonnette à la main droite. Les observations suivantes sont annotées à son dossier : « A produit un certificat revêtu de trois signatures et de plus une attestation de M. Viguier, adjoint au maire du IVe arrondissement, constatant qu’il a été témoin de ce qu’a fait Combe rue de la Bibliothèque et à la prise du Louvre, et qu’il a droit aux récompenses réservées aux citoyens qui se sont dévoués pour la patrie. » Il décrivit ainsi sa participation aux journées de Juillet : « Déclare que le mardi 27 juillet il s’est mêlé aux attroupements de la rue Saint-Honoré ; que le mercredi matin il s’est revêtu d’un habit de garde national qu’un de ses amis, M. Fournon, lui avait prêté se trouvant indisposé, et qu’armé d’un fusil il s’est porté sur la place du Louvre où était le rassemblement, de là sur la place des Victoires, où il a essuyé plusieurs décharges du 53e régiment et des gendarmes à cheval ; que de là il s’est rendu au marché des Prouvaires par la rue Coquillière, où il a rencontré une vingtaine de soldats du 5e de ligne qui, à la vue des dispositions hostiles du déclarant et de ceux qui l’accompagnaient, ont déclaré vouloir ne pas résister ; qu’à l’approche de la nuit, il a remis son fusil chez lui et s’est occupé à dépaver la rue de la Bibliothèque, tandis que les Suisses retirés au Louvre faisaient feu sur lui ; que deux de ses camarades sont tombés mort et blessé en travaillant avec lui ; que le jeudi 29, après la prise du Louvre, il a repris son fusil, son uniforme et s’est porté au château des Tuileries, à la prise duquel il a contribué et où il est entré parmi les premiers au milieu des balles de ceux qui le défendaient et dont il n’est sorti qu’après avoir fait une heure de faction pour y maintenir le bon ordre. Il n’a reçu dans tout cela qu’un léger coup de baïonnette à la main droite ; après quoi il a déposé les armes et s’est occupé à transporter des blessés dans les hôpitaux et le soir à faire des barricades. » Sa déclaration était apostillée par Grosset, propriétaire de la maison ou Combe demeurait ; Fournon, demeurant illisible 138, rue Saint-Honoré ; Romany illisible, demeurant 138, rue Saint-Honoré. Viguier, Auguste (voir ce nom), adjoint au maire du (ancien) IVe arrondissement, apostilla ainsi la lettre de Combe : « Je puis en outre certifier une partie des faits mentionnés dans ce certificat, comme témoin de ce qui s’est passé à la rue de la Bibliothèque ainsi qu’à la prise du Louvre. Le sieur Combe est un brave, qui a bien mérité de la patrie et qui a droit à tous les honneurs et récompenses qu’elle réserve aux citoyens qui se sont dévoués pour elle. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Son dossier est apostillé de l’observation suivante : « C’est un honnête ouvrier ; mérite une médaille et un secours, dont il a grand besoin. » En 1830, il était veuf et père de deux enfants, un de six ans et demi et un autre de quatre ans. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement (sous le nom de Comb, Louis, Jean, Antoine sur les listes du Moniteur universel), médaille qu’il n’alla chercher avec son brevet que le 28 février 1848, soit sitôt après la révolution qui venait de chasser le roi qui avait fait distribuer les médailles. Il ne devait en effet sans doute pas être un partisan de Louis-Philippe : membre de la Société des Droits de l’Homme, il fut compromis dans l’affaire du complot de Neuilly. Au cours des interrogatoires, il convint que Léglantine était son porteur d’eau ; questionné sur ses rapports politiques avec lui, sur les renseignements qu’il en devait recevoir au sujet de l’heure précise à laquelle le roi partirait du château des Tuileries pour retourner à Neuilly, il répondit qu’il ne savait pas ce dont on voulait lui parler. Une perquisition à son domicile permit de trouver 41 balles de fusil, 89 balles de pistolet, 8 cartouches pleines, 4 vides, 1 boîte de capsules, une demi-once de poudre de guerre, 4 pistolets et des brochures politiques. Il ne comprenait pas comment les armes et les munitions trouvées chez lui y étaient arrivées. Il fut acquitté, à l’issue du procès. Il reçut quarante francs de secours le 20 juin 1848. Il était marié et père de trois enfants. Il demeurait 11, rue de la Bibliothèque en 1830-1831 ; 24, rue Saint-Honoré (au 4e étage) en 1836 ; 16, rue Saint-André-des-Arts en 1848. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, Rapport sur les faits et actions honorables et les accidents éprouvés, et sur les autres renseignements recueillis et relatifs aux événements des 27, 28 et 29 juillet 1830 dans les rues […] faisant partie du IVe arrondissement municipal de la Ville de Paris ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/50 ; Procès de l’affaire dite complot de Neuilly devant la cour d’assises de la Seine, chez Augueux, Paris, 1836 ; la Gazette des tribunaux, 8-9 et 23 mars 1836 ; L’Épopée des régicides. Passions et Drames. 1814-1848, Louessard, l’Insomniaque, Paris, 2000 ;